REFLEXION

LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ALGERIEN : QUELQUES IDEES ET DES PROPOSITIONS: Ouvrage collectif dirigé par Taïeb Hafsi

Au moment où règne un printemps démocratique au niveau des pays arabes, nous avons décidé collectivement nous intellectuels algériens de publier cet ouvrage qui nous l’espérons sera une référence pour tout chercheur qui s’intéresse à l’Algérie en suscitant des débats contradictoires productifs.



LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ALGERIEN : QUELQUES IDEES ET DES PROPOSITIONS:  Ouvrage collectif dirigé par Taïeb Hafsi
Cet ouvrage est dédié à lamémoire des nombreux amis et collègues, beaucoup trop tôt disparus,assassinés durant les terribles années de tourmente que le pays a connues. Plusieurs sont mentionnés par les auteurs des différents chapitres de ce collectif. Il est plus particulièrement dédié à la mémoire de quatre remarquables personnes dont les contributions, de toute évidence, y auraient eu toute leur place. Par l’intelligence et la rigueur inhérentes à leurs analyses, liées à un attachement constant à une Algérie d’ouverture, de justice et de progrès, ils nous auraient, comme toujours, aidé à mieux comprendre les problèmes de notre société. Aujourd’hui encore, leur souvenir nous est cher et ils manquent à leur famille, à leurs amis et au pays. Dans l’ordre chronologique de leur disparition, il s’agit de :

Djilali LIABES :

Né en 1948 à Sidi Bel Abbès, Djilali Liabès fera des études universitaires en philosophie à Alger à l’Ecole Normale Supérieure, après lesquelles il s’orientera vers la sociologie et l’économie. En 1971, il rejoint l’Association Algérienne pour la Recherche Démographique Economique et Sociale (AARDES) au sein de laquelle il dirigera pendant 10 ans l’une des plus importantes études réalisées au sein de l’institution : celle sur « le secteur privé en Algérie ». En 1982, il soutient sa thèse de Doctorat de III° cycle à l’Université d’Aix-Marseille et rejoint l’Université d’Alger, puis en 1988, sa thèse de Doctorat d’Etat à l’Université de Paris VII ; toutes deux porteront sur une analyse sociologique des acteurs du développement du secteur privé en Algérie dont les dynamiques lui paraissaient de plus en plus importantes pour comprendre les évolutions de la société algérienne. En 1990, il est nommé Directeur du Centre de Recherches en Economie Appliquée au Développement (CREAD). En juin 1991, alors que le pays vit une profonde crise politique, il est nommé Ministre des Universités. Puis il sera nommé Directeur de l’Institut National des Etudes de Stratégie Globale (INESG), poste qu’il occupera jusqu’à son assassinat, le 16 mars 1993. Au sein de l’INESG, il dirigera une étude « Algérie 2005 » qui ne sera jamais publiée. Auteur de nombreuses publications scientifiques tant en Algérie, qu’à l’étranger, Djilali Liabès était marié et père de 3 enfants.

M’Hamed BOUKHOBZA :

Né en 1941 à Brézina, dans la wilaya d’El-Bayadh, M’hammed Boukhobza fit des études supérieures à Rabat, au Maroc dont il revint en 1965 avec un diplôme d’Ingénieur des Statistiques et d’Economie Appliquée. Après un passage à la Sous-direction des statistiques du Ministère des Finances, il fut une des chevilles ouvrières de l’organisation et la mise en œuvre du premier recensement national de la population de 1966, puis, l’année suivante, il fut nommé Directeur de l’Association Algérienne pour la Recherche Démographique Economique et Sociale. (AARDES). C’est alors que débutera sa carrière de chercheur en sciences sociales, jalonnée par la publication de nombreuses publications scientifiques. Il soutiendra sa thèse consacrée aux mutations de la société pastorale algérienne, dirigée par Pierre Bourdieu, en 1976. Nommé Conseiller auprès du ministre de la Planification et de l’Aménagement du Territoire en 1982, il se vit chargé de la création de l’Office National pour le Suivi et la Coordination de l’Investissement Privé (OSCIP) dont il fut le premier Directeur Général. Puis, de 1984 à 1990, il exerça les fonctions de Chef de Département, chargé de l’organisation administrative et du développement local à la Présidence de la République. En 1990, il intégra l'Institut National d’Etudes de Stratégie Globale (INESG) dont il prendra ensuite la direction en mars 1993, après l’assassinat de Djilali Liabès, avant d’être lui-même assassiné le 22 juin 1993. Auteur de nombreuses publications scientifiques tant en Algérie, qu’à l’étranger, M’hammed Boukhobza était marié et père de 3 enfants.

