REFLEXION

LA TUNISIE EST SUR LA VOIE DE L’ALGERIE DES ANNEES 1990 : L’histoire (sordide) se répète

De nombreux ingrédients ayant marqué l’entrée dans la tourmente de l’Algérie des années 1990 sont en train de se répéter en Tunisie. Faut-il attendre qu’on passe à l’étape des explosions et des attentats à la voiture piégée ? !



LA TUNISIE EST SUR LA VOIE DE L’ALGERIE DES ANNEES 1990 : L’histoire (sordide) se répète
Les derniers incidents d’une grande gravité survenus en Tunisie, confirment, si besoin est, l’existence d’un danger réel menaçant, non seulement le mode de vie des Tunisiens, un mode de vie paisible et marqué par la tolérance, mais menaçant aussi leur vie. Purement et simplement. Et il y en a qui ont payé déjà de leur vie. Ce matin, un membre des forces de l’ordre a été égorgé, alors que cette semaine, on dénombre un bon nombre de blessés et mutilés suite à l’explosion de mines anti-personnel enfouies dans la montagne de Chaâmbi. Les Nahdhaouis, suivis par les CPRistes notamment, accusent les forces démocratiques et modernistes d’utiliser la « fezzaâ » (épouvantail) islamiste, comme le faisait le régime de Ben Ali, pour mener une campagne contre eux. Or, il ne s’agit plus ni de fezzaâ, ni de psychose, mais bel et bien d’une réalité palpable basée sur des faits concrets. Certains observateurs vont jusqu’à comparer la situation actuelle en Tunisie à celle de l’Algérie au début des années 1990 lorsque les forces obscurantistes du FIS avaient entamé la descente aux enfers avec la prolifération des assassinats, des attentats, des explosions. Il s’agit là des mêmes ingrédients qu’on voit surgir en Tunisie en cette ère de la Troïka qui a offert à la Tunisie son gouvernement « le plus fort de toute l’histoire » et qui a vu l’Assemblée nationale constituante accoucher d’un projet de constitution qualifiée par son président, Mustapha Ben Jaâfar, « comme étant la meilleure dans le monde ! » Ainsi, lors de toutes les manifestations et fêtes nationales, des milices, prétendant être membres des Ligues de Protection de la Révolution (LPR) agissant pour le compte du premier parti au pouvoir, sèment la terreur en s’en prenant aux militants des autres partis politiques. Mais nous avons assisté, surtout et déjà, à deux assassinats politiques, ceux de Lotfi Nagdh et de Chokri Belaïd. Nous avons enregistré les menaces lancées en public contre les hommes et femmes politiques, contre les personnalités intellectuelles appartenant à tous les secteurs, dont notamment les journalistes, les juges et les artistes. Nous déplorons la découverte de nombreuses quantités d’armes et de munitions, l’implantation de mines qui ont causé les blessures et l’amputation de membres de l’Armée et de la Garde nationales. Nous avons assisté, lors de certains moments, à des services d’ordre assurés par les salafistes et… par des Deghij, Recoba et leurs sbires des LPR, en toute impunité. N’oublions pas l’émirat de Sejnane érigé par les Salafistes et qui a été immortalisé par un sérieux reportage effectué par le journal Le Maghreb, lequel journal a été traité de tous les noms par les autorités officielles. Passant à un autre palier, nous avons enregistré, aujourd’hui même, l’assassinat d’un cadre de formation des forces de sécurité. Il a été découvert égorgé. Une première en Tunisie ! Bref, de nombreux ingrédients ayant marqué l’entrée dans la tourmente de l’Algérie des années 1990 sont en train de se répéter en Tunisie. Faut-il attendre qu’on passe à l’étape des explosions et des attentats à la voiture piégée ? !
