REFLEXION

L'INCIVISME : Une plaie béante de la ville

Autrefois, le civisme était de rigueur et s'observait en tout lieu et en toute circonstance au sein de la ville de Sidi Saïd, malheureusement, les temps et les Mostaganémois ont changé, l'individualisme règne en maître absolu des lieux et l'anarchie semble devenir une règle nécessaire, partout en usage. Le "tag a la men tag" est l'unique mot d'ordre, qui reste en pratique et l'incivisme, une caractéristique qui distingue la ville qui pleure ses valeurs perdues....!



Rien n'est plus comme les jours d'antan où tous les Mostaganémois étaient presque comme des frères de lait, ils s’entraidaient pour survivre  à la misère de l'époque coloniale, se consolaient les uns aux autres en cas de détresse, se partageaient le peu de pain et le plus petit des gîtes lors des attaques nocturnes que menaient la sinistre O.A.S, ils se respectaient  mutuellement et avaient un amour fou de la patrie occupée...! Aujourd'hui, après 50 ans d'indépendance, le citoyen mostaganémois à l'instar des autres citoyens des villes du pays, a fini par perdre totalement ses bonnes manières comportementales, et seule l'anarchie semble l'animer de jour en jour. Il se caractérise à présent par des gestes si désolants et de très sales habitudes, dont celle de salir là où il couche et se faire tant désirer là où il exerce. Partout c'est la désolation à travers ses moyens de transport public où les personnes âgées s’effondrent souvent par terre, à force de rester debout sans qu'aucune autre jeune personne assise n'ose se lever et céder la place avec un large sourire. Alors que le reste des usagers se font coller comme des sardines par un receveur qui les pousse et les brutalise avec des gros mots, en face de policiers en faction, chargés de maintenir et de veiller à l'ordre et au respect de toutes les lois de la République. Au jardin public, c'est l'attentat pur et simple à la pudeur publique qui se viole quotidiennement, certaines gens n'hésitent point à se livrer aux jeux de l'amour sur les bancs publics, d'autres s'offrent de longues parties de jeux de hasard sans la moindre inquiétude. Alors que certains autres énergumènes cuvent des litres de vin et de bière en s'offrant des grillades de sardines avec oignons bien cuits, et n'hésitent point à confondre le lieu avec des toilettes publiques à ciel ouvert....! Aux administrations et autres organismes publics, dont les agences de la CNAS, les annexes de l'état civil, et les urgences médico-chirurgicales, c'est la catastrophe, le pauvre citoyen endure un mal difficilement supportable en face d'un accueil qui n'existe d'ailleurs plus. C'est l'enfer administratif que le malheureux administré visite de service en service sans régler une banale affaire; les agents avec fort mépris se balancent entre eux les pauvres citoyens sans satisfaire leurs demandes et finissent par leur demander de revenir pour un prochain bal sans le moindre résultat. Quant aux urgences de l’hôpital il vaudrait mieux se faire accompagner par un personnel de la santé, sinon c'est la longue attente qui attend le citoyen et son malade qui risque de souffrir davantage  en attendant son tour  et que les "recommandés", les voisins du personnel exerçant, les amis et les amis des amis finissent par se faire soigner ou se consulter  pour accéder à son tour  après des heures et des heures ...! C'est le climat  régnant à Mostaganem et à travers toutes les villes du pays qui ont fini par se faire gagner par ce mal qui ressemble à une plaie gangreneuse qui ronge la chair, partie par partie. C'est le désordre et  l'anarchie qui obligent quelques sages de rappeler les consciences au civisme d'antan qui régnait partout à la ville des mimosas, telle cette inscription en rouge  en arabe dialectal sur la façade murale, longeant la rue menant au marché public d'Ain Sefra "il est interdit d'uriner en ce lieu ...! " . La lutte contre cette anarchie sociale, doit continuer, certes elle sera longue et difficile à mener en face de l'ampleur d'un tel désastre social. Elle reste d'une nécessité absolue et d'une urgence extrême en face de la dégradation fatale de nos comportements qui lèsent et blessent énormément.

L. Ammar
Dimanche 10 Février 2013 - 10:01
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MOSTAGANEM
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