REFLEXION

L’HISTOIRE MILITAIRE DE L’AERODROME DE MOSTAGANEM : Les américains y étaient en 1942

Mostaganem, 1942, la population assiste impassible au bombardement d’Arzew et d’Oran par la Luftwaffe depuis l’Italie. Les raids des Dornier et des Heinkel allemands ciblent uniquement la population civile dans une région presque démilitarisée avant que les troupes américaines n’envahissent l’ouest algérien pour mettre à genoux le reste d’une armée française pro-vichyste en débandade. Les Allemands ont une grande expérience en matière de bombardements stratégiques. Une expérience acquise avec la Légion Condor qui pilonnait l’Espagne au début des années 1930.



Les Américains après leur débarquement en novembre 1942 étaient presque nus devant la Luftwaffe. La base de Tafraoui, connue sur les cartes d’état-major ne servait presque à rien, les  B 26 et les B 29 risqueraient d’être anéantis en quelques heures comme le cas de l’aviation en 1967 démolie en une matinée. La RN 4 aménagée à l’entrée ouest de Bouguirat, une bourgade  dépendant de l’arrondissement de Mostaganem - située à 9 km à l’est d’Arzew,  servirait bien  comme piste d’envol. Le camouflage est garanti. Droite, renforcée pour supporter   le poids des aéronefs de l’USAir Force, les pilotes des machines ramenées des fourrés avoisinants  y voyaient  confort  et stabilité avec au  dos à un vent venant d’ouest favorable au décollage... La piste a disparu depuis sous le bitume.  Ce cas de figure et exemple concret nous renvoie directement au besoin de pistes d’envol en cas de nécessité ; par pistes d’envol nous entendons le minimum. Une guerre, une catastrophe, des secours, des vols VIP, etc.

L’aérodrome de Mostaganem durant la  seconde guerre mondiale
Mostaganem à mi-chemin entre Chlef dans le centre et Oran à l’ouest, toutes deux dotées d’un aéroport opérationnel a servi dans le temps dans la contrainte comme structure  aéroportuaire pour ne pas dire en tant que base militaire. Au cours de la seconde guerre mondiale, l’aérodrome de Mostaganem a accueilli de mai à juillet 1943 les C 47 Dakota des 4èmes, 7ème, 8ème  et 51ème escadrons appartenant au 62 ème Troop Carrier Group – groupement de transport. Ces transporteurs militaires furent  stationnés à l’aérodrome de Mostaganem pour des raisons stratégiques malgré la proximité des bases d’Oran.  Pour ce qui est du cas de Mostaganem – ville qui se projette dans l’ouverture vers la Méditerranée dans un avenir proche et dont l’aérodrome est enregistré au niveau de l’IATA - International Air Transport Association,  Association internationale du transport Aérien-  sous le code MQV, elle  mériterait bien une reconsidération dans une globalité stratégique. Le long terme est de rigueur dans de tels projets exigés pour un besoin vital d’un pays considéré comme un sous-continent dont l’immensité le classe au 9ème  rang mondial  de par sa superficie. L’Algérie de demain. Contacté par nos soins, un ancien responsable militaire témoigne : « Pas plus tard qu’hier, durant la décennie noire, sécurité  et nécessité opérationnelle obligent, cet aérodrome a été utilisé au profit des forces aériennes algériennes pour des besoins tactiques. La vie humaine est précieuse et l’on faisait feu de tout bois. L’héliportage civil et militaire, ainsi que les  services du  Groupe de Liaisons Aériennes Ministérielles – GLAM-,  dont la base d'attache est située à Boufarik,  trouveront bague à leur doigt en cette structure dans  son état actuel même. Le Ministère de la Défense également a tout intérêt de  mettre la main à la poche pour avoir un droit de regard sur ce  qui lui servira dans la nécessité. Un service à la nation. A mon sens, le problème est plus un problème d’éveil et d’essor de l’Algérie que de pognon. ». Aussi, selon ce même spécialiste, il ne s’agit pas seulement de voyage, de loisirs et de tourisme, mais de vitalité. « Un couloir aérien passe par Mostaganem. En cas de pépin, et c’est déjà arrivé chez d’autres, un aéronef trouve en ce futur aéroport,  qu’attendent avec impatience les Mostaganémois, accueil, aide et assistance. Et puis, dans un grand pays comme le nôtre, le bon signe de développement n’est point le revenu par tête d’habitant comme il l’est pour le Luxembourg ou la Suisse.  Le transport développé est le meilleur indice.  La fluidité dans notre transport reflète notre épanouissement. » Tout Mostaganem retient son souffle après l’annonce du feu vert qu’a donné le gouvernement pour lui refaire revivre l’aérodrome mis en sourdine depuis des décennies. Soixante-dix milliards de centimes, une goutte d’eau dans un pays qui aspire à jouer dans la cour des grands.

 

Benatia
Samedi 19 Mars 2016 - 17:31
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MOSTAGANEM
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