REFLEXION

LA LIBERTE D’EXPRESSION EN ALGERIE : Entre mythe et réalité

La liberté d’expression dans le bon sens, en Algérie est-elle un mythe ou une réalité. La liberté d’expression va avec la liberté de la presse. Comment ménager cette liberté et employer les mots qui ne dérangent pas pouvoir faire circuler le message de l’information et informer le lecteur.



LA LIBERTE D’EXPRESSION EN ALGERIE : Entre mythe et réalité
Pour les anciens journalistes qui se sont rodés dans les rouages des journaux gouvernementaux, avant le pluralisme de la presse, eux seulement peuvent apprécier le changement et donner un taux d’avancement, de stagnation ou de dégradation ! La liberté de la presse en Algérie diffère de celle autre pays du Maghreb par exemple où une simple caricature sur la maladie du roi, entrainait la foudre sur l’auteur, le patron et tout le journal. Si l’Algérie, a enregistré un taux d’avancement positif dans le champ de la liberté d’expression. Il n’en demeure pas qu’il y a toujours un long « parcours du combattant » et des contraintes pour arriver aux sources d’information qui souvent optent pour le black-out. Alors qu’en France par exemple, si ce n’est pas un secret défense, une raison d’Etat ou carrément un « Niet » opposé aux journalistes, à l’inverse de notre pays où certains responsables et hauts cadres de l’Etat se motivent derrière l’état d’urgence et non pas un décret de censure. D’ailleurs il n’existe en Algérie ni de décret ni loi de censure et c’est un bon signe malgré bon gré. Seulement une coutume adoptée par certains responsables depuis l’indépendance. Elle continue à s’opposer à la presse, par le silence. Ce qui démontre une certaine fuite des responsabilités, sinon de l’incompétence à faire face d’abord devant leur tâche et ensuite devant la presse. Nous avons d’ailleurs constaté que certains walis ont esté le journaliste devant le tribunal pour une simple publication. Alors que le wali qui est représentant du gouvernement, s’il jugeait le travail du journaliste est diffamatoire, il devrait d’abord informer la tutelle par un dossier bien argumenté et c’est telle qui décide de la procédure à suivre, dans le cas où elle refuse d’user du droit de réponse. La presse et les responsables La nature parle d’elle-même La presse, dit-on, n’est guère prisée par beaucoup de responsable politique, mais elle fait rire et pleurer bon nombre d’officiels algériens : ils sont trop bien placés pour ne pas reconnaitre, par exemple sous la caricature forcée, ou entre les lignes d’un article, une vérité…Certainement, la presse algérienne mettra au moins du temps pour décoller de ses propres ailes.si tout va bien…dans un pays comme l’Algérie, immensité du territoire, pauvreté des infrastructures, délabrement des équipements, manque d’experts, cohésion nationale encore embryonnaire dans un pays où prime encore l’appartenance à la tribu et la région… Bien que depuis que la psychologie de groupes existe, l’on sait que celui qui détient l’information, en même temps qu’il cristallise les rêves d’un groupe, d’une société, en devient le moteur.et le moteur, dans ce qu’elle peut avoir comme mission d’organiser, de structurer et surtout de réguler la vie d’un groupe ou d’une société bien en panne ! Malheureusement, la presse algérienne, constate autant de faiblesses congénitales que viennent aggraver ces maladies endémiques depuis l’indépendance et surtout depuis l’ouverture du pluralisme de la presse. Cet outil d’information, n’a fait qu’enregistrer la gangrène qui a atteint les membres influents de la société : la négligence et la corruption. Un seul but : survivre, pour les plus pauvres : et enrichir, pour plus riches. Alors certains truands, trafiquent, se débrouillent, combinent, achètent ou se font acheter. Pas une transaction possible sans « magouille ». Une demande de crédit, une démarche quelconque empruntant les circuits « normaux » s’évanouissent dans les tiroirs comme l’Oued dans le désert. Ce n’est plus un fléau, c’est un système économique de remplacement dans tout ça, la presse doit s’impliquer avec son unique arme qui est la liberté d’expression, combattre le mal avec la plume et faire face aussi à toute l’armada bien organisée ! Dont le crime organisé par « la mafia » et les ennemis de la plume qui sont d’ailleurs nombreux dans nos jours. La protection des sources d’information, n’est pas assurée, certaines procédures musclées constatées à l’encontre des journalistes par certains membres de l’autorité, parfois locale, lors des évènements. L’absence d’un club de la presse qui doit réunir les gens de l’information, renforcer leur structure. Ce sont des contraintes qui demeurent néanmoins un obstacle pour le développement de la presse algérienne et surtout défavorise la liberté d’expression. Que faire d’autre, quand le sens de l’Etat, et de rares exceptions, fait aussi défaut ? Comment existera la presse décemment, quand les journalistes du bas et d’en haut de l’échelle, rencontrent quotidiennement une route barrée pour arriver à la source de l’information, alors que le journaliste déploie sans cesse, des efforts considérables tous les jours et toute l’année, cent fois plus qu’un député ou un sénateur ! son unique but assainir la société, défendre ses compatriotes et plaider pour la cause juste. Pour cela, les journalistes revendiquent toujours le libre accès à toutes les sources d’information et le droit d’enquêter librement sur les faits qui conditionnent la vie publique. Le secret des affaires publiques ou privées ne peut en ce cas être opposé au journaliste par exception et en vertu de motifs clairement exprimés. Le journaliste ne peut être contraint aussi, à accomplir un acte professionnel ou exprimer une opinion qui serait contraire à sa conviction ou à sa conscience. L’indépendance d’un journal Pèse telle sur la libre expression? Que pèse la liberté d’expression, devant le « serrage du robinet » d’information ? Les investigations propres à la presse, bien ficelées avec toutes ses