REFLEXION

L’été algérien : Le fruit d’une révolution de 130 ans

5 JUILLET 62 - 5 JUILLET 2012 : CINQUANTIEME ANNIVERSAIRE DE L’INDEPENDANCE

Le 5 juillet est la fête de l’indépendance de l’Algérie, et une journée particulière en soi qui revient tous les ans pour nous rappeler notre liberté acquise au prix du sang et ce grâce au sacrifice des hommes et des femmes morts pour la patrie. Une raison qui fait que ce cinquantième anniversaire est d’autant plus important pour le peuple de par sa portée nationale et universelle.



L’été algérien : Le fruit d’une révolution de 130 ans
Cette année, la  commémoration du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, peut être considérée comme une double date, car elle est l’aboutissement de la lutte de tout un peuple et la fin de celle de l'absolutisme, de l’asservissement et de l’exploitation des algériens par les français. Dans tous les grands évènements de l’histoire, les révolutions exigent des sacrifices et bien des douleurs aussi il ne faut pas oublier que, derrière ce 5 juillet, c’est la victoire de l’ère de l’Algérie nouvelle sur le colonialisme.

Le 5 juillet a été l’accomplissement  du rêve de l’unité nationale
Cette journée est la consécration de l’unité qui a donné au peuple algérien une prise de conscience et s’est révélée être l’âme de cette nation si jeune et si pleine de promesses.  Aussi, à ceux qui ne connaissent pas le prix de cette victoire remportée sur une puissance occidentale nous leur demandons de revisiter le passé, pour se rappeler aux souvenirs au nom des martyrs et leur dire de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer, afin qu’elle devienne le symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de l’Algérie et de tous les citoyens algériens, qui se doivent de communier tous ensemble à l’occasion de cette journée mémorable. C’est en ce jour, qu’a été enfin accompli le rêve de l’unité nationale, et l’aboutissement de la liberté par les efforts de tant de générations et de tant de grands hommes, auxquels la postérité garde un souvenir reconnaissant. Nous pouvons dire que cette journée s’est  construite sur le souvenir et la signification de deux évènements révolutionnaires très importants qui placent le peuple au cœur de l'action, à la fois acteur et objet, sujet et finalité à savoir mai 1945 et novembre 54, qui font de la mémoire collective autour du 5 juillet, l’unanimité pour se féliciter de  la révolution qui se place au rang  d'évènement fondateur de la nation pour recevoir cette singularité mémorielle au nom de tous les hommes, qui sont tombés au champ d’honneur. Le 5 juillet n’est que la finalité d’une lutte acharnée qui a été à la base de l’émergence des hommes de cette jeune nation,  et qui occupent une place particulière dans la mémoire populaire qui contribue à la nature même de l'évènement et à son interprétation. Exploitation, expropriation, prison, camp de concentration, torture, massacre exécutions sommaires, injustices, pour se rappeler tous les lieux des supplices les moins avouables dont auraient été victimes des condamnés non identifiables tant en nombre qu'en nom, mouroir sans retour possible vers la société des hommes durant les 132 ans d’occupation. Tout un symbole de la tyrannie, et la liste est longue, sans oublier la destruction des fondements identitaires de tout un peuple qui l’on finalement poussé à la révolte. La révolution menée par des hommes d’une rare probité a connu une double réussite, à savoir un objectif l’indépendance de l’Algérie, l’autre une certaine postérité pour nos martyrs.  La Révolution a enfanté la victoire qui apparaît comme une évidence et a été comme un repère pour le peuple, en offrant d’autres dates qui toutes soulèvent le débat et dont la conception partisane ne peut servir de point de ralliement à la nation toute entière mais permet une commémoration nationale autour de la naissance de la jeune république algérienne et le 5 juillet s'impose plus que jamais dans une diversité de possibilités et dans un élan unificateur fixé dans les mémoires collectives.

