REFLEXION

L’Algérie de juillet 1962 à juillet 2013, toujours à la recherche de son destin

Les enquêtes des sociologues, psychologues et psychiatres montrent clairement que le refoulement d’une population sur plusieurs décennies produit une névrose collective source de démobilisation. L’objectif est le discours de vérité loin de toute propagande populiste qui n’a jamais permis un véritable développement, devant tenir compte de ce monde interdépendant en perpétuel mouvement et des profondes mutations internes propres à chaque pays. C’est dans ce cadre que rentre le fondement de cette analyse qui rejoint celle des grands philosophes, notamment Friedrich Von Schiller pour qui « on ne trouvera la totalité de caractère que chez le peuple qui sera capable et digne de transformer l’Etat de nécessité en Etat de liberté » et d’Aristote et Ibn Khaldoun pour qui « toute personnalité immorale ne peut prétendre parler ou agir au nom de la Cité ». Aussi, est- il fondamental pour l’avenir du pays de se poser cette question : quelle est la situation de l’Algérie entre juillet 1962 et juillet 2013 C’est l’objet de cette modeste contribution.



L’Algérie de juillet 1962 à juillet 2013,  toujours à la recherche de son destin
1.-Remémorons nous ensemble, en ce mois de juillet 2013, les promesses des dirigeants politiques algériens qui ont présidé aux destinées du pays au nom de la légitimité historique encore quand certains évoquent récemment pour ceux qui veulent bien les entendre, la fin de l’Etat de la mamelle, puis celle de la légitimité révolutionnaire. Cela signifie surtout que le pouvoir bienfaisant ou de bienfaisances inaugurées comme contrat politique implicite par les tenants du socialisme de la mamelle afin de légitimer l’échange d’une partie de la rente contre la dépendance et la soumission politique et qui efface tout esprit de citoyenneté active, ce pouvoir doit céder la place à un pouvoir juste, justicier et de justice. C’est la norme du droit qui reprend sa place pour légitimer le véritable statut de la citoyenneté. Souvenons-nous de la domination idéologique du communisme, l’hymne à la liberté chantée en I962 dans les rues de l’ensemble de l’Algérie indépendante, les espoirs suscités par le socialisme spécifique à l’algérienne, l’autogestion des domaines des colons qui devait élever la production, restituer les paysans dans leur dignité, lutter contre l’injustice sociale, mais aussi les luttes de pouvoir entre l’Intérieur et l’Extérieur des différents clans. Le 19 juin I965, le Président élu auparavant est destitué et c’est le discours du sursaut révolutionnaire du fait que l’Algérie serait au bord de la faillite. Il fallait la redresser, grâce à un pouvoir fort qui résiste aux évènements et aux hommes, à travers trois axes, la révolution industrielle, la révolution agraire, et la révolution culturelle, en prenant comme base le plan économique du programme de Tripoli qui repose sur la dominance du secteur d’Etat, comme fer de relance de l’économie nationale, à travers les grosses sociétés nationales. Ceux sont les discours triomphants de constructions des usines les plus importantes du monde, du bienfait de la révolution agraire, garantie de l’indépendance alimentaire, de l’école et de la santé pour tous et de la promesse solennelle que nous deviendrons horizon 1980 ,le Japon de l’Afrique avec les lancements du plan triennal 1967-1969,du premier quadriennal 1970-1973 et du second quadriennal 1974-1977 .Le système d’information , socio-éducatif participaient à ces slogans idéologiques, comme façonnement des comportements. Rappelons-nous ces discours de la vertu des fameuses industries industrialisantes et au niveau international l’Algérie leader du nouvel ordre économique international sans sa lutte contre l’impérialisme cause fondamentale du développement du sous-développement.
 