preuves, ne seront plus crédibles dés l’apparition de l’article, où un simple démenti expédié le jour même ridiculisera le journaliste, si ce n’est une transformation en diffamation. Alors qui donnera raison au journaliste et plaidera en la faveur, devant la présence d’une « force obscure » puissante qui veut occulter la vérité !? Les critères des sciences sociales ne sont d’aucune utilité pour tenter une approche sérieuse de nos médias de masse, surtout la presse écrite. Les thèses des « sciences » de l’information et de la communication ne sont pas valables. Ce qui est possible, par contre, c’est élaborer une théorie de la pratique quotidienne pour tenter une synthèse. Dans le monde entier, il suffit de faire une analyse du système (ou du journal), de ses structures pour savoir si un journal est « indépendant » ou non, dans les limites des contraintes qui lui sont imposées à la fois par les pouvoirs en place, l’Etat, les sources de l’information, l’opinion publique, la publicité, et bien sûr le propriétaire du journal, pour évaluer l’indépendance d’un journal. Ici que réside la lutte quotidienne du journaliste dit « indépendant » qui croit être armé de la liberté d’expression. Bien qu’il vit aussi le signe nouveau d’une démocratie qui sort peu à peu des limbes. Son unique souci, c’est de défendre la société, défendre ses compatriotes, en général, défendre l’Algérie sa partie, et surtout se mettre dans la tête que le journal d’information n’est pas un parti politique ni du pouvoir ni de l’opposition. Sa neutralité pèse beaucoup sur son intégrité. Sa seule mission est d’informer et défendre les principes de la nation, de la République, analyser et préparer les synthèses politico sociales et culturelles.la presse algérienne prend ses risques, mais parie raisonnablement sur l’avenir. En espérant toutefois qu’elle parviendra un jour à rétablir le message de l’information et le respecter aussi et en même temps secouer ses vieux démons en toute liberté d’expression ! le journalisme à l’algérienne touche à tout et surtout aux trois clefs de voûte du pays : la politique, la culture et l’économie. Est-ce, sur le plan matériel, le journaliste algérien est moins fragile ? Est-ce à dire qu’avant le pluralisme des médias, la presse dite du «partie unique » était plus présentable sur le plan moral ? la réponse est hélas non. Si la grande majorité des journalistes était muette, un grand nombre infestait les wilayas, pour se faire octroyer des avantages. Certains députés et walis de cette époque en savent quelque chose. Les devoirs essentiels du journaliste dans la recherche, la rédaction et le commentaire des évènements sont : Respecter la vérité , quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public à connaitre la vérité ; Défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique ; Publier seulement les informations dont l’origine est connue ou dans le cas contraire les accompagner des réserves nécessaires ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents. Garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues conditionnellement. Un journaliste doit toujours refuser toute pression et n’accepter de directive rédactionnelle que des responsables de la rédaction. Le journaliste n’accepte en matière d’honneur professionnel que la juridiction de ses pairs, à l’exclusion de toute ingérence gouvernementale ou autre. D’ailleurs nous ne sommes pas isolés du monde, la liberté d’expression en France, qui se dit pays des droits de l’homme, souffre plus que notre « auto censure » et le silence des politiques et des exécutifs.. Un recul flagrant de la liberté d’expression est constaté au pays des mirages. En matière de liberté d’expression, la France est classée cette année à la 43ème position bien loin du Danemark, la Suisse, la Belgique, la Suède, les USA, le Costa Rica, le Ghana, le Mali entre autres. La France demeure un mauvais élève en matière de liberté de la presse. La raison d’Etat et le secret défense sont les obstacles les plus réponds que rencontre le journaliste français. Alors que chez nous : L’atteinte à l’intégrité et la diffamation, réunis dans la conjoncture sécuritaire, barre souvent la route devant le journaliste, et surtout les caviardages des directeurs de la publication, malgré eux, alors, que tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de traiter les nouvelles selon leurs conjonctures. En France, la liberté d’expression, c’était un droit compris dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, néanmoins un décret de Napoléon rétablit officiellement la censure en 1810, tandis que les ultra-royalistes feront passer des lois régissant la liberté de la presse, sous la restauration (1815-1830) la censure perdura tout au long du XIXe siècle, jusqu’aux lois sur la liberté de la presse en 1880-1881, sous la troisième République. Elle sera rétablie pendant la première guerre mondiale, menant entre autres à la rédaction d’un journal satirique « Le canard enchaîné » en 1915, qui utilise le ton satirique pour échapper aux censeurs. La loi de 1955 sous l’Etat d’urgence votée pendant la guerre d’Algérie et encore en vigueur, qui permet aujourd’hui la censure en autorisant le ministère de l’intérieur et les préfets à prendre toute mesure pour assurer le contrôle de la presse et la radio et la télévision. La France demeure le pays qui a battu tous les records dans la censure multiple, allant de la presse écrite, à la radio et télévision jusqu’aux éditions des livres et la peinture. Mais cette censure visait uniquement ce qui est une vérité sur les aspects de la France colonialiste et sur « Israël » Comme preuves des livres censurés et interdits se comptaient par dizaine :
■ « Les protocoles des sages » de Sion censuré en 1990
■ « La question » d’Henri Aleg censuré en 1958
■ « Hitler SS » de Jean Marie Gourio et Phillipe villemim
■ « Les damnés de la terre » de Frants Fanon censuré en 1961
■ « Main basse sur le Cameroun, autopsie d’une décolonisation de Mongo Beti censuré.