Le 5 juillet a succédé  à novembre 54 et marqué le lien de deux dates qui ne peuvent se dissocier
Le 5 juillet remplit nombre de critères imposés : il s'agit bien d'une journée d'intervention du peuple dans le cadre de son émancipation, et de la liberté conquise et c’est une journée où le  peuple devient acteur de sa propre histoire.
La victoire du peuple algérien n'est-elle pas à trouver dans la double signification de cette  date, sur ce point l’on devrait se rejoindre pour mieux apprécier cette victoire. Le 5 juillet a succédé  à novembre 54 et marque le lien de deux dates qui ne peuvent se dissocier  car cette date  se suffit à elle-même comme valorisation d’un peuple héroïque sans manquer de porter en lui les travers des autres dates, qui sont non moins importantes pour lui.  Les opportunistes quant à eux trouveront toujours le moyen de s’emparer d'une autre date particulièrement adaptée à leur démarche, rejoignant les rangs des nostalgiques de l’Algérie Française, oubliant que le peuple n'a pas d’autre appartenance que celle qu’il s’est tracé lui-même pour livrer la bataille de la vérité et celui de la construction de la République. Les autres dates, aussi importantes soient-elles  ne seraient que la suite logique d’évènements qui ont fusionné avec  l'effet du 5 juillet.
 En parler, c’est tout d’abord enseigner aux enfants la différence entre une célébration et une commémoration, que le « 5juillet » n’est pas seulement un rassemblement festif, mais que c’est avant tout un devoir de rappel collectif d’un jour historique pour la nation dans laquelle ils vivent. Avec le temps, on se sent souvent moins concerné par des évènements trop lointains. Pourtant, il est essentiel de rappeler ce que l’on doit aujourd’hui aux évènements de cette journée, les traces qu’il en reste dans la vie de tous les jours, pour ceux qui n’ont pas oublier malgré le demi-siècle consommé.
Ainsi, on apportera aux enfants des repères historiques, sociaux et civiques qui leur feront prendre conscience que les droits dont ils jouissent aujourd’hui ne vont pas de soi et qu’il faut les préserver. Aussi est-il important de se replacer dans le contexte historique de la révolution qui fut le rendez vous décisif et le symbole du passage à la lutte armée, car à compter de cette date se développera  dans les régions la fièvre de la liberté sous l’égide du FLN. A partir des insurrections, des résistances et des révoltes jusqu’à l’aboutissement de 1954, en passant par le cessez le feu, les accords d'Évian, et ce, malgré le rejet des activistes de l'OAS et malgré toutes les épreuves traversées, le peuple  sera au rendez du 3 juillet 1962 pour dire oui en masse à l'autodétermination et ce, grâce au sacrifice de plus de 1 500 000 Chahid.

Le 5 juillet  une date qui doit être prise pour le flambeau eternel qui illumine de tous ses feux l’Algérie
Pour se rappeler, tout ce qu’a subi le peuple, il ne faut pas s’attendre, à ce que des historiens Français rendent compte des massacres dans les douars et les hameaux dont 8000 rasés de la carte par la France coloniale durant les 132 ans,  et que ces chiffres correspondent peut être davantage au nombre de morts enregistrés dans les villes, les villages, les douars et les dechrates de l’Algérie profonde où les Algériens étaient en effet recensés et inscrits à l'état civil depuis 1881. On peut toutefois observer que des tableaux statistiques recensant toutes les populations d'Algérie, jusque dans le moindre douar, existaient depuis au moins 1884 et que l'état-civil existait pour les musulmans, dans les communes de plein exercice et dans les communes mixtes, c'est-à-dire sur le territoire entier de l'Algérie bien avant 1881 c’est la raison pour laquelle que ces historiens n’ont jamais pris compte de l’ampleur des sacrifices et du nombre de Chahid morts pour la patrie et ce, à partir de 1830, quant au nombre de disparus il n'a jamais été connu. Certains ayant été exécutés et ensevelis dans des fosses communes clandestines ou dans des stades municipaux.  Aujourd’hui, cela donne tout son sens à l’indépendance, malgré que notre socialisation se faufile entre les fourches caudines de la mémoire sélective pour certains, du fait que cette sélection est une donnée constante du processus d’hominisation. Raison qui fait qu’il ne faut pas avoir peur  de l’écrasante obligation de vérité, pour revenir à tous ces  lieux historiques nationaux et témoins de toutes les dates commémoratives. Ceux-ci mettent en valeur une partie importante de l'histoire et de la culture de tout un peuple. Certains lieux vous racontent les batailles importantes qui se sont déroulées D’autres témoignent des hommes qu’ils auront abrité, d’où la préservation de la  mémoire telle qu’elle et qui doit être représentée pour les générations, afin de la raconter à qui veut l’entendre de par son importance et avoir l’insigne honneur de savoir que nos contrées ont été le théâtre de nombreuses épopées qui sont l’essence même de novembre qui a fait la fierté du peuple algérien et de l’indépendance du pays, le 5 juillet est une date qui doit être prise pour le flambeau eternel qui illumine de tous ses feux l’Algérie afin que certains se souviennent encore de ces hommes qui ont fait novembre 1954, d’où la valeur des combats, du souvenir et de la mémoire qui demeurent présents plus que jamais dans la mémoire collective du peuple, en ce cinquantième anniversaire..

