REFLEXION

L’abstention, cauchemar du pouvoir algérien

Réformes, nouveaux partis, révision de la constitution… Pour former un parlement crédible aux législatives du 10 mai prochain, le pouvoir doit mobiliser des électeurs qui ne s’intéressent plus à la politique.



L’abstention, cauchemar du pouvoir algérien
Le spectre de l’abstention aux prochaines élections législatives semble inquiéter le pouvoir. Bien avant le lancement de la campagne électorale, le gouvernement multiplie ses recettes anti-boycott. Après les SMS, c’est l’ENTV et les mosquées, qui se lancent dans la mobilisation pour inciter les citoyens à voter. Les appels se multiplient ces derniers jours de la part des personnalités politiques et gouvernementales à leurs tête, le président Abdelaziz Bouteflika qui demandent au peuple algérien de se rendre aux urnes le 10 mai prochain, tout en branlant la menace de l’intervention étrangère ou du retour à la décennie noir. L’abstention électorale aux prochaines législatives, signe-t-elle une crise de confiance à l’égard du système politique ?

Bouteflika joue toutes les cartes
Le chef de l’Etat a appelé les citoyens à ’une forte mobilisation aux législatives du 10 mai prochain, qu’il qualifie d’élections pas comme les précédentes. Un scrutin que Bouteflika n’a pas manqué de comparer au «déclenchement de la Révolution de Novembre 1954» en raison des enjeux qu’il comporte dans un contexte international particulièrement sensible généré par  le printemps arabe.

 LE FFS REVIENT
Pour sa part le parti FFS rejette les critiques et met en avant la souveraineté de sa décision « La participation du FFS n’est ni une reddition ni un reniement ni une capitulation ». Et nul ne peut lui dénier ce droit à la décision souveraine. La présence du FFS y changera-t-elle quelque chose comme on le dit? Même si on veut y croire, la simple lecture de la lettre de son président et la longue liste de forfaitures dont il accuse le pouvoir, rend difficile, même le bénéfice du doute. Ce sont autant de raisons qui commandent la méfiance des gens, et leur refus d’être une bouée de sauvetage pour un régime qui les a toujours méprisés en leur refusant le droit à la dignité et à la justice.

L’ex-FIS sort de l’hibernation et appelle au boycott
Le Front islamique du salut (FIS) dissous appelle au boycott des élections législatives du 10 mai prochain. Dans un appel adressé au peuple algérien, l’ex FIS se prononce pour « un changement radical à travers l’abstention lors du prochain scrutin législatif. Le FIS dissous estime que « la légitimité du régime politique algérien est posée depuis les coups d’État contre le gouvernement provisoire de la République algérienne durant l’été 1962, et contre la volonté du peuple en 1992 ». Dans leur appel, les deux cheikhs dénoncent « les pressions et les menaces proférées par le régime contre les Algériens pour les obliger à aller voter massivement le 10 mai » et critiquent les réformes politiques du président Abdelaziz Bouteflika qu’ils considèrent superficielles et dictées par des considérations conjoncturelles dues aux révoltes arabes.

Les jeunes, « hors champ »
Des citoyens les plus déçus ou sceptiques, c’est spécialement le cas chez les jeunes. Beaucoup plus nombreux sont les abstentionnistes qui s’intéressent très peu à la politique, sont assez sceptiques sur ce qu’ils peuvent en attendre Ces gens appartiennent pour l’essentiel à des milieux populaires dont Les conditions de vie sont souvent pénibles et leurs difficultés quotidiennes les renforcent dans leur conviction qu’il n’y a pas grand-chose à attendre des hommes politiques, dont ils pensent qu’ils “parlent” beaucoup plus qu’ils “n’agissent” et que, pour se faire élire, ils multiplient des “promesses” qu’ils ne tiennent jamais. Les plus enclins à l’abstention sont ceux qui cumulent les incapacités sociales les plus diverses. Le chômage, la pauvreté, la précarité, la stagnation du pouvoir d’achat, l’absence de perspectives, la fatalité de l’échec scolaire, la dégradation des conditions de travail dans les emplois peu qualifiés, tout ce qui a contribué au durcissement des conditions de vie contribue à renforcer le scepticisme politique et l’abstention de catégories de population déjà prédisposées. Cependant avant de terminer ce travail nous nous devons de signaler que l’acte d’abstention pourrait subir l’interprétation de l’adage qui dit « qui ne dit mot consent ». A partir de là, il y a lieu d’assumer tout résultat non désiré.

Entre le oui et le non
Cependant, pour ceux qui comptaient sur le boycott pour faire fléchir le pouvoir, il va sans dire que le coup est rude et plus encore le défi de la situation. On est même porté à penser que sur le plan politique, les jeux sont vraisemblablement faits. Ne reste désormais que l’inconnue de la participation populaire à ces élections. Peut-être que la détresse du peuple se substituerait à l’action des politiques en exprimant une sanction exemplaire contre les urnes, Pourtant, l’abstention qui marque de façon de plus en plus frappante les scrutins constitue un comportement électoral révélateur d’une profonde crise de confiance. L’abstention est d’abord liée à un système qui a réformé ses procédures sans changer ses logiques de fonctionnement. Il en résulte un code électoral dissuasif, des résultats officiels suspects et une présomption de culpabilité en matière de fraude électorale. L’abstention est, ensuite, directement liée à l’offre politique. Son personnel, ses propositions et ses résultats conduisent les électeurs à se désintéresser sinon de la chose politique, tout au moins de la chose électorale. L’abstention est, enfin, la conséquence d’un électorat échaudé, découragé, c’est pourquoi  certains électeurs ne votent plus  « contre » des idées ou « contre » des personnes, ils s’abstiennent.

Riad
Samedi 24 Mars 2012 - 10:45
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