REFLEXION

LA FRATERNITE ARABE A RUDE EPREUVE : Déboires d’un touriste mostaganémois en Jordanie



LA FRATERNITE ARABE A RUDE EPREUVE : Déboires d’un touriste mostaganémois en Jordanie
Finalement, la fraternité tant chantée et rassasiée au cours de ces sommets de l’unité et la fraternité qui se tiennent de capitale arabe à une autre, n’est qu’un leurre destiné à vendre à l’opinion internationale, une bonne image de façade des arabes qui s’aiment selon une façon bien arabe… ! Mr Benaïcha Mokhtar , Un touriste Mostaganémois, âgé d’une cinquantaine d’années, ingénieur d’état de fonction, a été fortement malmené par les frères Jordaniens qui lui ont fait subir un interrogatoire digne de la sinistre « SS » allemande, à la frontière syro-jordienne en finissant par le refouler, écoutons-le se confier au journal, à travers ce récit si dramatique… ! « En décidant, dans le cadre d’un récent voyage privé en Syrie, de saisir l’opportunité pour aller voir la capitale jordanienne, Amman, malheureusement mon rêve ne s’est point réalisé,car l’algérien que j’étais,demeure indésirable et trop suspect au pays d’Al Zarquaoui….En empruntant le poste frontalier jordanien d’Ar Ramtha,j’étais loin de me douter que j’allais me retrouver face à un check point des plus dignes du cordon sécuritaire de fer, ,érigé autour de l’Etat hébreu pour le protéger par des arabes,contre les arabes ,jugés d’intrus . Pourtant, avant de me lancer dans ce voyage,je n’ai rien laissé au hasard ,j’avais presque étudié la question sur toute sa latitude ,avant de décider d’entreprendre cette virée vers la Jordanie,qui me fascinait à travers tant de documents féeriques que la chaîne satellitaire du pays diffuse de temps à autre,hélas,ce voyage n’a pu finalement avoir lieu pour des raisons que j’ignore encore à ce jour. En effet, j’avais pris la précaution de téléphoner à l’ambassade jordanienne à Alger pour m’informer sur les formalités d’obtention du visa. En réponse, il m’a été fait savoir que juste une réservation dans un hotel, suffisait, sinon, il faut le faire, une fois, aux frontières syro jordaniennes .Ne pouvant nullement le faire, puisque j’habite à Mostaganem, qui reste si loin d’Alger, j’ai opté pour la seconde solution, ayant déjà été rassuré par les forums sur l’Internet, par les témoignages fort élogieux d’Européens,qui ont obtenu le visa aux frontières, et très enchantés par un accueil si hospitalier des frères Jordaniens. A Damas, j’ai passé la nuit, et le lendemain, j’ai pris tôt le matin, un bus vers la frontière syrienne de Dar’a, située à quelques 100 kilomètres au sud. De là, j’ai pris ensuite un taxi pour rejoindre la ville jordanienne d’Ar Ramtha distante d’environ 17 kilomètres. Au poste frontalier de Dar’a du coté syrien, tout s’est bien passé, il m’a suffi juste un quart d’heure pour les formalités administratives de sortie du territoire syrien, avec des sourires. Par contre, au poste jordanien, j’ai tant de peine à croire ce qui venait de m’arriver, je n’ai pas vraiment eu à me plaindre : 3 bonnes heures, par un jour des plus chauds, passées entre une fouille minutieuse des plus méticuleuses et un interrogatoire des plus sévères et fortement outrageant et enfin un refoulement pur et simple sans la moindre petite explication, alors que je me payais une bonne allure d’Algérien sans le moindre soupçon. Tout au début et ayant conscience que je me trouvais pratiquement à un jet de pierre de l’état sioniste qui dictait des mesures sévères pour le contrôle des frontières à ses voisins arabes qui se plient a ses volontés, j’ai pensé que la suspicion avec laquelle j’étais traité, relevait simplement de la procédure normale pour l’obtention du visa d’entrée dans ce pays, proche de l’Etat juif. Au fil des minutes qui se succédaient difficilement, je me suis rendu finalement compte que j’étais le seul à avoir suscité un vif intérêt chez les « frères jordaniens » qui m’ont tant malmené, ce jour là. Pour se faire une idée sur « l’honneur » qui m’a été réservé,il fallait voir ces autres Européens qui ont franchi la frontière sans trop attendre et à qui la bienvenue a été souhaitée avec tant de courbatures,alors que moi,j’étais le très mal venu….Les choses sérieuses ont commencé d’abord par cette fouille corporelle fort intimidante,j’étais obligé de vider toutes mes poches et tout ce quelles contenaient a été passé au peigne fin. Mon cabas n’a pu échapper également à la fouille, il a été vidé d’un coup et tous mes effets vestimentaires ont été étalés sur une table et fouillés par des mains expertes, l’un après l’autre. Ce qui a attiré le plus les fonctionnaires de la nouvelle « Gestapo » arabe, ce sont des cartes touristiques, une boussole, mon appareil photo, mon téléphone portable et un quotidien national en langue française. J’ai dû tout expliquer à mes « frères arabes », allant jusqu'à l’explication de la nécessité élémentaire de disposer de cette boussole qui les a tant intrigué et qui est si utile pour la lecture correcte d’une carte touristique. Quant au journal en langue française, j’ai eu le droit à cette remarque inamicale « Vous êtes alors un français ? »,une expression qui ne prêtait guère à rire et qui faisait si mal parce qu’elle émanait d’arabes censés être frères et connaître bien l’Algérie. J’ai choisi d’observer le silence face à cette provocation gratuite. D’autres idées toutes faites se sont suivies à la vue de mon passeport algérien, telle que cette question « Comment est la situation sécuritaire dans votre pays », qui m’a été posé par l’agent chargé de faire mon interrogatoire, il a eu le culot de me contrarier sans la moindre preuve, lorsque je lui ai répondu que le pays va à merveille et se porte magnifiquement. Pour le reste, le questionnaire a porté sur toute ma vie privée,tout y passait ,ma situation matrimoniale,l’état civil de mes parents,mon adresse personnelle,mon numéro de portable, mes études avec les lieux et les dates,le service national,les emplois que j’ai occupés,les pays étrangers que j’ai visités,les déplacements éventuels que j’aurai pu effectués en Afghanistan ou au Pakistan. Une fois, l’interrogatoire et la fouille terminés et se rendant finalement compte que l’homme qui était à leur merci ce jour là, n’etait ni de la trempe de leur sinistre compatriote Al Zarquaoui, un meurtrier sans cœur et sans raison. Ils ont décidé enfin de me libérer, mais avec toujours la même « bonne manière » réservée aux « frères arabes ». Visiblement déçus d’être tombés sur un touriste algérien qui n’avait rien à se reprocher, ils ne m’ont plus adressé la moindre parole après. Même pas un petit mot d’excuse pour me consoler et me faire croire encore à l’existence de la fraternité arabe qui peut se tromper dès fois, ou pour cet « accueil des plus chaleureux « avec son traitement exceptionnel et si fraternel qui m’a été réservé, ni même un petit « merci » pour les précieuses informations collectées sur ma personne qu’ils vont transmettre à leur maître. Encore moins un petit mot courtois pour m’expliquer les raisons qui ont motivé leur décision de me refouler. Ils ont juste chargé un clandestin, à leurs frais de me reconduire et de me déposer au poste syrien d’où je suis venu. Malheureusement pour moi,la légendaire hospitalité bédouine du pays de « Septembre noir » n’était pas au rendez-vous, ce jour là ,hélas,elle fera partie d’un mythe qui vient de se faire bousculer .Le quinquagénaire que je suis a eu en fin de parcours moins de chance et moins de considération que les autres quinquagénaires palestiniens d’El Qods,qui eux,au vu de leur âge respectable, sont quand même autorisés par leur occupant sioniste à fréquenter la mosquée d’El Aqsa pour les prières du vendredi . En conclusion ,je dois dire que je comprends parfaitement et trouve tout à fait normal, qu’en matière de visa,tout pays est souverain et de ce fait,il peut le refuser à tout touriste qui se pointe à ses frontières, pour toute raison objective et concrète . Cependant,je dois en même temps souligner qu’il est pour le moins inadmissible et honteux qu’en tant que touriste au dessus de tout reproche, je sois devenu, en l’espace de quelques minutes seulement et d’un poste frontalier arabe à un autre,voisin,subitement et sans la moindre raison ( ou juste pour le seul fait d’avoir un passeport algérien ?),un dangereux suspect a isoler et a soumettre à un traitement humiliant. Les frères jordaniens se sont bien rendus compte que je n’étais qu’un simple touriste « frère et arabe « sans histoires,qui n’a même pas eu droit à une petite expression d’excuse,car aucun algérien,à ce jour,n’a songé à troubler la paix et la quiétude de ce petit et joli royaume frère , et j’ai encore en tête cette magnifique phrase,qui m’a été dite,par un frère syrien à qui j’ai conté mes déboires de touriste arabe en terre jordanienne,bien arabe encore,une phrase de tant de clarté se passant de tout commentaire sur la fraternité arabe qui se perd de pays en pays et ne s’observe presque pas : « Ecoute,mon frère,un pays est avant tout grand par la grandeur de son peuple qui tient à ses principes…Pas pour tant d’ autres banalités… !

L. Ammar
Jeudi 11 Novembre 2010 - 00:01
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MOSTAGANEM
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