Benyahia Aek
Jeudi 5 Juillet 2012 - 11:33
Lu 560 fois
A LA UNE
               Partager Partager


1.Posté par Ghodbane3labladi le 05/07/2012 22:08
Décolonisation française, belge, anglaise EN GROS ! Niger 3 août 1960, Sénégal 1960, Togo 1960, Côte d' Ivoire 1960, Haute Volta 1960, Dahomey (Bénin) 1960, République Centrafricaine 1960, Madagascar 1960, Cameroun 1960, Tchad 1960, Mauritanie 1960, Mali 1959, Rwanda 1962 Cameroun britannique 1961, Tanzanie 1961, Sierra Léone 1961, Zaïre (Congo Belge) 1960, etc. Pourquoi ? " Ainsi, avec d'autres raisons plus politiques, la croissance rapide de la population (dans les colonies) rendait nécessaire, au premier chef, la décolonisation." Alfred Sauvy, démographe.

2.Posté par Ghodbane3labladi le 05/07/2012 22:19
http://www.google.dz/url?sa=t&rct=j&q=raymond%20aron&source=web&cd=12&ved=0CE4QtwIwATgK&url=http%3A%2F%2Fwww.ina.fr%2Fart-et-culture%2Flitterature%2Fvideo%2FI00018821%2Fraymond-aron-a-propos-de-la-guerre-d-algerie.fr.html&ei=XQT2T4_YMcOS-waVnoTxBg&usg=AFQjCNGZR1juKXq0nboxECcJWimb4rCdsA