Chadly HAMZA :

Né en 1948, à Alger, Chadly HAMZA obtient sa licence en sciences économiques à l’Université d’Alger, à l’issue de laquelle il partira pour Berlin à l’Ecole Supérieure de Planification où il soutiendra une thèse de Doctorat sur le thème des prix. A son retour au pays, en septembre 1976, il enseigne à l’Université d’Alger, puis en 1979 il en est détaché au Ministère de la Planification, d’abord comme Directeur des Etudes de l’Institut de Planification, puis en tant que haut fonctionnaire au Ministère même et ensuite au Premier Ministère. Parallèlement à ses fonctions, il est nommé, en tant que membre de la société civile, au Conseil National Economique et Social (CNES). Après avoir pris sa retraite de l’administration publique en 2000, il commence à travailler en tant que consultant pour divers organismes s’occupant de questions de développement : GTZ, fondation Friedrich Ebert, Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), ainsi que d’autres agences du système des Nations Unies. Il s’implique également dans le monde associatif, entre autres dans l’Association Algérienne pour le Transfert de Technologie (A2T2) et fait des traductions puisqu’il parlait couramment quatre langues. Il est décédé le 11 décembre 2007, lors de l’attentat terroriste visant les locaux des Nations Unies à Alger où il était en réunion en compagnie de Mohamed Khelladi. Chadly Hamza était marié et père de 2 enfants.

Mohamed KHELLADI :

Né en 1947 à Khemis, dans la willaya de Tlemcen, Mohamed Khelladi – pour sa famille et ses amis, à jamais « Hami » – était licencié en sociologie de l’Université d’Alger. En 1971, il rejoint l’Association Algérienne pour la Recherche Démographique Economique et Sociale (AARDES) au sein de laquelle il dirigera l’étude sur « les migrations internes en Algérie » avant de s’intéresser à l’émigration algérienne en France. Puis il quittera l’AARDES pour devenir, à partir de 1983, Directeur de la Population à l’Office National des Statistiques (ONS) au sein duquel, notamment, il coordonnera la réalisation du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 1987. Ensuite, il reviendra à l’AARDES - entretemps devenue le Centre National d’Etudes et d’Analyses pour la Planification (CENEAP) – pour en prendre, de 1993 à 1995, la Direction Générale. Puis, à partir de 1995, toujours dans le domaine des études de population, il exercera comme consultant en Tunisie et en Mauritanie, notamment dans le cadre du Fonds des Nations Unies pour les activités de Population (FNUAP). De retour en Algérie, en 2005, il entame des activités de consultation. Il est décédé le 11 décembre 2007, lors de l’attentat terroriste visant les locaux des Nations Unies à Alger où il était en réunion en compagnie de Chadly Hamza. Mohamed Khelladi était marié et père de 2 enfants.

