REFLEXION

« Je vous ai compris »



A trois reprises, le président tunisien, n’a cessé de le marteler dans son discours  prononcé jeudi soir,  sur les antennes de la télévision publique : « Je vous ai compris ». Un  « je vous ai compris » qui nous rappelle étrangement celui du Général De Gaulle, adressé en 1958 aux algériens, alors sous domination française. Il a fallu du temps, mais il l’a dit. La crise sociopolitique que traverse la Tunisie est telle que le président Zine El Abidine Benali,  n’a jamais été aussi présent dans les médias. Il est intervenu  jeudi  dernier pour la troisième fois sur les antennes de la télévision nationale, après ses discours des 28 décembre et 10 janvier. Mais le scoop, il date de seulement  hier vendredi, où Benali, a décidé de limoger le gouvernement et de proposer   des élections législatives anticipées dans les six prochains mois. Celui qui dirige d’une main de fer la Tunisie, depuis son accession au pouvoir en 1987, n’est pas un familier de l’exercice dans un pays où la liberté d’expression n’existe pas et où les droits de l’homme sont bafoués. Les promesses de ces derniers jours, notamment la création de 300 000 emplois, n’ont pas eu raison du ras-le-bol des Tunisiens. Prenant acte du mécontentement populaire, il a décidé de ne pas se présenter  à l’élection présidentielle de 2014. Etat de santé dégradant, il n’a pas eu le choix que de reconnaitre ses erreurs et le fait qu’il n’était pas conscient de la gravité de la situation  que son pays traversait, il aurait été maintenu à l’écart de tout ce qui se passait, et qu’on l’aurait induit en erreur en lui fournissant de fausses informations. Quoiqu’il en dise,  vérité ou non, il est tout aussi  compréhensible, qu’un chef d’Etat malade ne peut  maitriser une situation aussi grave que celle que vient de traverser la Tunisie. C’est  le vent de la rupture qui a frappé. Point de retour en arrière. Les choses doivent changer et l’ordre établi depuis  plus de vingt trois ans, brisé à tout jamais. Ce qui s’est passé en Tunisie doit encore une fois servir de leçon aux autres pays arabes qui connaissent les mêmes problèmes.  Le président Benali, quoique tard mais il  a saisi le message, les tunisiens ne veulent plus de lui, ‘’il faut qu’il parte’’, c’est l’une des revendications légitimes et primordiales  du peuple en quête de liberté et de tranquillité. De toutes les mesures annoncées dans les deux discours, les tunisiens n’ont retenu qu’une seule et c’est la plus importante : le départ de Benali, de son épouse et des Trabelsi (sa belle-famille), qui ont dépouillé l’économie de leur pays, en s’adonnant aux affaires douteuses, aux malversations et à la corruption, au  favoritisme, au détriment du peuple tunisien, au point où la première dame du pays eût été surnommée Marie Antoinette. Aujourd’hui, les dés sont jetés et la messe est dite. Le départ  du président quoique déféré jusqu’en 2014, il reste une lueur d’espoir pour cette jeunesse assoiffée de liberté et de changement, la machine est mise en branle et personne ne pourra la stopper. Espérons que sous d’autres cieux, l’on aura saisi le message.

Amara Mohamed
Samedi 15 Janvier 2011 - 10:46
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CHRONIQUE
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