■ « Les camps de concentration Allemands 1941/1945, mythes propagés, réalités occultées « brochure de Viencent Reynouard, censuré.
■ « Le massacre d’Ouradour, un demi siècle de mise en scène » censuré
■ « Le licite et l’illicite en Islam » de Cheikh El Qaradaoui, censuré
■ « L’holocauste au scanner » censuré
■ Tous les œuvres du Cheikh Ahmed Didat une vingtaine, interdite en France.
■ « Kol El Ârab » revue hebdomadaire éditée à paris, est suspendue depuis des années.
■« Destour » revue arabe financée par des Jordaniens, éditée à paris, suspendue depuis des années.
■ « Al Ârab » journal en langue arabe, interdit en France.
■ « LE CANARD Enchaîn2 » des numéros sont souvent retirés de la diffusion « les chaîne de télévision Al Manar « Liban » censurée et retirer du satellite Hotbird. Ceci, n’est qu’un exemple, de la longue liste de la censure à répétition n France, pays des droits de l’homme et des « Reporters sans frontières » ainsi, une simple analyse, nous décrit la nature exacte de ceux qui commanditent la censure en France. Nous avons pris le volet français comme exemple, car la censure sévit dans ce pays qui depuis plus de cent ans déclenché sa révolution et décrété en même temps, la loi de 1901, qui peut interdire de publier un simple droit de réponse. Donc, en Algérie, la question de la liberté de la presse, demeure certainement fragile en quelque sorte, mais la censure n’est régit par aucun décret ni loi, par rapport aux autres pays du Maghreb, même le code de l’information n’a plus cours, ce qui diffère aussi des français. Reste à convaincre l’armada des responsables administratifs et politiques algériens de ne pas entraver la mission de l’information en employant l’abus de pouvoir ou d’autorité et de permettre au journaliste de s’informer pour informer. Le 3 Mai est une journée commémorative et non festive La journée mondiale de la liberté d’expression, est une journée commémorative et de solidarité avec toutes les voix exténuées arbitrairement dans le monde. L’UNESCO soutient la liberté d’expression et la liberté de la presse en tant que droits fondamentaux de l’être humain. Les actions les plus célèbres dans ce domaine ont été la proclamation en 1993, par l’assemblée générale des nations unies d’une journée mondiale pour la liberté de la presse à être célébrée le 3 Mai de chaque année. Aussi il a été crée un comité de la presse dont les membres sont des professionnels des médias du monde entier, suivi de la création en 1997 du prix mondial UNESCO/ Guillermo Cano sur la liberté de la presse. Mais il a été constaté, que la presse arabe est délaissée. C’est pourquoi, les journalistes arabes avaient formulé le désir de créer un prix mondial de la presse arabe. La réponse tarde toujours à venir. Ce sont toujours les ministres arabes de l’information qui décident. Pour certains d’entre-eux, tous ces chaînes de télévision, appelées par le citoyens arabe « des cabarets satellitaires » qui infestent nos foyers sans aucun respect des mœurs ni de décence, jouissent de la liberté d’expression !!! Comme la caricature de la Hollande. Mais la chaîne arabe « El Manar » qui émet du Liban, et les combattants de la liberté à été tout soutient simplement rayée du satellite Hotbird. Les deux poids deux mesures se distinguent clairement, bafouant tous les principes de l’ONU et de l’UNICEF. Notre longue expérience dans ce nous a fait découvrir beaucoup de choses et beaucoup d’entraves qui ne s’inscrivaient nullement dans le jargon de la liberté d’expression ou de la presse. A « Réflexion » par exemple, nous avons trouvé une vraie bouffée d’oxygène, loin de toute contrainte rencontrée dans d’autres titres par exemple. L’information n’est pas prise au conditionnel. Après plus d’une de sa parution « Réflexion » est en voie sans cesse de développement. Le journal est purement et authentiquement algérien et continuera à l’être, avec sa devise : Si vous aimez la liberté, payez-en le prix.

Benbrik Aek
Lundi 3 Mai 2010 - 16:11
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