CONTENU, STRUCTURE
ET PHILOSOPHIE DU COLLECTIF

Un jeune journaliste qui m’interrogeait sur ce collectif me dit : « ne craignez-vous pas qu’on vous accuse de vouloir donner des leçons ? » Il fut surpris que je lui réponde : « nous sommes des enseignants et des chercheurs. Nous ne voulons pas donner des leçons sur des décisions spécifiques, mais nous ne craignons pas d’enseigner les choses fondamentales. Si le soleil se lève à l’Est, nous voulons le présenter comme un fait « têtu » qu’on ne peut ignorer. C’est la même chose pour toutes les choses que les sciences enseignent ! ». Ce livre est donc à propos de faits têtus en économie et management des affaires d’une nation !Chaque chapitre de ce livre fournit une description conceptualisé du sujet adaptée à la réalité de l’Algérie, un lien contextualisé avec les expériences des autres pays et des propositions d’action à l’intention des personnes de bonne volonté en position de pouvoir et d’influence. Chaque chapitre s’adresse d’abord à l’avant-garde économique et politique du pays. Cette avant-garde comprend selon nous les politiciens élus à tous les niveaux, de l’APN à l’APC, les gestionnaires et dirigeants de l’État, les gestionnaires et dirigeants d’entreprises publiques et privées, en particulier les entrepreneurs créateurs d’entreprises, les leaders d’opinion dans les médias et les étudiants des cycles universitaires avancés et toutes les personnes de bonne volonté qui participent au développement économique local et national. Le contenu et les messages de ce livre sont alors construits comme suit :
En plus d’une introduction générale, cinqgrandes parties couvrant les aspects importants du développement économique
a- La première partie fait le bilan de la situation actuelle en Algérie. Ce bilan est présenté dans trois chapitres, écrits par Abderrahmane Mebtoul et Ahmed Benbitour. A. Mebtoul, professeur, économiste et conseiller réputé, souvent consulté par les dirigeants et les partenaires de l’Algérie à l’international, fait dans le premier chapitre un bilan de l’évolution économique algérienne de l’indépendance à 2010. Il argumente dans un deuxième chapitre que la transition vers une économie ouverte et concurrentielle a été perturbée par de nombreux facteurs notamment managériaux et de gouvernance. A. Benbitour, économiste et ancien premier ministre de l’Algérie, dans un petit essai nous rappelle les péripéties du rééchelonnement de la dette dans les années difficiles du début de la décennie 1990 et au cours de laquelle il fut un acteur politique majeur.
b- La deuxième partie du livre fait un aparté pour discuter des fondements théoriques du comportement humain, en particulier le comportement de direction des organisations. Nadji Safir, sociologue et spécialiste du développement économique, discute de l’importance des croyances et des idées et reprend une métaphore célèbre des grands théoriciens des organisations, notamment Weber, qui les considéraient comme des forces matérielles, ayant autant d’effet que les machines. Taïeb Hafsi, professeur de management stratégique international et de théorie des organisations, décortique un peu plus, en utilisant la théorie de la prise de décision individuelle et collective, pourquoi les idées ont une telle influence sur notre comportement. Finalement, A. Benbitour, dans un court essai engagé affirme l’importance des élites et leur responsabilité dans le comportement de la nation.
c- La troisième partie du livre en est le cœur. Elle regroupe neuf chapitres qui abordent les grandes questions au cœur du développement économique. D’abord, dans son troisième essai, A. Benbitour souligne la faiblesse d’une démarche qui ne se libère pas du poids des ressources naturelles. Ramdane Djoudad et Ali Dib, tous deux économistes de valeur internationale, se basant sur leur expérience à la Banque du Canada, nous décrivent le fonctionnement d’une banque centrale et ses multiples rôles dans le développement d’une économie nationale.Abdou Attou, spécialiste de la finance internationale, basé à Londres, sur la base d’une expérience financière internationale de premier plan, discute du rôle du système financier dans le développement national et propose l’architecture d’un nouveau système financier pour l’Algérie. Ces deux derniers chapitres rappellent les fondements du fonctionnement financier d’un pays.
Les deux chapitres suivants sont focalisés sur les aspects juridiques du fonctionnement économique national. Kamel Khiari, un spécialiste de droit des affaires, discute du rôle important du droit comme cadre facilitateur du développement économique. Le droit est l’expression des règles formelles du jeu économique. Si ces règles sont mal conçues ou surtout mal appliquées, le comportement des acteurs économiques peut être très perturbé et parfois peut être même dysfonctionnels. Boualem Aliouat, dont la formation de base est celle d’un juriste et qui est aussi un spécialiste du management stratégique, prend un peu de recul et discute de l’harmonisation juridique comme facteur d’efficience et de performance. Ahmed Bensaada est un grand pédagogue, lauréat de nombreux prix des gouvernements du Québec et du Canada et de ses pairs. Il est reconnu pour la grande qualité de ses contributions à l’enseignement des sciences. Il propose un chapitre de réflexion sur ce qui fait la qualité des enseignements au primaire et au secondaire. Esma Aïmeur, professeur spécialiste des questions de gestion de la sécurité de l’information, a aussi été impliquée dans la gestion de programmes universitaires importants. Elle discute à la lumière de son expérience de ce qui fait qu’un système universitaire joue un rôle innovant et soutien du développement économique. Oumelkhir Touati, une sociologue de l’université de Montréal et une gestionnaire au sein de Sonatrach depuis plus de 20 ans, utilise ses recherches doctorales pour discuter des problèmes du système socio-éducatif et des moyens à mettre en œuvre pour le rénover et lui faire jouer un rôle dynamique dans le développement du pays. Le dernier auteur de cette section importante, Rezki Lounnas, ancien cadre Sonatrach et talentueux chercheur en énergie, ayant entre autres occupé le poste de directeur du département des études énergétiques à l’OPEP à Vienne en Autriche, nous propose une réflexion de classe internationale sur le secteur des hydrocarbures. Sa contribution a été répartie en deux chapitres pour faciliter la lecture d’un sujet relativement technique et destiné surtout aux spécialistes du domaine. Même si tous les chapitres de cette partie font référence à la concurrence internationale, c’est dans la partie 4 que la concurrence et ses implications sont abordées directement.
