LA RECONDUCTION DE SAADANE A LA TETE DES VERTS EN JUILLET : Est-ce qu’elle a été une erreur ?



LA RECONDUCTION DE SAADANE A LA TETE DES VERTS EN JUILLET : Est-ce qu’elle a été une erreur ?
La décision de Rabah Saâdane «a été entérinée» par le président de la FAF, Mohamed Raouraoua, lequel a tenu à le remercier et à lui rendre hommage pour l'excellent travail accompli. Nommé entraîneur de l'Algérie en 2007, le contrat de M. Saâdane avait été prorogé le 18 juillet dernier pour deux ans, jusqu'à la phase finale de la CAN 2012.Reconduit à la tête des Verts après plus d’un mois de cafouillage et d’hésitation de la part des dirigeants de la FAF, Rabah Sâdane, 64 ans, originaire de Batna, n’a jamais fait l’unanimité au sein de son effectif, parmi les techniciens de football et auprès des supporteurs de l’équipe nationale. Souvent critiqué pour ses choix tactiques, pour le choix des joueurs sélectionnés et pour son côté effacé, l’homme a su regagner l’estime des Algériens après avoir fait qualifier l’Algérie à une troisième phase finale de coupe du monde (1982, 1986,2010). Pas pour longtemps, d'ailleurs. Au lendemain de la débâcle sud-africaine (deux défaites et un nul), Saâdane a de nouveau été la cible de diverses critiques.Alors que l’opinion attendait son départ, alors que l’on attendait que lui et les dirigeants de la FAF fassent leur autocritique après le fiasco de l’Afrique du Sud, voila que les responsables de la fédération décident de le reconduire comme sélectionneur. Avec un bel élan d’hypocrisie tout de même. C’est que pendant que Saâdane attendait le retour du président de la FAF de l’Afrique du Sud pour négocier le prolongement de son contrat, des pontes de la FAF ont entamé en sous-main des contacts avec des entraineurs étrangers pour prendre la succession de Sâadane. Résultat : ce dernier a été reconduit dans un climat délétère. Et ce qui devait arriver arriva. Un match nul contre la Tanzanie, une piètre prestation et une démission.Faire porter le chapeau au seul Rabah Saâdane serait aussi facile qu’injuste. Car qui a bien décidé de lui confier à nouveau les clés de la sélection algérienne ? Qui a négocié avec d’autres entraineurs alors que Saâdane était encore sélectionneur durant les mois de juin et juillet 2010 ? La fédération et à sa tête Mohamed Raouraoua. De ce dernier, on le dit qu'il est intouchable, incontournable. Puissant! Trop puissant! Mais à l'instar de Saâdane, des joueurs, du staff dirigeant, Raouraou aussi porte une grande responsabilité dans cet échec. Il est temps que Raouraoua tire les leçons à son tour. Saâdane, le contrat de trop Manque de fraîcheur physique, absence de discipline tactique, des joueurs utilisés dans des postes qui ne sont pas les leurs et entêtement à marginaliser d’autres joueurs de talent : le semi-échec concédé par l’équipe nationale vendredi soir à Blida, au-delà du résultat, confirme si besoin était les limites du système « Sâadane ». Le sélectionneur national, qui a bénéficié de moyens financiers et d’un soutien incommensurable des autorités comme jamais auparavant, n’a pas réussi à monter une équipe performante et constante. Même les exploits réalisés, comme la qualification à la Coupe du monde, l’ont été pour une bonne partie grâce à la volonté des joueurs qui rêvaient pour la plupart de participer à cette prestigieuse compétition, synonyme de rampe de lancement à de brillantes carrières.On se souvient, l’EN avait éprouvé les pires difficultés à se défaire de certaines équipes, comme le Rwanda, lors des éliminatoires de la Coupe du monde. En Coupe d’Afrique des nations que Sâadane avait présenté comme tournoi de préparation à la Coupe du monde, hormis le grand match sorti face à la Côte d’Ivoire, l’EN n’a jamais présenté le visage d’une équipe qui rassure. Et les statistiques sont édifiantes : sur les six matchs livrés, elle a encaissé dix buts contre quatre buts marqués. Il aura suffi de la déculottée contre l’Egypte en demi-finales pour voir les supporters algériens douter sérieusement des capacités de Sâadane à métamorphoser l’équipe. Les matches amicaux ont confirmé la tendance : cuisant échec devant la Serbie au stade du 5 juillet avant un autre échec devant l’Irlande du nord. Même contre la modeste équipe des Emirats Arabes Unis, l’équipe a gagné dans la douleur grâce à… un pénalty. En Afrique du Sud où on attendait un sursaut d’orgueil des coéquipiers de Karim Ziani, on a vu une équipe inoffensive, même si comme