REFLEXION

LA LEÇON DE LA CRISE DU PARTI FLN : Privilégier les intérêts supérieurs de l’Algérie et restituer le sigle historique du FLN au peuple algérien

Nous devons, en tant qu’Algériens veiller jalousement à notre histoire combien riche et millénaire, et avoir en vue uniquement les intérêts supérieurs de l’Algérie. En tant que fils d’un des plus grands militants de la guerre de libération nationale, n’ayant de leçons de nationalisme à recevoir de personne, à l’instar de toutes les populations de toutes les régions de l’Algérie éternelle qui ont payé un lourd tribut, je fais quatre observations et propositions suite à la crise actuelle du parti du FLN.



1.-Premièrement,  la situation actuelle du parti du FLN  a offert un spectacle anarchique  et désolant,  la majorité de la population algérienne et les observateurs  internationaux, ayant assisté à un film du Far West Ce spectacle, loin des préoccupations des algériens avec la détérioration de leur pouvoir d’achat,  et de l’intérêt national qui implique  à la fois d’être vigilant  vis-à-vis des bouleversements géostratégiques de notre région  et  d’un redressement urgent du secteur économique  couplé avec une  profonde justice sociale,  aura montré les luttes de pouvoir en vue des futures élections présidentielles d’avril 2014.  Ce ne sont pas   la confrontation d’idées contradictoires, ou des différences de programmes,  normales  dans tout parti ,  sur la même ligne mais  des conflits de personnes  pour des  intérêts personnels étroits de partage de la  rente.  Car, si la structuration sociale  en Occident s’est faite à partir de la rente agricole, la structuration sociale future  de l’Algérie, actuellement toujours en gestation avec la dominance du compradore, expliquant la longue transition tant politique qu’économique  non achevée  se fera à partir  de la  rente  des hydrocarbures qui déterminera le profil du futur pouvoir. Cela explique  le  spectacle désolant  qui ne fait pas  honneur à nos chouhadas , de l’instrumentalisation  du sigle FLN,  parti qui n’est en réalité  pas un véritable parti mais un  appareil expliquant  ses ramifications dans l’administration  et  constituant  la majorité de la composante tant  gouvernementale qu’à l’assemblée nationale populaire.
 
2.- Deuxièmement, comme j’ai eu à l’écrire maintes fois, le Parti FLN  a certes  remporté, à une large  majorité, les dernières élections  législatives et communales  en sièges, mais en réalité n’ayant eu  que 6,11% de voix  par rapport aux inscrits et moins de 3% pour le parti RND.  Il ne peut  représenter donc  la majorité des citoyens et encore moins parler au nom du FLN historique qui constitue une usurpation.  Nous ne parlons pas des  autres partis limitrophes   , des milliers d’associations instrumentalisés vivant au gré de la conjoncture via la rente, incapables  de mobiliser la société. Fautes  de nouveaux réseaux crédibles, en cas de malaise sociale,  les forces de sécurité sont  confrontés directement à la population. Comment dès lors, après  50 ans d’indépendance politique,  peut-on encore tolérer, l’instrumentalisation   de la part  d’une minorité à des fins politiques , d’un parti, le sigle historique FLN, propriété de tout  le peuple algérien, étant assimilable à l’utilisation de la  religion à des fins politiques. Quel que soit le résultat final   de ce match,  deux camps adverses, dont je ne fais aucune différence,  utilisant les mêmes  méthodes, l’objectif étant de   se partager la rente  sur le dos d’un sigle historique,  pour éviter ces querelles byzantines qui ternissent l’image  de l’Algérie, ,  il devient impérieux  que soit  restitué  le sigle glorieux FLN   de la guerre  de libération nationale à tous les Algériens,  dont ils doivent en être fiers.
 