2.-Et voilà qu’après la mort du Président après une longue maladie et une lutte de pouvoir qui se terminera par un compromis, et la venue d’un nouveau président , qu’en 1980 , nous apprenons que cette expérience a échoué et que la période passée était une décennie rouge avec l’époque de la Cour des Comptes et du procès de la Révolution agraire .Les nombreuses commissions dont les résultats sont jetés dans les tiroirs après des exploitations politiques contribueront à ces dénonciations .Du fait de la compression de la demande sociale durant la période précédente et surtout grâce au cours élevé du pétrole , du cours du pétrole , les réalisations porteront sur les infrastructures, la construction de logements et l’importation de biens de consommation finale avec le programme anti-pénurie avec la construction sur tout le territoire national des souk fellahs. L’Algérie ne connaît pas de crise économique selon les propos télévisés un d’ex Premier Ministre, qui touchait en ces moments les pays développés avec un baril en termes de parité de pouvoir d’achat 2007, équivalent à 70/80 dollars. C’est alors l’application mécanique des théories de l’organisation, car les grosses sociétés nationales ne seraient pas maîtrisables dans le temps et l’espace, et l’on pratique le découpage de ces sociétés nationales. Mais la population algérienne contemple en 1986, l’effondrement du cours du pétrole les listes d’attente et l’interminable pénurie : et c’est toujours la faute de l’extérieur, de cet impérialisme, ce chat noir dans un tunnel sombre que l’on ne voit pas. Et voilà que nous avons un autre discours : les algériens font trop d’enfants, ne travaillent pas assez, aux premières ébauches de l’autonomie des entreprises publiques avec la restructuration organique. L’on fait appel à la solidarité de l’émigration que l’on avait oubliée. IL s’ensuit l’effondrement du dinar dont on découvre par magie que la parité est fonction du cours du dollar et du baril de pétrole et non au travail et à l’intelligence seules sources permanentes de la richesse. On loue alors les vertus du travail, de la terre, l’on dénonce les méfaits de l’urbanisation, du déséquilibre entre la ville et la campagne, et l’on redécouvre les vieux débats entre partisan de l’industrie lourde qui serait néfaste et les bienfaits de l’industrie légère et la priorité à l’agriculture dont on constate le niveau alarmant de la facture alimentaire. Et comme par enchantement c’est le slogan de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut et au moment qu’il faut.
 
3.-Octobre I988 contredit ces discours populistes, et c’est le début timide d’une presse libre et d’un multipartisme que l’on tente de maîtriser par l’éclosion de Partis (une famille pouvant fonder un parti avec des subventions de l’Etat) avec la naissance d’une nouvelle constitution en 1989 qui introduit des changements fondamentaux dans notre système politique qui avait un caractère monocratique depuis l’indépendance en consacrant l’existence du multipartisme, conférant ainsi à notre système politique un caractère pluraliste. Elle était cependant porteuse d’une vision hybride de la société, dans la mesure où des catégories et des éléments de son discours renvoyaient à des options politico-économiques et politico-idéologiques contradictoires. Sur le plan économique, entre I989-I99O c’est l’application des réformes avec l’autonomie de la banque centrale, la tendance à la convertibilité du dinar, la libéralisation du commerce extérieur, une tendance à l’autonomie des entreprises et l’appel, très timidement, à l’investissement privé national et international sous le slogan secteur privé facteur complémentaire du secteur d’ Etat, après le socialisme spécifique, de l’économie de marché spécifique à l’algérienne avec la dominance du secteur d’Etat soumis à la gestion privée, en oubliant que l’économie de marché concurrentielle a ses propres règles à savoir une véritable démocratisation économique, politique et sociale, une autonomie dans la gestion des entreprises avec la dominance du secteur privé national ou international. Effet de la crise économique, nous assistons à une crise politique sans précédent qui couvait déjà puisque un ex chef de gouvernement qui agissait dans le cadre de la Constitution de 1976, amendée rappelons-nous en 1989, s’est opposé au Chef de l’Etat refusant de démissionner en invoquant la responsabilité politique de son gouvernement devant la seule Assemblée nationale, qui était au mains du FLN dont le président n’était autre que le même Président, crise accélérée par des élections législatives , coordonnées par un nouveau chef de gouvernement issu des hydrocarbures des émeutes dont l’aboutissement sera la démission de ce Président après plus d’une décennie de pouvoir . Le procès est fait cette fois à la décennie noire de 1980/1990. Et c’est la liste interminable de chefs de gouvernement et de ministres, changement successif du à la profonde crise qui secoue le pays. C’est la naissance du Haut Comité d’Etat (HCE), la venue d’un historique et figure charismatique qui donnera une première lueur d’espoir, présidera à peine une année le HCE avant d’être assassiné, son remplacement par un autre membre du HCE, avec parallèlement, un Conseil Consultatif faisant œuvre de parlement désigné. L’on rappellera comme chef de gouvernement le père de l’industrie lourde des années I97O qui prônera l’économie de guerre mais avec son départ rapide du fait de la cessation de paiement. Lui succèdera un premier ministre membre du HCE artisan du programme de Tripoli qui signera l’accord de rééchelonnement avec le FMI, démissionnant tout juste après, l’Algérie étant en cessation de paiement n’ayant pas de quoi acheter un kilo de farine, alors que certains responsables politiques clamaient haut et fort à la télévision et dans la presse que l’Algérie n’irait pas au rééchelonnement. Les accords avec le FMI verront une baisse drastique de la valeur du dinar qui sera dévaluée, et qui continue de nos jours ,ne permettant pas malgré un euro qui  égal à  100 dinars officiels( avec un écart de 50% par rapport au marché parallèle un euro 150 dinars) de dynamiser les exportations hors hydrocarbures du fait d’une libéralisation anarchique non maîtrisée .
 
