REFLEXION

KENADSA (BECHAR) : Ces terrils de charbon qui rendent malade

Depuis plus de cinquante ans, le problème de l’environnement fait toujours parler de lui dans la ville de Bechar et ses environs immédiats particulièrement dans la commune de Kenadsa, où des collines de déchets des mines de charbon polluent cette cité.



Moins commodes à transporter  ailleurs,  loin des zones résidentielles et beaucoup plus polluants, ces terrils de charbon ne cessent de rendre la vie difficile à des milliers d’habitants. Au moment même où les alarmes concernant le réchauffement climatique se faisaient plus audibles, ces déchets de charbon gros émetteurs de gaz à effet de serre enveniment le cadre de vie des citoyens qui ne savent plus à quel saint se vouer. Compte-tenu des multiples nuisances de ce combustible fossile : Outre les émissions de gaz à effet de serre, ce charbon dévaste les plantations, menace la biodiversité, silicose les poumons, pollue l'atmosphère des villes, et défigure les paysages d’extraction. De ce fait, la direction de wilaya de l’environnement semble accorder peu d’intérêt à ces déchets de charbon, c’est du moins ce que pensent beaucoup de gens. Alors que ces terrils de charbon  constituent un vrai danger de la santé publique, indiqueront plusieurs personnes.  Malgré, les correspondances des associations et autres citoyens qui ont été adressées à cette structure précitée, concernée au premier chef, celle-ci jusqu'à présent ne semble avoir entrepris aucune action susceptible de donner espoir aux habitants de cette commune. En effet, l’épineux problème qui se pose avec acuité, notamment en période d’été, c’est que ces collines de terrils de charbon entourant des zones résidentielles dégagent des odeurs irrespirables, notamment pendant le cycle des tempêtes du vent de sable, des tourbillons se mélangent aux grains de charbon et frappent sur le visage des passants,  portant directement atteintes aux yeux. Il est à rappeler que ces millions de tonnes de déchets de charbon exploités jadis par les colons français, témoin d’un passé marqué  de pillage et d’exploitation  des richesses du pays,  demeurent toujours exposés à même le sol empoisonnant le quotidien pur et dur des habitants de cette cité. Visiblement, certains remblais de charbon se rallument, quand le soleil atteint son zénith et ses rayons dégagent une chaleur infernale, la fumée se répand partout, et pénètrent jusqu’à l’intérieur des maisons, où les odeurs sont subis par les habitants, causant de grands malaises respiratoires, notamment aux enfants et personnes âgées. Interrogé, un groupe d’habitants du quartier haï El Manajim à Kenadsa, indiqueront : « Ces déchets de charbon constituent pour nous une véritable bombe à retardement qui nous tue à petit feu, que les colons nous ont léguée. Chaque  semaine qui passe en cette période estivale porte son lot d’asthmatique. » Et de poursuivre, « ni nos élus de l’APC, ni ceux de l’APW, encore moins ceux de l’APN n’ont pu faire quelque chose pour trouver une solution à ce problème qui n’a que trop duré. Pourtant, ils nous ont promis le paradis avant qu’ils ne soient élus ; mais une fois qu’ils étaient investis de notre confiance, ils nous ont carrément oubliés », ont relevé ces habitants. Il est à noter, qu’à Kenadsa actuellement, la quasi-totalité des nouveaux programmes de logements, tous types confondus sont réalisés, et en cours de réalisation sur des terrains et espaces abritant ces terrils de charbon, et tout le monde se pose la question si le choix de terrain a été fait délibérément, ou par pur hasard. C’est dire que ces nouveaux habitants qui ont espéré se loger dans des conditions décentes, loin de toutes nuisances, après des années d’attentes, ont été surpris de se trouver en face d’un site macabre. Selon des sources de la direction de wilaya de la santé, les maladies respiratoires sont en hausse  dans cette région, notamment l’asthme. L’absorption et l’odeur continuelle  du charbon dans ces  zones habitables et quartiers  où sont entassés ces terrils de charbon semblent être l’une des causes qui favorisent la propagation de ce genre de pathologie, si non c’est la cause principale, dira-t-on.  Pourtant, notre pays est à cheval et se conforme aux textes et lois sortants des résolutions des derniers congrès internationaux sur l’environnement.  Il s’est fixé des objectifs clairs quant à sa détermination de lutter contre les gaz à effet de serre, la réduction du CO2, le développement du secteur de l’énergie renouvelable (solaire, éolienne). Mais la réalité du terrain est tout autre ; l’écart entre ce qui se fait au niveau ministériel et ce qui se pratique au niveau local par les collectivités dans le domaine des questions environnementales les plus urgentes qui touchent directement la santé publique, peu de choses sont faites et continuent à se faire, eu égard à ce grand problème écologique auquel sont exposés, et font face des milliers de citoyens, et qui continue à faire des dégâts humains dans un silence radio.

Fendaoui Hadj
Lundi 21 Avril 2014 - 10:27
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