d- Dans la partie 4, consacrée directement à la concurrence et à ses effets, les deux premiers chapitres, de Morteda Zabouri, un expert de l’économie politique internationale, et de N. Safir, sociologue, abordent sous des angles différents l’importance des talents dans la concurrence entre nations. Ils détaillent comment le développement des talents fait la différence et suggèrent comment l’Algérie pourrait et devrait faire pour s’appuyer sur les multiples talents dont elle dispose. Mehdi Abbas, économiste à l’université de Grenoble, replace l’Algérie dans le contexte institutionnel de la communauté des nations et examine les contraintes et les possibilités que cela offre à son développement économique. Finalement, R. Lounnas reprend le sujet de l’énergie en le replaçant dans son cadre naturel, celui de la relation entre nations. L’énergie, ressource géopolitique par excellence est discuté et son cadre institutionnel international est révélé pour suggérer l’importance d’une gestion stratégique des ressources du pays.
e- La dernière partie remet au premier plan l’importance du management de la complexité pour une mise en œuvre efficace de la stratégie économique d’une nation. Le premier chapitre, de T. Hafsi propose un regard sur le fonctionnement d’une nation et sur les mécanismes qui permettent de générer en situation de complexité les comportements des acteurs économiques. Le chapitre de B. Aliouat met en particulier l’accent sur la régulation comme une forme de management particulièrement efficace, parce qu’elle permet de faire de manière indirecte ce qu’on ne peut réaliser de manière directe. Comme le marché est une main invisible de la coordination économique globale, on ne peut éviter d’en parler et A. Mebtoul discute de la complémentarité entre les actions « naturelles » du marché et celles « artificielles » de l’État. La nature fait toujours mieux les choses, on est alors tenté de penser comme d’autres avant nous, qu’un état est meilleur lorsqu’il est plus modeste et moins interventionniste, laissant le marché, tout en le régulant dirait B. Aliouat, jouer un rôle efficace d’intégration de l’activité économique. Dans son essai, A. Benbitour utilise là aussi son expérience pour montrer comment la gestion des entreprises d’État a été souvent inappropriée parce que l’État voulait trop en faire. Finalement, Bachir Mazouz, professeur spécialisé dans le fonctionnement et l’intervention de l’État, et Noureddine Belhocine, spécialiste du management, décrivent comment le public et le privé s’associent de manière judicieuse, dans le cadre de partenariats public-privé, pour offrir une efficacité que le public ou le privé séparément ne peuvent réaliser seuls. Le tour d’horizon proposé dans ce livre est destiné à montrer tout ce que l’Algérie s’empêche de réaliser faute d’utiliser les résultats des sciences sociales et du management et faute de libérer les ressources humaines considérables dont elle dispose. Comme nous l’évoquons dans le livre, les Algériens ont la possibilité de construire une économie de classe mondiale. L’Algérie devrait faire partie du peloton de tête des pays émergents comme les quatre grands que sont la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie, auxquelles se rajoutent les quatre dynamiques que sont la Turquie, la Corée du Sud, Taiwan et la Malaisie pour former le groupe le plus dynamique de la terre. Si l’Algérie ne le fait pas encore, c’est parce que les Algériens sont actuellement leurs propres ennemis.
Ils voient trop petits et ont trop peur de l’avenir. En s’ouvrant et en acceptant le challenge de la compétition, ils éradiqueront non seulement la pauvreté mais aussi les maux de société que sont la corruption et les déviances de gouvernance qui caractérisent le monde d’aujourd’hui. Notre entreprise est, nous l’avons dit, à la fois ambitieuse et modeste. Nous sommes modestes parce que nous ne croyons pas apporter la lumière à l’Algérie. Nous n’apportons qu’une démarche et notre foi que la lumière ne viendra que du réveil ordonné des multiples forces de la nation. Nous sommes ambitieux parce que nous croyons que cela peut se produire. Nous avons l’ambition de susciter de l’enthousiasme chez les politiciens avertis et les intellectuels. Nous avons l’ambition de montrer que les divisions sont étriquées et font perdre tout le monde. Toutes les forces et tous les intérêts gagneront beaucoup plus dans une Algérie qui marche que dans une Algérie étriquée, qui a peur et qui se freine elle-même. Les plus grandes civilisations ont été construites par des hommes modestes mais qui avaient de grands rêves. Nous voulons inciter les Algériens et leurs dirigeants à ne pas s’empêcher de rêver. Ils ont déjà démontré leur capacité à faire de grandes choses. Ils peuvent faire de leur pays une puissance régionale de premier plan, respectée et admirée par tous. Ce livre et les contributions de ce collectif veulent suggérer aux dirigeants de l’Algérie de ne pas se laisser tromper par le miroir aux alouettes de la richesse et du pouvoir volés. Ils réaliseront plus pour eux-mêmes et pour la nation en acceptant de se dépasser. En utilisant la science, en décentralisant, en libérant les énergies considérables générées par la révolution de libération nationale, ils seront à la mesure de cette révolution, du serment des martyrs et feront œuvre historique. Faute de cela, ils seront honnis à jamais par toutes les générations futures d’Algériens. Nous croyons qu’ils ont le choix.

DR Mebtoul Abderahmane
Samedi 19 Mars 2011 - 10:00
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CULTURE
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