Et le comble est que d’un côté, un certain Rached Ghannouchi compare ces salafistes jihadistes à de « jeunes annonciateurs d’une culture nouvelle et qui lui rappellent sa jeunesse… » et que d’un autre, côté, un certain Abderraouf Ayadi qualifie les énergumènes des LPR de « conscience de la révolution » ! Que faut-il de plus que ce type de déclarations pour que ces extrémistes se sentent ragaillardis, mobilisés et chargés à bloc ? ! Que faut-il de plus encore que cette attitude ambiguë du président de la République, Moncef Marzouki, qui passe pour être maître dans l’art du maniement de la pratique des deux poids, deux mesures et du double langage, un terrain où il a dépassé ses maîtres d’Ennahdha. En effet, c’est bien Marzouki qui a reçu au Palais de Carthage les représentants des salafistes et des membres des LPR, les deux groupements symboles de la violence en Tunisie. Et dire que ce même Marzouki s’apprête à recevoir le président de la République Française après avoir été reçu, en grande pompe à Paris où il a tenu un discours des plus progressistes et modernistes. Les officiels français feraient bien de se procurer les enregistrements de Marzouki où il tient des propos dégradants et humiliants pour les forces démocratiques et laïques qu’il menace, à mots voilés, de pendre et de leur infliger les pires sanctions s’ils venaient à dénigrer l’émir du Qatar. Plus encore. À chaque fois que les médias tiraient la sonnette d’alarme, ils étaient accusés d’alarmisme et de volonté de nuire à la réputation de l’économie nationale, plus particulièrement à son tourisme, leur objectif final étant la chute du gouvernement. Bref, l’éternelle théorie du « bâton dans la roue et du complot » ! D’ailleurs, pas plus tard qu’aujourd’hui, les officiels au ministère de l’Intérieur et au département de la Défense nationale continuent à accuser les médias d’alarmisme et d’exagération à la recherche du sensationnel. Pourtant, Hamadi Jebali, en sa qualité de Secrétaire général du parti d’Ennahdha et d’ancien chef du gouvernement pendant quinze mois, donc une des personnes les mieux placées pour traiter du dossier sécuritaire, n’a pas mâché ses mots, dans une interview accordée au journal La Presse, jeudi 2 mai 2013, en indiquant que « le danger terroriste nous guette de toutes parts et que le plus important, dans l’état actuel des choses, est de prendre conscience des sérieuses menaces qui passent désormais à un palier supérieur ». Le même, lorsqu’il était au pouvoir, demandait aux médias de cesser leur alarmisme et leur exagération. Dans le même ordre d’idées, une autre déclaration significative et édifiante, celle de Bassam Haj Yahia, l’agent de la Garde nationale qui a perdu sa jambe lors de l’explosion d’une mine à la montagne Chaâmbi. Cet agent précise que « l’opération visait à débusquer des terroristes ayant un degré d’entraînement avancé ». Il a, également, indiqué que ces individus, représentant un danger imminent pour la Tunisie, avaient construit un petit village dans la montagne avec des endroits pour dormir et des zones d’entraînement… ». Tout laisse entendre que ces réseaux terroristes ne comptent plus être de simples passagers sur notre territoire, mais qu’ils projettent de s’y installer et d’en faire une base et un champ d’action. Tous les analystes et experts en la matière sont de cet avis et ne cachent pas leurs appréhensions face à ces éventualités terrifiantes. L’heure est grave, mais les Tunisiens veulent bien rester optimistes et croire que la situation est encore sous contrôle, malgré les nouvelles prouvant qu’en face, les groupes terroristes font tout pour passer à la vitesse supérieure et atteindre le point de non retour. Les Tunisiens veulent savoir la vérité et veulent être rassurés, car à chaque fois et quelque temps après les informations optimistes fournies par les officiels, on s’aperçoit qu’il n’en est rien et que la situation empire.
          Source : Businessnews
 

Noureddine Hlaoui
Mardi 14 Mai 2013 - 11:02
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ACTUALITÉ
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