REFLEXION

LE 27 DECEMBRE 1978: IL Y’A 31 ANS, HOUARI BOUMEDIENE : Un véritable leader du tiers-monde

Le 8 mai 1945, Boumediene a dit : « Ce jour-là, j'ai vieilli prématurément. L'adolescent que j'étais est devenu un homme. Ce jour-là, le monde a basculé. Même les ancêtres ont bougé sous terre. Et les enfants ont compris qu'il faudrait se battre les armes à la main pour devenir des hommes libres. Personne ne peut oublier ce jour-là. »



LE 27 DECEMBRE 1978: IL Y’A 31 ANS, HOUARI BOUMEDIENE : Un véritable leader du tiers-monde
Enthousiaste partisan d'un socialisme autoritaire, le colonel Houari Boumediene, à la faveur d’un coup d’État du 19 juin 1965, mit en place un pouvoir autocratique avec l’aide de l'armée et de la redoutée sécurité militaire.
Sur le plan intérieur, l'ère Boumediene fut celle des nationalisations des secteurs importants de l'économie. C’est sous son régime que commence une «Algérie nouvelle». Né le 23 août 1932 à Aïn Hesseinia, près de Guelma, dans une famille pauvre originaire de la tribu des Béni-Foughal (Wilaya de Jijel), Boumediene connut déjà très jeune les événements sanglants du 8 mai 1945 à Sétif et à Guelma. Durant les années quarante, il entreprit des études coraniques à l'institut Kettania de Constantine, puis les poursuivit à l'institut Zitouna de Tunis ; il se dirigea par la suite vers l'institut al-Azhar du Caire. En 1955, il retourne en Algérie où il rejoint les rangs de l'ALN (Armée de libération nationale). Très vite, il se fait remarquer et occupe le poste de Chef d'état-major. Il reste au Maroc pendant toutes les années de guerre, en préparant ce qu'il appelle "l'Armée de frontières", sous la protection de la police civile marocaine, avec un groupe appelé par la suite le "groupe de Oujda" comptant entre autres Abdelhafid Boussouf. Une fois l'indépendance acquise, Boumediene devient vice-président et ministre de la Défense du Conseil de la Révolution qui est alors présidé par Ahmed Ben Bella. Étant un proche de l'arabophonie et de la vision unique, refusant les accords conclus entre le président en place Ahmed Ben Bella avec l'opposition conduite par Hocine Ait Ahmed, alors responsable du FFS, Houari Boumediene conteste le régime de son allié Ben Bella. Ne partageant pas les orientations politiques de ce dernier, il décide le 19 juin 1965 de mener un coup d'État au terme duquel il devient le nouveau président de l'Algérie. Sous sa direction, plusieurs actions sont entreprises en vue d'estomper sur le plan intérieur, les tensions nées de la guerre d'indépendance. En 1968, il réussit à faire évacuer la dernière base militaire occupée par la France à Mers-El-Kébir (Oran) ; alors que sur le plan économique, il opte pour le modèle socialiste, et fait construire sur la base de ce choix beaucoup d'usines et d'écoles. Il contribue surtout, le 24 février 1971, au nom du principe de la récupération des richesses nationales, à la nationalisation des hydrocarbures, au grand dam de la France.
Cette nationalisation réussie, confère à Boumediene une importante dimension internationale. En effet, Boumediene a réussi là où l'Iranien Mossadegh avait échoué. L’année 1973 lui donne une nouvelle fois l’occasion d’affirmer son influence sur le plan international en organisant avec succès le sommet des non-alignés auquel les plus grands dirigeants du Tiers-Monde de l’époque assistent. Dès lors, l’Algérie de Boumediene offre un soutien très actif aux différents mouvements de libération d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, et c’est en véritable leader du Tiers Monde qu’il se déplace en 1974 à New York, pour prendre part à une réunion spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU sur les matières premières qu’il a lui-même convoquée au nom des non-alignés. Il prononce à cette occasion un discours exposant une doctrine économique, favorable entre autres à l’établissement d’un nouvel ordre économique international plus juste, qui prendrait en compte les intérêts du Tiers Monde. Il a pour cible l'exploitation des matières premières au profit des industries françaises. Au sein de celles-ci, le besoin d'une main d'œuvre à bas prix s'est fait sentir tout au long de leur développement. "Cette situation, nous ne pouvons pas la changer, ni dans quatre ans, ni dans cinq, ni peut-être dans dix ! Ce qui nous importe c'est de considérer l'émigration algérienne dans les pays européens, non pas comme un problème banal mais une question nationale. Personnellement, j’estime que, progressivement, de nombreux concitoyens qui ont émigré retourneront dès qu’ils pourront jouir des conditions de travail dans le pays.
En 1975 il accueille le premier sommet de l'OPEP par le biais duquel les membres du cartel ont pu définir une politique pétrolière concertée. Dans le sillage de cette même réunion, il parvint à sceller la paix entre l'Iran du Chah et l'Irak de Saddam Hussein. Sur le plan intérieur, il fait voter en 1976 une charte en vertu de laquelle il promulgue la constitution d'une Assemblée législative ainsi que la création du poste de président de la République, soumis au suffrage universel.
À partir de l'année 1978, les apparitions publiques du président Houari Boumédiène se font de plus en plus rares, et il s'avère qu'il souffre d'une maladie du sang, la maladie de Waldenström. Toutefois, très peu de choses ont été dites à propos des circonstances qui entourèrent sa mort, survenue le 27 décembre 1978.

Riad
Vendredi 25 Décembre 2009 - 23:01
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ACTUALITÉ
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