4.-La période qui suit verra un Chef d’Etat avec un parlement de transition à savoir le C.NT (conseil national de transition) combinaison d’associations et de partis politiques. Viendrons les élections de ce Président axé sur le rassemblement, pour sortir le pays de la crise et une nouvelle  constitution. Et une nouvelle constitution (1996) qui va s’attacher à éliminer les éléments de dysfonctionnement que la Constitution de 1989 a introduit dans le système politique et encadrer de manière sévère les mutations que je viens de rappeler. Elle crée la seconde chambre, dite Conseil de la Nation, et par le truchement de l’article 120, lui donne pratiquement le pouvoir de bloquer un texte de loi voté par l’APN. Mais fait nouveau et important, elle limite le mandat présidentiel à deux étalé sur cinq années. Mais nous sommes toujours dans la même ambiguïté politique en maintenant le caractère dual de l’Exécutif,( ni régime parlementaire, ni régime présidentiel) tout en consolidant le système de Conseils existants dont l’institution d’un Haut Conseil Islamique et d’un Haut Conseil de Sécurité qui est présidé par le président de la République. C’est à cette période que naît le Parti le rassemblement national démocratique (R.N.D) dont le fondement du discours est la lutte anti-terroriste qui raflera presque tous les sièges en 8 mois d’existence tant de l’APN que du Sénat au détriment du Parti FLN et qui provoquera par la suite des protestations interminables et une commission sur la fraude électorale dont les conclusions ne verront jamais le jour. Les parlementaires du fait de la situation sécuritaire de l’époque, auront surtout pour souci de voter pour soi-même des rémunérations dépassant 15 fois le SMIG de l’époque alors que la misère se généralise, oubliant naturellement du fait de la généralisation des emplois- rente, qu’un parlementaire aussitôt sa mission terminée retourne à son travail d’origine, et qu’une retraite automatique revient à afficher un mépris total pour une population meurtrie. Dans la foulée, la venue de deux chefs de gouvernement dont le premier technicien pratiquera le statut quo et le second fera le sale boulot par l’application des accords du FMI qui aura à son actif le cadre macro-économique stabilisé actuellement mais des retombées sociales négatives du fait de la douleur de cet ajustement.
 
