REFLEXION

LA CHRONIQUE : Daesh, le fils caché du capitalisme moderne

On se croirait dans un film d'horreur. L'un de ceux qui alimentent les recettes du cinéma mondial. Les trophées de leurs victimes exhibées, les mises à mort soigneusement scénarisées, les tortures, les décapitations, toutes les atrocités diffusées dans les vidéos de l'entité nébuleuse qu'on appelle Daesh, nous semblent toujours abominables et cruels.



Des actes de sauvagerie surgis de temps obscurs pour les uns, des attentats inspirés par des lectures fanatiques de la religion pour d'autres et des fausses mises en scène conspirationnistes pour une majorité de l'opinion publique : pour tout un chacun, il semble admis que ces crimes sont le fait d'Autres que nous, des individus qu'on peinerait à voir comme des êtres humains : au mieux des psychopathes du couteau, au pire des démons qui auraient trouvé refuge dans le coeur le plus sombre des tueurs de l'Asie Mineure, une catastrophe annonçant la fin de la civilisation, Gog et Magog. Et pourtant, toutes ces images ne nous sont pas si étrangères. Qu'on ne s'y trompe pas, l'horreur est belle et bien une politique de l'image, une manipulation des esprits destinée à soumettre ses ennemis à l'inéluctable horizon d'un monde où le sang abreuvera les sillons, où les demeures seront bâtis sur des charniers et dans lequel l'enfance se terrera dans l'oubli. Un monde de peur dans lequel tous se soumettront à la loi d'airain de la force impitoyable, telle est la puissance de cette diabolique politique de l'image. Mais d'où vient-elle ? Qui peut l'avoir conçu ? Certainement pas les cultures traditionnalistes du monde arabe d’où surgissent bon nombre des ombres apocalyptiques qui planent au Moyen-Orient. Ni le langage visuel, ni le savoir-faire terroriste des agissements démentiels de Daesh ne correspondent aux codes culturels des pays arabes, ou plus largements des pays musulmans. C'est tout le problème, celui précisément que nous ne voulons pas voir. Cette violence qui peut nous sembler gratuite, absurde, voire fictive, n'est que la matérialisation physique d'un univers mental qui est le nôtre, celui de la culture de masse médiatique alimentée en permanence par la production américaine de block busters hollywoodiens et depuis 15 ans, par la montée en puissance des séries US qui ont conquis un public planétaire. Une culture psychologique de masse, hyper-violente, dans laquelle ont baigné sans exception tous les jeunes partis grossir les rangs de Daesh. Pas une journée ne passe sans que l'hémoglobine nous assaille, nous étouffe et profane nos esprits curieux, en quête d'un divertissement qui nous libère de l'ennui, d'une pause de l'esprit. Mal nous en prend puisque les écrans qui désormais nous possèdent, ont autre chose à nous offrir. Les séries à succès nous l'enseignent : la violence est le dernier stimulant actif d'une société mise à l'écart de l'histoire, l'ultime adrénaline d'une humanité décadente, uniforme, dont on vante le multiculturalisme mais qui n'a jamais été plus homogène qu'aujourd'hui.

Fouad Bahri
Samedi 18 Juillet 2015 - 18:07
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ACTUALITÉ
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