REFLEXION

L’inversion des solidarités générationnelles



A l’approche du mois de ramadhan les associations caritatives sont en plein effervescence pour être au rendez vous de ce mois de piété. Certaines ont peur de ne pouvoir assurer cette mission si élémentaire, et les démunis attendent d’elles, cet ultime geste de dignité et de solidarité… Imagine-t-on la signification exacte de ces simples mots, alors que nous sommes au XXIème siècle pour prendre la mesure de l’ampleur de cette réalité, qui assigne à toute la collectivité autre chose que de la compassion en ce mois de jeune. Chaque année, c’est le même rituel et la mission de ces associations devient de plus en plus difficile pour décrire toute la détresse des familles qui attendent ce geste de compassions. Dans l’échelle de l’horreur sociale, chaque année, il semble que l’Algérie a franchi un échelon dramatique, au vu de la souffrance qui s’est transformée en détresse pour ces nombreuses familles qui ne peuvent subvenir aux besoins de leurs progénitures, et c’est la République, avec son idéal originel d’égalité, qui vacille sous les assauts de la grande pauvreté. Pour des millions de citoyens algériens, broyés sous le pouvoir d’achat et la cherté, les conditions de vie ont atteint un tel degré de désolation sociale que les actes élémentaires de la vie se sont transformés en survie. Des familles entières vivent en marge d’une société qui a perdu ses repères et ses valeurs, devenant aveugle et sourde aux cris assourdissants de ces familles. Aussi longtemps qu’il faudra l’écrire, avec au bout des mots cette urgence révoltée plus légitime que jamais, nous rappelle les difficultés d’hier, mais qu’on pouvait jadis « apaiser », aujourd’hui elles ont changé d’intensité. Ce sont dorénavant des drames quotidiens qui se nouent dans les ventres et dans les têtes, ruinent et épuisent le quotidien, effacent et obscurcissent l’horizon, et ce n’est pas les quelques aides ou dons à l’occasion du mois de ramadhan qui changeront quoi que se soit. Car la misère, a des racines si profondes qu’elles labourent les entrailles de la société et ceci n’est pas un fantasme né dans l’esprit de défaitistes à l’âme sombre. Aujourd’hui, c’est le chacun-pour-soi, alors que les laissés pour compte additionnent les injustices, et que beaucoup d’entre nous ne soupçonnent même pas. Dans l’ordre des décomptes macabres, l’Algérie a déjà franchi le seuil de la pauvreté et notre société est devenue celle des individus », vendus au commerce et à la concurrence de l’exclusion organisée. Chômage, Précarité Anéantissement des structures familiales. Inversion des solidarités générationnelles… « La pauvreté est comme une grande lumière au fond du cœur », écrivait Rilke. Cette lumière, si elle existe vraiment, elle doit réveiller toutes les consciences, et toutes les forces collectives, avant que ce ne soit trop tard.

Benyahia Abdelkader
Mercredi 20 Juillet 2011 - 09:18
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CHRONIQUE
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