REFLEXION

L’aide financière à l’habitat rural : De la fin des chaumières à la manne d’enrichissement… !

Attribuée, depuis les années 90, sous forme de financement de logements ruraux, afin d’éradiquer à jamais l’habitat précaire en améliorant les conditions d’accès à des maisons décentes au sein du milieu rural, cette bonne initiative gouvernementale, consistant en l’aide matérielle à la réalisation d’un logement rural, n’a pas pu être épargnée par des détournements multiples, opérés par les différents partenaires chargés de la mener à bon port, vers ses véritables bénéficières.



L’aide financière à l’habitat rural : De la fin des chaumières à la manne d’enrichissement… !
L’aide financière, des 120.000 aux 700.000 dinars, a bien fait l’affaire de tant de « sangsues » qui se sont bien sucrés sur le dos du pauvre bénéficiaire, qui en fin de tout compte, dispose d’une carcasse, qu’il doit bien se débrouiller pour la finir et la transformer en un logement décent… ! Ainsi, des centaines de logements ruraux ont été comptabilisés à travers des bilans chiffrés et transmis en haut lieu, pour finir par être fièrement lu en conseil du gouvernement, par un ministre qui se félicite d’avoir réalisé en un temps record, un tel exploit en matière de construction de logements à travers le monde rural, et parvenir à en finir avec les gourbis et les autres maisonnettes de « Toub », mais malheureusement, la réalité vécue au sein de nos douars où des dizaines de logements ruraux ont poussé, tels des champignons perdus à travers la vaste nature, sans la moindre piste d’accès, l’état de ces misérables et hideuses maisons rurales, livrées presque sans portes et sans fenêtres et sans la moindre finition, laisse énormément à désirer et tant de questions se posent, dont la plus importante demeure : ces maisons ont-elles été conçues, selon un plan architectural ou juste érigées selon les moyens disponibles de l’entrepreneur ? En premier lieu, ces « maisons » sont construites par des « entrepreneurs » qui ne disposent que d’un registre de commerce d’entreprise « tous corps d’état », d’aucun matériel et d’aucune qualification, mais dispose également de « très bonnes entrées « au sein des A.P.C qui choisissent les entrepreneurs pour entreprendre la constructions de ces « chaumières de luxe ». Les heureux artisans passent à l’action en recrutant des maçons et des manœuvres à la journée, qui parviennent au bout de l’habitation, au bout de quelques jours. Quant au contrôle technique de ces logements, il se fait souvent au sein des restaurants bien huppés de la côte mostaganémoise, où l’entrepreneur doit bien gâter l’agent qui est censé contrôler la construction et viser la situation des travaux effectués, l’artisan finit toujours par livrer le drôle de logement à temps en empochant la bagatelle de 700.000 dinars, mais, en ayant bien « graissé » les pattes à tant de charognards. La gestion de ces malheureuses aides financières demeurent encore sous l’entière responsabilité des maires pour son attribution aux personnes vivant au sein d’habitations précaires et surtout, dans l’incapacité de pouvoir réaliser de nouveaux logements décents, mais, hélas, ces « braves élus du bon peuple » ne parviennent toujours pas à définir le véritable nécessiteux, malgré les textes régissant et définissant les critères d’éligibilité à ces aides à l’habitat rural, cette aide continue d’être servie à tort et à travers, selon les convenances des responsables et de « l’arrangement » convenu avec son futur postulant… selon certaines indiscrétions, et surtout les avis de quelques personnes lésées n’ayant pu obtenir cette aide ; l’exigence de certains élus, va si loin, en demandant le plus normalement du monde, aux futurs bénéficiaires, le versement de 100.000 dinars avec le dépôt du dossier. En dernier lieu, cette aide si bénéfique à la résorption de l’habitat précaire, ne cesse de se faire cerner par tant d’hyènes qui s’entourent d’un cadavre, et dont chacun cherche à obtenir la plus grosse part, du responsable qui distribue au maçon qui en construit le logement. Quant aux conditions de son obtention, il suffit de connaître un élu et le « bien soigner », les pièces administratives ne restent qu’une simple formalité administrative à remplir, car des centaines de dossiers dorment au sein des tiroirs des A.P.C, sans pouvoir être satisfaits, pour des raisons fort évidentes, leurs auteurs ne connaissent pas le chemin qui y mène vers cette aubaine, ou ne disposent pas « des clés d’accès », alors, ils peuvent totalement répondre au profil des bénéficiaires par les textes, mais, tant qu’ils ne sachent répondre aux exigences de l’unique loi qui gère la distribution de ces aides et qui consiste a « graisser la patte » au bienfaiteur, avec un agneau bien gros et gras pour célébrer la fête de l’Aïd El Adha, quelques kilogrammes de miel pur, et bien sur quelques liasses de billets, à titre d’acomptes, tant qu’ils ne se plieront pas à cette règle devenue également, par la force des circonstances, une règle incontournable pour régler quoi que soit. Après son obtention, c’est encore l’A.P.C qui décide du choix de l’entrepreneur, après de drôles de soumission, où celui qui sait encore « bien gâter » est toujours le moins disant et l’unique chanceux qui rafle la mise en emportant de 05 à 06 aides financières pour réaliser les baraques attendues. Après leurs livraisons, c’est encore une autre partie de la course vers la fortune, qui est engagée surtout par « les pseudo bénéficiaires », pour vendre carrément ce logement rural, accaparé avec la complicité des uns, et le silence des autres. Que de logements ont été vendus, les uns pour devenir des commerces, les autres pour servir de secondes habitations pour les secondes épouses de quelques soirs, ils ont été vendus à des centaines de millions, et ont permis à leurs premiers bénéficiaires de se payer de luxueux véhicules ou de se lancer dans les affaires, en gagnant d’autres millions. Ainsi vont les deniers du trésor public vers des gens qui ne sont nullement dans le besoin, et qui s’approprient les biens des nécessiteux, sans rougir et sans la moindre honte, ces pratiques illégales continueront à sévir à travers les administrations publiques tant que l’état ferme ses yeux sur ces dépassements dangereux qui favorisent les nantis et excluent les déshérités et cette « Hogra » administrative qui continue de ne servir que ceux qui disposent de billets bien craquants et scintillants de loin.

L. Ammar
Samedi 24 Octobre 2009 - 22:20
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