REFLEXION

L’ALGERIE FACE A LA CONTESTATION SOCIALE: Bouteflika manie la carotte et le bâton

En proie à des émeutes quasi quotidiennes que vit plusieurs pays arabes, l'Algérie échappe, à la contagion démocratique. Bouteflika use habilement de la carotte et du bâton, réprimant d'un côté toutes les manifestations et tentant de calmer la contestation populaire par des promesses de révision de la constitution.



L’ALGERIE FACE A LA CONTESTATION SOCIALE:   Bouteflika manie la carotte et le bâton
Occultée par l’actualité au Japon et en Libye, dans le dossier des révolutions arabes, l’Algérie s’était révélé un cas à part. Dès le début du mois de janvier, le pays a connu de nombreuses contestations populaires. Une colère que le président Bouteflika avait tenté d'apaiser en prononçant quasiment aussitôt des mesures pour juguler les tarifs du sucre et de l'huile et quoiqu’il en soit rapidement éteintes par la police de Bouteflika. C’est que le régime algérien possède une grande expérience de la répression. Il s'est équipé des toutes dernières technologies en termes de surveillance. Il lui est facile d'identifier les leaders et de rapidement les museler. Pour l’essentiel, la grogne populaire n'était pas orientée contre Bouteflika, se focalisant plus sur les problèmes sociaux. Pour autant, le soufflet de la contestation n’est pas retombé. En Algérie, les manifestations, essentiellement formées de petits groupes de personnes, se poursuivent sans relâche depuis des semaines en faveur de réformes profondes, sociales et politiques, allant jusqu'au changement de système.

Une nouvelle constitution
Encore cette semaine, de violents affrontements ont opposé des dizaines de jeunes de la cité « Climat de France » aux forces de l’ordre dans la commune populaire d'Oued Kreich près d’Alger. Les jeunes émeutiers tentaient d’empêcher le déroulement d'une opération d'éradication de bidonvilles érigés au centre de cette cité populaire qui accueille pas moins de 5000 habitants. « Des familles balançaient des pierres et des objets métalliques sur les forces de l'ordre des blacons et des terrasses » qui faisait état de 50 policiers blessés. Mardi l’état a également fait appel aux forces anti-émeutes pour réprimer un rassemblement de 200 enseignants contractuels rassemblés à Alger. Entre deux répressions de mouvement de contestations, maniant habilement la carotte et le bâton, Bouteflika tente tant bien que mal de garder la main sur son pays. Multipliant les mesures d’apaisement, les autorités algériennes envisagent de réviser la constitution. D’après le journal Le Soir, des réunions secrètes entre Bouteflika et les plus hauts responsables des institutions de l’Etat se sont tenus la semaine dernière. Alors que Bouteflika avait annoncé d’importantes « réformes globales et politiques », les premières annonces laissent entrevoir de vagues replâtrages de façade : « Il est presque certain que le président reviendra à l'ancienne formule d'avant novembre 2008, en reprenant la limitation des mandats présidentiels à seulement deux », a indiqué une source présidentielle au quotidien. Une telle limitation n'influerait pas sur le mandat du président actuel puisqu'elle ne serait applicable après 2014, année de la prochaine élection présidentielle. Principal opposant, Hocine Aït Ahmed s’est invité dans le débat adressant un message aux algériens au travers d’une lettre dans laquelle il estime nécessaire une mobilisation de tous pour aboutir à l’autodétermination du peuple qui passe inexorablement par une assemblée constituante. Si le leader du Front des forces socialistes estime que « la crise algérienne s’inscrit naturellement dans le cadre des crises en cours. Pour autant, il n’est pas question de céder à une quelconque «contagion démocratique» dans l’explication et le traitement de chaque situation nationale», écrit-il, estimant que l’occasion est tout de même donnée pour «mettre à nu les pratiques de dépolitisation et de désarmement moral propagées par les tenants de la violence».

Dissolution
du Parlement et remaniement du gouvernement
Les rumeurs persistantes sur le remaniement du gouvernement, la dissolution du Parlement affolent les milieux politico financiers nationaux. Des personnalités et de hauts responsables de l’État se réclamant proches du président Abdelaziz Bouteflika entreprennent depuis plusieurs jours des contacts avec des personnalités qui, à leurs yeux, sont susceptibles de devenir ministres dans le prochain gouvernement. Ou d’être nommés à des postes de responsabilité dans les institutions de l’État. Des dizaines, voire des centaines de CV sont transmis au président de la République afin de lui de permettre de faire le bon choix. Ces émissaires affirment à leurs interlocuteurs qu’ils agissent pour le compte de la Présidence de la république, laquelle leur aurait demandé de faire ce travail. La méthode tient en haleine des chefs d’entreprises et des hommes politiques. Certains y croient et attendent d’être nommés comme ministres, d’autres n’y croient pas. Les rumeurs sur le remaniement du gouvernement circulent depuis plusieurs mois. Elles sont devenues persistantes depuis les émeutes dites « du sucre et de l’huile » . Mais le président Bouteflika n’a pas remanié son gouvernement. Mieux, il lui a renouvelé sa confiance en lui attribuant la conduite de nouvelles mesures économiques annoncées lors des conseils des ministres du 3 et 22 février dernier. Ces rumeurs ont provoqué un climat politique pesant. L’attente d’un changement est en train de bloquer, petit à petit, les appareils du pays. Dans les administrations, tout le monde attend quelque chose. Pour les ministres, c’est le maintien ou le départ. Pour les fonctionnaires, il s’agit principalement de l’aboutissement de leurs revendications salariales. L’Alliance présidentielle a quasiment volé en éclats, après la décision du MSP de se démarquer de la politique du gouvernement. Le FLN est déchiré par des luttes intestines et tous cherchent à se repositionner, par rapport à des personnalités et à des clans, pour tirer leur épingle du jeu en cas de changement.

Riad
Samedi 26 Mars 2011 - 09:30
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