3.Posté par Ghodbane3labladi le 05/07/2012 23:01
l’autonomie algérienne est devenue souhaitable en elle-même, abstraction faite des événéments. L’entrée libre des travailleurs en France pose dès maintenant et posera bientôt davantage un problème grave. De 60 000 en 1945, les travailleurs algériens en France sont passés à 333 000 en 1956. L’augmentation des classes d’âge français à partir de 1960 ne prouve pas que nous n’aurons pas de travail à donner aux Algériens. Mais l’écart qui subsisera fatalement entre les niveaux de vie des deux côtés de la méditerranée risque de provoquer une immigration algérienne qui, non conrôlée, susciterait dès les premiers symptômes de chômage, même limité, des réactions violentes de l’opinion. Entre pays de niveaux de vie très différents, la circulation des travailleurs ne doit pas être entièrement libre, surtout s’il s’agit de populations de religion et de moeurs différentes.
Le transfert, en Algérie, de notre système scolaire primaire et secondaire est absurde. Il retarde la scolarisation des enfants, réduit le nombre de ceux qui reçoivent un enseignement secondaire. Il serait plus facile d’apprendre aux petits Algériens à lire en arabe et non en français. Leur demander, à l’âge de onze ou douze ans de passer l’examen de sixième en concurrence avec les petits Français, est, sous apparence d’égalié, une véritable injustice. Il faut créer un système d’enseignement fait pour la masse des Algériens et non pour les Français d’Algérie et la minorité algérienne capable de se mêler à ces derniers.
Ainsi, qu’il s’agisse de grands travaux, de scolarisation, de législation sociale, l’Algérie doit être soumise à un autre régime que la France. Pour une part, les mesures indispensables ne peuvent être prises que par des gouvernants algériens.
Ce n’est pas la rébellion, ce sont d’abord les faits qui contraignent à reconnaître une natitonalié algérienne. Ce n’est pas par hasard que M. Boverat s’exprime en ces termes :’ Si l’on ne veut pas condamner la France à ne maintenir bientôt sa présence en Afrique que par les armes, il faut accepter – pour des raisons démographiques – la transformation rapide de l’Union Française en une fédération de territoires dont l’autonomie sera proportionnée à leurs capacités politiques et économiques. C’est la meilleure et même la seule manière de garder pour nos industries des débouchés importants. Ils auront d’autant plus de chances d’être conservés que les populations intéressées auront moins à lutter pour obtenir leur autonomie. Plus le sang coulera et plus notre clientèle future se réduira’.
Supposons que la France reconnaisse le droit de l’Algérie à l’indépendance. Supposons même que l’Algérie soit demain indépendante. Elle aura besoin d’acheter et de vendre. Elle aura plus de peine à trouver des marchés de remplacement pour ses exportations que la France pour les siennes. Nul ne peut dire avec certitude si et dans quelle mesure les liens économiques se maintiendraient entre une Algérie indépendante et la France. Nul ne peut évaluer avec certitude le coût et les souffrances de la conversion. Mais considérer comme une source de richesse indispensable à la métropole des départements dont la population double en trente ans et où nous investissons des capitaux dont le rendement serait plus élevé dans la métropole, est une étrange aberration.
La découverte du pétrole au Sahara change toutes les perspectives ? Admirable vertu des chiffres ingnorés ! Admettons que les richesses en pétrole du Sahara soient aussi considérables qu’on le dit. On aurait tort d’imaginer que les profits du pétrole suffiront à résoudre le problème économique d’une population en croissance rapide. Le pétrole ouvre à l’Algérie des perspectives pour la première fois non espérées , il ne transforme pas, par un coup de baguette magique les ingrates réalités du sous-développement.” Raymond Aron, La Tragédie Algérienne, Plon, 1957.
Répondre

4.Posté par Ghodbane3labladi le 05/07/2012 23:03

“Dans les pays colonisés, la domination absolue a fait place, après la seconde guerre mondiale, à la domination relative. Il fallait désormais s’occuper des populations soumises, leur donner des écoles, des hôpitaux, etc. D’où la peur des puissances coloniales vis-à-vis de l’accroissement du nombre des naissances.
Mais il ne pouvait guère être question de favoriser la prévention des naissances. ‘Non contents de nous opprimer, auraient dit les Algériens, ou les Marocains, ou les Tunisiens, les Français attentent à notre vitalité, à notre race.’ Et les grands mots de “génocide” ou de “guerre biologique” n’auraient pas manqué d’être prononcés, notamment dans les tribunes internationales. Toutes les autoriés morales, religieuses, se seraient insurgées contre cet “attentat” à la vie-même d’un peuple.
Ainsi, avec d’autres raisons plus politiques, la croissance rapide de la population rendait nécessaire, au premier chef, la décolonisaion.”
Alfred Sauvy, Malhtus et les Deux Marx.
Répondre

5.Posté par Ghodbane3labladi le 05/07/2012 23:09
Je me suis permis de faire du copier-coller car ce sont des commentaires que j'ai postés moi-même sur un autre forum. Mes excuses à Réflexion.

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 05-12-2016.pdf
3.51 Mo - 05/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+