REFLEXION

L’arbre qui cache mal la forêt !

LE SERVICE DE CONTROLE EN ALGERIE

Le contrôle. Voilà l’autre fonction des pouvoirs publics dont on parle souvent et énormément. Qu’on souhaiterait efficace, et à propos de laquelle on fustige l’Etat absent.



Depuis longtemps, la filière inspection et contrôle est restée convoitée, et on imagine facilement pourquoi. Ceux qui en ont la mission se cachent derrière les conditions difficiles de son exercice. Les conditions qui la rendent inopé¬rante.
Le bilan d'activité des 48 wilayate de la République fait état de … 2.753 locaux commerciaux fermés durant le 1er semestre de l’année en cours. Au total, 303.301 interventions des services de contrôle ont été effectuées durant la période. 57.785 infractions ont été constatées et 49.999 procès-verbaux de poursuites judiciaires ont été dressés à l’encontre des contrevenants. Dernière remarque d’une importance non moindre, tous ces chiffres sont en deçà des performances du contrôle opéré durant la même période, une année auparavant. Ramenées au mois ou au jour ouvrable, et à l’espace de l’informel qui nous submerge, de telles statistiques demeurent insignifiantes aux yeux du citoyen lambda que nous sommes. Loin de l’évidence du terrain, les chiffres suscitent rire et interrogations multiples. Tant la fraude et le faux nous mène tous par la barbichette. A quel jeu s'adonne-t-on ? Qui n’a pas remarqué que les commerçants sont informés de la sortie des contrôleurs avant même que ces derniers ne quittent leur bureau ? Qui ne sait pas que le contrôle ne s’opère que durant les jours ouvrables, et pas au-delà des horaires administratifs ? Qui n’a pas encore remarqué que le contrôle ne concerne pas les marchands de l’informel ? Il y a de tout. La fraude, le laxisme, la tricherie, l’incompétence, la connivence, la mauvaise ou l’absence de volonté, la dérobade de la responsabilité, la ruse, la corruption, la complicité, le défaut de moyens humains… Dans la filière chacun y trouve son compte. Hormis le dindon de la farce qui gueule, maugrée, maudit l’Etat, et paye le prix fort. De sa poche ou de sa santé. A l’instar des autres métiers nobles, mais malheureusement clochardisés, l’excuse de la rémunération dérisoire a ouvert le droit à joindre les deux bouts. Par tous les moyens. L’inspecteur de contrôle n’est pas un ange. Lui aussi a des aspirations aussi ambitieuses que son voisin ou son ancien camarade de classe. L’efficacité rime forcément avec la motivation. Aussi angélique soit-il, l'en¬gouement que manifes¬te l’inspecteur dans l'accomplissement de sa tâche s'amenuise au fil des ans sans, bien sûr écarter le risque d'être embarqué dans la galère de la corruption. Des inspecteurs de contrôle achetables, parfois pour des som¬mes modestes, ont existé et existeront toujours. Dans le tas, l’ivraie reste toujours majoritaire. Et de loin. L’éthique de la profession ne se cuit pas dans la marmite des enfants.

M.O.T
Mardi 27 Septembre 2011 - 22:07
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ACTUALITÉ
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