souvent elle a réussi quelques belles facettes de jeu comme contre l’équipe d’Angleterre. Résultat des courses : élimination au premier tour sans aucun but marqué.Arrive enfin le match amical contre le Gabon présenté comme celui d’un nouveau départ. Encore une fois, l’équipe se fait ramasser à la petite cuillère. A cette bérézina, il faut ajouter les graves manquements à la discipline qui ont caractérisé le vestiaire et la marginalisation dont ont été victimes certains joueurs locaux dont le talent est éprouvé. Les discours défaitistes de Sâadane à chaque veille d’un rendez vous, comme celui développé avant le match de la Tanzanie, une formation pourtant quelconque, a fini par installer le doute et chez les joueurs et chez les supporters. Et ce n’est certainement pas les attaquants Ghezzal, Djebour ou encore Ziaya qui s’illustrent dans leur clubs respectifs mais sont incapables de la moindre prouesse en EN qui diront le contraire.En lieu et place d’un changement à la tête de l’équipe au lendemain de de l’élimination en Coupe du monde - certains l’avaient appelé de leur vœux au lendemain de l’échec contre la Serbie, le président de la FAF a préféré le maintien de Sâadane au nom d’un sacro-saint souci de stabilité. Un choix qui s’est révélé suicidaire. Même la sympathie que le sélectionneur avait suscité dans le sillage de la qualification en Coupe du monde a fondu comme neige au soleil au cours des deux derniers matchs. Aux chants de gloire ont succédé les quolibets. C’était le contrat de trop. La défaite de l’équipe nationale algérienne et son élimination remet au devant de la scène la polémique sur l’entraineur national Rabah Saâdane. Souvent critiqué, Rabah Saâdane cristallisera certainement la colère et la déception des supporteurs algériens. A-t-il fait les bons choix tactiques ? A-t-il fait des erreurs dans la sélection de certains et l’éviction d’autres ? A-t-il foiré ce mondial? Saâdane est-il réellement l’entraineur qu’il fallait pour cette équipe nationale dont la quasi-majorité est composée de joueurs binationaux et évoluant dans des championnats étrangers? Pour de nombreux algériens, l’équipe nationale a désormais son « Domenech », allusion à l’entraineur français responsable lui aussi d’un mondial calamiteux à la tête de l’équipe de France. Injuste pour Saâdane ? L’heure de tirer les bilans est arrivée et personne n’y échappera. A commencer par l’entraineur.A 65 ans, l’homme qui a menée trois fois de suite les Verts vers une phase finale de coupe du monde (1982, 1986 et 2010) va devoir s’expliquer, rendre des comptes. Bien qu’il ait toujours martelé que la participation de l’Algérie à la Coupe du Monde 2010 après vingt quatre ans d’absence, bien qu’il prévenu qu’il ne fallait pas attendre des miracles de cette équipe, cela ne suffira pas à calmer le courroux des Algériens et à effacer leur grosse déception. Les Algériens ont placé des espoirs fous dans cette sélection d’autant plus qu’elle a arraché sa qualification au prix d’un grand sacrifice après un match héroïque contre l’Egypte à Khartoum, au Soudan, en novembre 2009. Les arguments de Saâdane ne suffiront pas car les autorités algériennes avaient mis à la disposition de cette sélection de gros moyens financiers et logistiques pour réaliser une bonne préparation et un bon parcours au mondial. Faites comme Sâadane, M. Raouraoua C'est un exemple qui doit inspirer Mohamed Raouraoua qui a recruté Rabah Sâadane avant même qu'il revienne à la tête de la FAF. C'est sous impulsion que son prédécesseur et le ministère ont avalisé ce choix, sachant qu'il allait revenir à la tête de l'instance fédérale. Il a d'ailleurs été élu à l'unanimité mais sans gloire, puisqu'il était le seul candidat. M. Raouraoua avait fait le choix de Sâadane, non pour les compétences techniques de celui-ci, mais pour sa docilité. Son obsession était de barrer la route à Rabah Madjer auquel il voue une inimitié inexplicable, voire à tout technicien insoumis.C'est la stabilité dans la médiocrité. Et pour avoir accepté le nouveau bail contre sa propre volonté, le président de la FAF à poussé son ancien protégé vers l'échec afin qu'il se retire de lui-meme. Tactique gagnante puisque Sâadane a rendu le tablier. Mais l'échec est partagé. Alors que hadj Raouraoua imité cheikh Sâadane.

La Rédaction
Lundi 6 Septembre 2010
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REFLEXION
           

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