REFLEXION

L’assassin Bigeard meurt impuni



Celui qui prétendait n’avoir aucune relation avec l’assassinat de Larbi Benmhidi s’est éteint hier matin dans villa à Toul, près de Nancy, parmi les siens à l’âge de 94 ans.
Incorporé comme deuxième classe dans le cadre du service militaire, il est libéré en 1938 avec le grade de caporal-chef. Mobilisé en 1939 avec le grade de sergent, il se retrouve prisonnier des Allemands en 1940 et sa troisième tentative d’évasion en 1941, après 18 mois de captivité, fut la bonne pour qu’il se retrouve dans la Résistance française à l’occupant nazi.
Ce général de corps d’armée, démobilisé en 1976, est le militaire le plus décoré de France. Pourquoi de telles distinctions à celui qui mordit la poussière à Dien Bien Phu et les Aurès ?
En Indochine, le petit caporal-chef devenu capitaine se distingua par sa fulgurante ascension par des faits d’armes dignes des plus grands génocidaires en créant des petits groupes commandos parmi les autochtones montant les communautés vietnamiennes les unes contre les autres.
Comble du malheur, c’est en Algérie au Club des Pins, qu’il reçut la formation de para commando. Et cette formation lui permit de passer directement au grade fictif de Chef de bataillon à la Direction générale des services spéciaux (DGSS). Sa formation et son « grade » lui servirent plus tard à brûler toutes les étapes de sa carrière. Aux services spéciaux français, on ne lésine avec les moyens et les plus criminels de guerre sont bien récompensés. Le petit caporal-chef se vit confier la traque des « fellagha » dans les djebels et les fidaïs dans les agglomérations et en particulier durant la bataille d’Alger. Les exécutions extrajudiciaires et la torture en complicité avec son complice de toujours vont bon train. Le criminel de guerre se distingua dans les Nememchas à la tête du 3ème BPC (Bataillon de Para Commandos) où il reçut une balle dans le thorax, à Annaba où il faillit laisser sa vie dans un attentat ce qui lui valut la Légion d’Honneur. Bien sûr qu’il opéra à travers tout l’Algérie comme à Saïda dès janvier 1959 où il balançait pour l’exemple les Moudjahidine capturés vivant à partir des hélicoptères ou avant cela l’Atlas Blidéen où il captura Taleb Abderrahmane. A ïn Sefra, il opéra dès août 1959, il opéra après que le Général de Gaulle lui confia en personne la mission de pacification de cette zone sensible situé entre à cheval entre le Tell et le Sahara et en même près des frontières algéro-marocaines en plus de la population entièrement à la cause nationale.Ali La Pointe, Yacef Saädi, Hassiba Benbouali et bien d’autres nationalistes ont subi les affres de la torture du sinistre général qui fut cité dans « L’ennemi intime » de Paul Aussaresses.
Champion des guerres coloniales, de l’Algérie il partit servir en 1963 en République Centrafricaine, puis Commandant des Forces Terrestres à Dakar au Sénégal en 1968. En 1 971, il est chef des forces de l’Océan Indien à Tananarive, capitale de Madagascar. Le comble, c’est ces trois pays africains étaient bel et bien indépendants depuis 1960. Le général Bigeard, avant de démissionner des rangs de l’armée française fut nommé secrétaire d’Etat à la Défense en 1975 d’où il présenta sa démission en 1976 et termina comme député de Meurthe et Moselle entre 1978 et 1981 pour décès du candidat UDF. Pour l’anecdote, comme les Français n’ont jamais gagné de guerre, c’est aussi que l’on nomme dans les défaites et c’est ainsi que Bigeard fut promu au grade de lieutenant-colonel en pleine déroute à Dien Bien Phu où il fut capturé. A nos députés qui s’acharnent à faire passer la loi condamnant le colonialisme, le criminel de guerre et génocidaire Bigeard vient de faire un pied de nez. Y a-t-il nécessité et utilité pour l’Algérie du Tribunal Pénal International ? Pourquoi les génocidaires serbes répondent de leurs crimes pendant que les généraux français se la coulent douce en écrivant leurs mémoires avouant en toute impunité leurs méfaits. Le général Aussaresses a reconnu noir et avec « son et lumière » qu’il a pendu Larbi Benmhidi. Faut-il faire un dessin à nos gouvernants ? Les assassins courent toujours dans l’impunité la plus totale pendant que l’on pérore en Algérie sur une loi qui ne verra peut-être jamais le jour.

Yacine
Samedi 19 Juin 2010 - 10:44
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