5.-Ce président démissionne et des élections sont programmées le 08 avril I999 avec l’élection d’un Président qui promet de rétablir l’Algérie sur la scène internationale, de mettre fin à l’effusion de sang et de relancer la croissance économique pour atténuer les tensions sociales qui sera matérialisé plus tard par le référendum sur la réconciliation nationale avec un vote massif en faveur de la paix. Un chef de gouvernement est nommé après plus de 8 mois d’attente mais son mandat sera de courte duré à peine une année du fait des conflits de compétences. Un second chef de gouvernement est nommé, plus politique qui s’engage également à redresser la situation mais qui démissionne, tout en se présentant candidat à la présidence avec comme conséquence une dualité dans les rangs du FLN dont il est tissu. Il est remplacé par le Secrétaire Général du RND. Viennent ensuite les élections du 08 avril 2004 qui sont largement remportées par le précédent Président avec trois chefs de gouvernement successifs : premièrement le secrétaire général du RND qui a été chargé des élections de 2004, , puis le secrétaire général du FLN courant 2007 ce Parti avec les élections successives étant devenu majoritaire tant au niveau de l’APN que du Sénat, avec peu de modification dans la composante ministérielle puisque l’ancien chef de gouvernement n’a pu nommer aucun ministres entre mai 2006 et juin 2008, (assistant d’ailleurs à la même composante à quelques variantes près depuis 9 années, idem pour les walis et les postes clefs de l’Etat ) puis à nouveau courant 2008 le retour du secrétaire général du RND qui précisons le sera chargé des élections d’avril 2009.  C’est également durant cette période courant novembre 2008 qu’est amendée la constitution, non pas par référendum mais à la majorité des deux chambres, les députés et sénateurs se feront comme leurs prédécesseurs voter un salaire de plus de 300.000 dinars par mois, plus de quatre fois le salaire d’un professeur d’université en fin de carrière. Cet amendement ne limite plus les mandats présidentiels, tout en supprimant le poste de chef de gouvernement en le remplaçant par celui de premier ministre consacrant un régime ultra  présidentiel, différents de celui des USA, où les chambres ont un rôle déterminant   . Dans la foulée l’élection présidentielle s’est tenue le 09 avril 2009 où l’ancien président est réélu pour un nouveau mandat de cinq années (2009/2014) où tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains du président  de la république ,avec un   parlement  désigné  et le gel des institutions de contrôle. Courant 2012  les principaux partis de la coalition présidentielle connaissent une crise  ( FLN-RND  étant à ce jour sans secrétaire général), départ du secrétaire général du RND et son remplacement par Abdelmelek  SELLAL comme premier ministre Et survient la maladie du président de la république transféré à l’étranger ( France) où le premier ministre qui n’a aucun pouvoir joue le rôle de pompier et a pour principal mission de calmer le front  social via la rente jusqu’à la prochaine élection présidentielle dont l’échéance est prévue , à moins d’un évènement majeur au 08 avril 2014.  Et pour la première fois depuis l’indépendance politique, le 05 juillet 2013 le président de la  république est absent des festivités.
 
6.-Dès lors les promesses entre 2004/2013 étaient axées sur   le développement économique et social du pays  avec  la création de trois millions d’emplois durant cette période et d’augmenter le pouvoir d’achat des Algériens. Comme a été promis la  nécessaire moralisation du fait que l’Algérie durant une décennie sanglante où le fondement de l’Etat était menacé avec des destructions massives d’infrastructures, sans compter des milliers de morts, l’Etat ayant été absent cela ayant favorisé bon non nombre de malversations.  La période de 2004 à 2013  devait être consacrée à asseoir un Etat de droit avec la réforme des institutions, du système financier poumon des réformes, du secteur agricole et l’accélération des privatisations. L’objectif était une dynamisation de la production et des exportations hors hydrocarbures. Jamais depuis l’indépendance politique la dépense publique n’a été si grande avec des surcouts exorbitants: Le pré programme de soutien à la relance économique reposant sur les dépenses publiques a été estimé à   7 milliards de dollars US) et celui de 2004/2013 de 500 milliards de dollars (parts devises et part dinars) mais faite de bilan serein on ne sait pas si ce montant a été intégralement dépensé  et ce  grâce à l’embellie pétrolière. Mais durant cette période, comme durant la période 1980/1985, du fait de la compression de la demande sociale durant la période du terrorisme, demande qui a explosée depuis 2000, la priorité a été accordé aux infrastructures, logement qui ne sont qu’un moyen du développement et non au management stratégique de l’entreprise seule source permanente de la richesse. D’autant plus que l’on se rendit compte du fait de la mauvaise gestion à tous les niveaux, les effets escomptés ne sont pas proportionnels aux dépenses avec une corruption socialisée ( en précisant que la corruption a toujours existé depuis l’indépendance politique), au niveau de la majorité  des ministères, des wilayates,  des   banques en majorité publiques , de la route Est Ouest l,  de Sonelgaz, et surtout Sonatrach mamelle de l’Algérie ,   ce qui a fait dire aux observateurs que le risque est de passer de l’ancien terrorisme à un autre – entendu la corruption- plus mortel pour le pays . C’est dans ce cadre, que l’on assiste à une relative aisance financière ( environ  190 milliards de dollars de réserves de change  et un stock de la dette inférieur à 5 milliards de dollars US) mais une régression économique et sociale ( exportation hors hydrocarbures inférieure à 2% du total et un taux de croissance entre 2000/20103 en moyenne inférieur à 3% alors qu’il aurait dû dépasser 10% Comme conséquence , une faible création d’emplois à valeur ajoutée malgré des dépenses monétaires sans précédent, un taux de chômage selon l’organe officiel , ONS, de 10,6%,mais plus de 20%, selon les organismes internationaux ). Or,  existe une loi économique insensible aux slogans politiques : le taux d’emploi est fonction du taux de croissance et des structures des taux de productivité. Avec une croissance de la population active de plus de 3% ,un taux de croissance inférieur à 3%  il est impossible de créer trois millions d’emplois,(en majorité créateur de valeur ajoutée),qui nécessitent selon les experts et le gouvernement lui-même 6/7% de croissance annuelle.
 
