REFLEXION

L’absence de morale, danger pour la sécurité nationale, conduit au dépérissement de l’Etat


Les économistes et les politiques doivent repenser les liens entre l’éthique et le développement. Les différents dossiers relatés par la presse algérienne son d’une extrême gravité traduisant l’absence de morale. L’objet de cette contribution qui ne s’applique pas seulement à l’Algérie dans la mesure où la mauvaise gouvernance traduit la faiblesse de la morale qui sape tout processus de développement fiable.



L’absence de morale, danger pour la sécurité nationale,   conduit au dépérissement   de l’Etat
1.-L’ Algérie est en plein  syndrome hollandais
Comment ne pas  rappeler qu’après 50 années d’indépendance politique 98% des exportations relèvent des hydrocarbures à l’état brut et semi brut important presque tous les  dérivées  et important 7O-75% des besoins des ménages et des entreprises publiques et privées ?  Pourquoi Sonatrach disposant  en 2011  de plus de   2000 milliards de dinars, soit 26 milliards d’euros au cours de 2011   ne trouve pas de bons placements auprès du secteur bancaire public,  constituant, à eux seuls, la majorité  des surliquidités des banques publiques algériennes, où selon le rapport 2011 de la Banque d’Algérie,  le total des crédits à l’économie était de 3 727 milliards de dinars, les banques ayant 50 milliards de dollars de surliquidités qu’elles n’arrivent pas à transformer en capital productif, favorisant surtout les importateurs  mus par la rentabilité immédiate ? Autre paradoxe pourquoi l’Algérie  place ses réserves de change à  l’étranger à un taux   presque nul et demande du capital argent  étranger dans le cadre  de la règle 49-51% où ces pays utilisent leurs fonds souverains comme  certains pays du Golfe,  méthode  d’investissement plus bénéfique  que l’Algérie malheureusement  ne pratique pas ?
 2.- Absence de morale, rente  et dévalorisation du travail
 La crise morale, posant la problématique de l’indépendance de la Justice, de la corruption socialisée étant en plein syndrome hollandais, touche avec plus d’intensité la société algérienne étant due en grande partie à l’absence du contrôle  de l’utilisation  de  la rente des hydrocarbures et des réserves de change produit de cette rente intiment liée à la faiblesse de la démocratisation de la société. Comment expliquer une même composante gouvernementale, malgré des scandales financiers,  à quelque exception près  entre 2000 et 2012 ainsi que certains postes stratégiques ? L’Algérie serait- elle stérile ? Comment  ne pas rappeler, pour l’Algérie, les impacts négatifs d’une gouvernance mitigée et l’extension de la sphère informelle, produit de la bureaucratie qui draine plus de 40 % de la masse monétaire en circulation (environ 13,5 milliards de dollars en 2010) où tout se réalise en cash, la fraude fiscale, la corruption qui freinent la mise en œuvre d’affaires saines, en fait le développement de l’Algérie ?Que l’on lise et relise tous les  rapports  de Transparency International où l’Algérie est rétrogradée d’année en année.  Ces rapports   corroborent  le rapport de l’OCDE de 2009/2010 pour la région MENA, où le pouvoir algérien, mû par l’unique dépense monétaire grâce aux recettes élevées du pétrole – et non du travail  dépense deux fois plus pour avoir deux fois moins de résultats en référence à des pays similaires. Pour  le Forum euro-méditerranéen des instituts des sciences économiques (Femise), qui a publié un rapport, en novembre 2011, sur le bilan du partenariat euro-méditerranéen, je le cite : « le gouvernement algérien a été incapable de trouver une stratégie à long terme pour l’emploi des jeunes  Malgré la création des dispositifs – Ansej, Angem et Anem –, les emplois créés  sont éphémères et sous-payés. Le chômage touche particulièrement les jeunes à plus de 25% et pour certaines régions à plus de 50% ». Le rapport  évoque les poussées inflationnistes et l’instabilité sociale. Aussi,  selon le Femise, et malgré l’optimisme des pouvoirs publics alimenté par l’euphorie du cours du pétrole, l’Algérie n’a pas encore trouvé de modèle de croissance susceptible de réduire les inégalités, le chômage et la pauvreté. Le blocage n’est –il pas  d’ordre systémique comme le montre le rapport Doing Business 2013 du 23 octobre 2012  où l 'Algérie est classée 152ème  sur 185 pays perdant 2 places par rapport à 2012. Sur les 19 pays de la région MENA (Middle East-North Africa / Moyen-Orient - Afrique du Nord), l'Algérie se classe à la dernière place pour le raccordement au réseau électrique, à la dernière place pour l'enregistrement des titres de propriété et toujours à la dernière place au niveau du payement des impôts, 170ème au niveau mondial avec 72% de taxation sur les bénéfices, à la 156ème place au niveau mondial, pour le commerce transfrontalier, 138 ème place pour l'octroi de permis de construire,  à la 138ème place pour les facilités d'y faire des affaires.  Ainsi, à la lumière de ce qui se passe dans le monde arabe, selon tous ces rapports  l’Algérie a deux choix : faire des efforts pour réformer ses institutions et l’économie vers plus de démocratie et de transparence, ou régresser vers une attitude protectionniste dans un effort pour maintenir le statu quo politique.
Et là… on en revient toujours à la morale  et  à la primauté du travail  et de l’intelligence sur la rente,   intimement liée à l’Etat de droit et à la démocratisation de la société tenant compte des histoires ancestrales  des sociétés   et de leurs  anthropologies culturelles.  Surtout des responsables qui doivent donner l’exemple s’ils veulent mobiliser leur population, éviter l’anémisation de la société ; un phénomène déjà analysé avec minutie par le grand sociologue maghrébin Ibn Khaldoun, dès le XIVe siècle, dans la   Muqaddima,  montrant que   l’immoralité  des dirigeants,  avec comme impact  la corruption   gangrénant    toute la société, provoque la décadence  des civilisations. 
 

Professeur Abderrahmane MEBTOUL Professeur des Univers
Mercredi 14 Novembre 2012 - 13:12
Lu 404 fois
A LA UNE
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 04-12-2016.pdf
2.87 Mo - 04/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+