3.- Troisièmement, en ce monde impitoyable où toute Nation qui n’avance pas  recule , la rente  des  hydrocarbures traditionnels  étant éphémère, avec épuisement  entre 20/25 ans,  à moins d’un miracle  au moment où la population algérienne atteindra 50 millions d’habitants, supposant d’ores et déjà de penser  à la mise en place de la transition énergétique,  avec les profonds bouleversements  tant internes qu’internationales , ne serait-il pas  souhaitable qu’un large débat national  productif   soit initié pour définir la  future trajectoire politique, sociale et économique de l’Algérie ? Le constat fait par les organismes internationaux et les experts algériens dans leur immense majorité est qu'il faille revoir l'actuelle politique économique et sociale qui, malgré une dépense publique colossale, inégalée depuis l'indépendance politique, entre 2000/2013,( plus de 500 milliards de dollars)  déversée sur le marché sans mécanismes de contrôle au préalable, et paradoxalement en gelant certaines institutions,( cour des comptes, conseil national de l’ énergie)  n'a pas eu les impacts souhaitables tant au niveau économique ( moyenne inférieure de taux de croissance à 3% entre 2000/2013 alors qu’il aurait du dépasser 10%)  que social (concentration excessive du revenu national au profit d’une minorité spéculative au niveau de la sphère marchande ) : mauvaise allocation des ressources financières, mauvaise gestion, corruption généralisée , le problème est posé sans verser dans les  règlements  de comptes inutiles.  En cette année 2013, l'Algérie reste tributaire à 98% de ses ressources en devises des hydrocarbures à l'état brut et semi-brut richesse virtuelle, qu’il s ‘agit de transformer en richesse réelle.
 
4.-Quatrièmement, l’important, pour éviter toute dérive  comme l’attestent les tensions sociales de plus en plus vives,  touchant toutes  les  régions du pays, est une mobilisation du front intérieur qui ne peut se faire que sur  la base  d’une vision stratégique réaliste à moyen et long terme , loin des utopies néfastes, se fondant sur un système d’information rénové, tenant compte tant d’un sacrifice partagé que  de la transformation du monde,   étant à l’ère de la mondialisation .La  réforme globale impliquant de profondes réformes structurelles, actuellement en berne du fait de ces conflits,   doit  être menée d’une manière maitrisée  avec pragmatisme.  Mais il ne peut y avoir un développement véritable dans le temps sans  rétablir la morale, si l’Algérie veut relever les  défis futurs. Comment un responsable peut-il avoir une autorité morale auprès de ses collaborateurs ou des citoyens lorsqu'il verse lui-même dans la délinquance, risquant de contaminer la société. Comme l'a souligné le grand sociologue Ibn Khaldoun, il y a de cela plusieurs siècles «lorsque le pouvoir est atteint d'immoralité, c'est la décadence de toute la société». Le redressement national est donc lié à la bonne gouvernance, à l'instauration d'un Etat de droit qui ne peut être possible que si l'Etat est droit et une véritable justice indépendante sans lesquels aucun développement fiable n'est possible. Les discours de mobilisation des responsables sont vains  s’il y a  défiance des citoyens. Je ne saurai attirer l'attention des pouvoirs publics algériens et il suffit de faire une enquête au niveau de toutes les wilayas du pays en ce mois d'aout 2013, ce n'est pas de la sinistrose, mais l'amère réalité, pour constater la très grave crise morale que traverse le pays, du divorce croissant entre l'Etat et les citoyens.  Sans rétablissement de la confiance, fondement  de toute crédibilité politique et de tout investissement inducteur, tous les segments de la société voulant leur part de rente et immédiatement, (suicide collectif)  le risque est une hyperinflation à terme,  l’épuisement des réserves de change horizon 2020, ( avec des incidences sur les  caisses de retraite)  et donc d'une très grave crise politique et sociale que l'on couvre actuellement  transitoirement par une redistribution passive de la rente des hydrocarbures. Car il existe un décalage important  entre les résultats mitigés  et les potentialités immenses que recèlent l’Algérie  afin de surmonter l’ensemble des difficultés pour peu que la morale l’emporte sur les intérêts étroits, conditionnée par une véritable démocratisation tenant  compte de notre anthropologie culturelle.

Dr Abderrahmane Mebtoul Professeur des Universités, expert i
Samedi 31 Août 2013 - 11:22
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