REFLEXION

JOURNEE MONDIALE DE LA SANTE DU 7 AVRIL : Le secteur de la santé à Mostaganem sous perfusion !

Aujourd’hui, mercredi 7 avril 2015, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de la santé, un évènement très important dans l’agenda officiel des responsables du domaine, en particulier au niveau local à l’exemple de Mostaganem où le secteur sanitaire est constamment sous perfusion. Une bonne occasion pour faire un diagnostic assez exhaustif et non moins profond sur l’état général du secteur dans la wilaya. Analyse :



À Mostaganem, il ne faut surtout pas tomber malade ! Entre les hôpitaux, les urgences et autres cliniques privées, qui poussent comme des champignons, il faut penser longuement avant d’envoyer un proche qu’on voudrait certainement revoir en vie. Certes, le nombre des cliniques privées ne cesse de croître, ces dernières années à Mostaganem, mais l’offre de soins proposée aux patients reste en deçà des attentes et des besoins de la population. Le nombre de ces cliniques privées a dépassé à travers le territoire de la wilaya presque une vingtaine d’établissements privés, mais la majorité de ces cliniques concentrent leurs activités sur des spécialités dites « rentables » et qui nécessitent une maîtrise basique de la médecine et en particulier la gynécologie obstétrique. La quasi-totalité des cliniques privées ont ouvert ainsi les services pour assurer les accouchements et autres prestations de gynécologie. Le créneau est qualifié de porteur vu que de nombreuses patientes préfèrent de plus en plus se tourner vers le secteur privé, en raison de la dégradation réelle ou supposée des conditions d’accueil et d’hospitalisation dans les hôpitaux publics. Les malades restent otages du commerce de la santé.  Dans ces établissements privés, un accouchement naturel est facturé à pas moins de 35000 DA, alors que pour l’accouchement par césarienne il faudrait débourser au moins 60000 DA voire plus ! Cependant, en cas de complication grave, les mêmes patientes sont évacuées vers les hôpitaux publics. Certaines cliniques privées ont désormais trouvé la parade. Elles refusent ainsi l’admission des patientes qui développent des complications de grossesse susceptibles de mettre leurs vies en danger de mort. Des examens inutiles (scanner, IRM, échographie), arnaques, détournement de patients, cumul de fonctions du personnel médical et paramédical, sont autant de contraventions commises par certaines cliniques. Notons que la loi fixant l’organisation et le fonctionnement des établissements hospitaliers privés [décret Exécutif N° 7-321 du 10 Chawal 1428 correspondant au 22 octobre 2007, en application des dispositions des articles 208 et 208bis de la Loi N°85-5 du 16 février 1985], cette loi et ce pour se conformer à la réglementation en vigueur notamment en matière de recrutement du personnel médical et paramédical, l’absence des registres des blocs et des registres d’entrée ou d’amission des patients, le cumul de fonctions du personnel médical et paramédical, et la non-déclaration des recrutements et des démissions des médecins. Toute infraction commise par ces établissements privés indiqués et le non-respect de la loi, des sanctions sévères sont prévues à l’encontre des responsables des cliniques coupables de défaillance.     
Mostaganem devient-elle un
 désert médical ?
Outre les nombreux problèmes que connaît le secteur sanitaire dans la wilaya, liés à la prise en charge des malades surtout ceux atteints de pathologies graves (cancer, tuberculose, diabète, SIDA, l'emphysème pulmonaire, etc.), la fuite des médecins du secteur public  vers le privé constitue une plaie ouverte dans le corps de la santé à Mostaganem.  Un phénomène qui tend à prendre de l’ampleur ces dernières années, et rien pour le moment ne semblerait être efficace pour stopper cette hémorragie dangereuse. Parmi les causes de cette défection, l’on dénombre le manque d’espace d’hébergement des praticiens venus des régions limitrophes et qui doivent effectuer des navettes quotidiennes du lieu de leurs domiciles vers les établissements publics de santé répartis à travers la wilaya. Sans parler des autres soucis financiers auxquels sont confrontés les mêmes médecins du secteur public. Nous avons à maintes reprises tenté de contacter le Directeur de la Santé et de la population de la wilaya M. Abdelghani Fréha afin d’avoir de plus amples informations sur le secteur, mais en vain. À ce rythme, la wilaya de Mostaganem risque de devenir un vrai « désert médical » qualificatif attribué aux zones et régions dont le nombre de médecins est inférieur par rapport au taux de population nécessitant une prise en charge médical. Actuellement, trois oncologues seulement sont  en fonction, tandis  que 30 médecins en oncologie sont en formation à Oran par des médecins spécialisés. Une armada de 48 médecins spécialisés, 28 maîtres assistants et 266 postes tous corps confondus va être affectée dans différents établissements de santé répartis à travers la wilaya, avons-nous appris de sources sûres. Par ailleurs, un schéma organisationnel a été préparé  pour la réhabilitation de l’hôpital Che Guevara du chef-lieu Mostaganem, avec l’étude d’une annexe dépendante de celui-ci, dans le but de normaliser  les urgences médicales.

 

AZZI S. Mohsen & Tayeb Bey Aek
Lundi 6 Avril 2015 - 17:27
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