REFLEXION

L’ami américain



L’ami américain
Dès le début de la révolution libyenne, le journaliste Matthew VanDyke a quitté Baltimore pour se battre aux côtés des rebelles. Capturé, évadé, reparti au combat, il vient de rentrer chez lui. « Victoire » a crié Matthew VanDyke en débarquant à l’aéroport Washington International Marshall à Baltimore le 5 novembre. Amaigri et barbu, le front ceint d’un foulard, il porte encore son treillis de combat et brandit de sa main droite le nouveau drapeau libyen, celui de l’après Kadhafi. En février dernier, ce journaliste indépendant de 32 ans a tout laissé derrière lui pour partir en Libye. « Je vais recueillir de la documentation pour écrire un livre sur ce qui se passe là-bas » a-t-il dit à sa mère et à sa petite amie. Il leur mentait. Matthew ne partait pas pour observer mais pour combattre aux côtés des rebelles. « Ce n’est pas quelque chose que je pouvais leur avouer » confie-t-il au «Washington Post».Pourquoi le jeune reporter a-t-il décidé du jour au lendemain de devenir « un combattant de la liberté » ? Même huit mois plus tard, les motivations de Matthew VanDyke restent empreintes d’une surprenante naïveté. Quelques années plus tôt, il avait sillonné le Moyen-Orient et la Libye à mobylette, un voyage quasi-initiatique riche en amitiés de rencontre. Sa candeur a résisté à tout : à la réalité des combats et même à cinq mois d’emprisonnement dans la prison d’Abu Salim, à Tripoli. Quelques jours après son arrivée en Libye, le 13 mars, Matthew est arrêté au cours d’une patrouille de reconnaissance près de Brega avec trois rebelles dans un véhicule chargé d’armes. Aussitôt placé en détention, il se retrouve dans une cellule, « correctement traité », mais en isolement total.

« KADHAFI A ÉTÉ TUÉ, JE N’AI PLUS RIEN À FAIRE ICI »
Le 24 août, il profite d’un bombardement de l’Otan sur la prison d’Abou Salim pour s’évader avec quelques autres prisonniers. Il parvient à téléphoner à sa mère et à sa petite amie et les rassure sur son sort. Mais le soulagement des deux femmes est de courte durée. Matthew n’en a pas fini avec sa croisade : « Il fallait que je termine ce que j’avais commencé ». Toujours vêtu de son uniforme de prisonnier, émacié par les privations et subissant encore les séquelles psychologiques de la solitude, il refuse les offres de rapatriement et rejoint la brigade de l’Armée de Libération Nationale, Ali Hassan al-Jaber à Brega. Il combat à bord d’une jeep armée d’une vieille mitrailleuse russe 12,7 Douchka : « J’étais le tireur ».Il passe encore deux mois aux côtés des « soldats de la liberté » et participe à la prise de Syrte. Au correspondant du «Point» en Libye, il confie « Personne ne doit mourir. Même les cinglés de Kadhafi doivent pouvoir profiter de McDonald's et de toutes les autres bonnes choses qui vont venir une fois que la Libye sera libre. » Ce n’est qu’à la mort de Kadhafi, le 20 octobre 2011 que son "boulot" s’achève : « Kadhafi a été tué, je n’ai plus rien à faire ici ».

Ismain
Samedi 12 Novembre 2011 - 21:13
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ACTUALITÉ
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