7.- Il faut être réaliste le bilan est mitigé. En dehors des bilans physiques qui ont peu de significations sans une avancée des réformes de fond à savoir les réformes micro-économiques et institutionnelles, sans lesquelles le cadre macro-économique relativement stabilisé grâce à la rente des hydrocarbures  serait éphémère, il y a fort risque du retour inévitable à l’inflation et l’accélération du chômage, réformes qui seules permettent un développement durable à moyen et long terme. Comme est nécessaire une analyse des impacts par catégories socioprofessionnelles et des écarts entre les coûts prévisionnels et les coûts réels. Comme est posé cette question vitale : le blocage n’est-il pas d’ordre systémique car la situation actuelle est le produit historique certes de la politique actuelle avec des relations complexes entre l’économique, le politique, le social et le culturel, mais également de toutes celles antérieures à l’indépendance politique (colonisation), de 1963 à nos jours du fait que le fondement du système bureaucratique rentier a peu évolué. Le  constat à travers ce cheminement historique est que durant cette période de transition difficile d’une économie étatisée à une économie de marché concurrentielle et l’Etat de droit et la démocratie tenant compte de notre anthropologie culturelle est que les réformes sont timidement entamées malgré des discours apparemment libéraux, et moralisateurs que contredisent journellement les pratiques sociales. Les banques, lieu de distribution de la rente, continuent de fonctionner comme des guichets administratifs, et du fait des enjeux les réformes souvent différés s’attaquant plus aux aspects techniques qu’organisationnels, alors qu’elles sont le moteur des réformes, la privatisation et le partenariat comme moyens d’investissement et de valeur ajoutée piétinent faute de cohérence et de transparence ; la facture alimentaire continue d’augmenter malgré le fameux programme agricole ( PNDA) dont il conviendra de faire le bilan du fait plusieurs de milliards de dollars de dépenses , la bureaucratie et la corruption continuent de sévir. Comme conséquence, résultats de la pratique de plusieurs décennies et non seulement de la période actuelle, nous assistons à des tensions à travers toutes les wilayas contre la hogra- la corruption, la mal vie, d’une jeunesse dont le slogan « nous sommes déjà morts » ce qui traduit l’impasse du système économique à générer une croissance hors hydrocarbures, seule condition d’atténuation des tensions sociales pour faire face à ce malaise social. Ainsi le peuple désabusé, vit dans le désespoir comme en témoigne le passage de la musique Rai qui exprime la mal vie depuis les années 1980, puis ces jeunes qui tiennent les murs et le paradoxisme du désespoir les harragas ,ces jeunes souvent avec la complicité de leurs parents qui bravent la mort Aussi s’agit-il de mettre fin à cette sinistrose que certains politiques se hasardent à banaliser sans s’attaquer à l’essence , mortelle pour toute Nation, et d’engager de profondes réformes politiques  et économiques souvent différées. L’Algérie a d’importantes potentialités pour surmonter la crise multidimensionnelle à laquelle elle est confrontée.  Cela implique un  Etat de Droit,  une nouvelle gouvernance et surtout une grande moralité  et des compétences avérées des personnes chargés de gérer la Cité afin d ‘adapter nécessairement et en urgence l’Algérie au nouveau monde caractérisé par d’importants bouleversements géostratégiques.

Dr Abderrahmane Mebtoul, expert international, Professeur d
Samedi 6 Juillet 2013 - 10:03
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