REFLEXION

Interrogeons-nous sur le marché de la peur !

Il est essentiel, pour comprendre la dynamique et les enjeux de la peur, de prendre en compte son ambivalence : à la fois émotion primitive physiologique et construction théorique complexe. Il est troublant de constater que, dans nos sociétés, ces peurs vont de pair avec une mise à distance de l'autre.



  Interrogeons-nous sur le marché de la peur !
 Par ailleurs, nos sociétés semblent développer une sorte d'"addiction à la peur" au sein d'un univers aseptisé. Le principe de précaution offre un riche terrain, où la moindre rumeur colportée et confortée par la méfiance à l'égard des décideurs déclenche de véritables paniques. Le marché de la peur a de beaux jours devant lui. Il répond à un besoin psychologique pressant et persistant. Il permet de retenir et parfois de détourner l’attention des groupes. Il mobilise des intérêts considérables dans plusieurs secteurs de la vie publique. Il est, avec la mode et le sexe, un des moteurs de la vie économique.  L’humanité ayant conservé dans sa mémoire sociale le souvenir des grandes épidémies, il est facile de créer un climat de grande inquiétude en évoquant une virtuelle pandémie de grippe. Surtout lorsque les médias véhiculent des informations incomplètes ou contradictoires avec, en trame de fond, de possibles collusions avec les géants pharmaceutiques producteurs de vaccins. Après le scandale du H1N1, voici celui du Médiator. On a transformé des bien-portants en cardiaques chroniques. En 2002 déjà, deux experts dénonçaient le credo de l’industrie pharmaceutique : « Pour vendre des médicaments, inventons des maladies. La méthode avait déjà fait la fortune du docteur Knock de Jules Romains : chaque bien-portant entrant dans son cabinet en ressortait malade, et prêt à débourser sans compter pour être guéri. Ayant atteint les limites du marché des malades, certaines firmes pharmaceutiques se tournent désormais vers les bien-portants pour continuer à croître. » Le marketing des labos nous cible de manière agressive. Il exploite nos peurs les plus profondes : la mort, le vieillissement, le surpoids, le cancer. Des troubles légers seraient précurseurs d’affections graves, la timidité serait un « trouble d’anxiété sociale », la tension prémenstruelle est rebaptisée « trouble dysphorique prémenstruel ». Dans les pays développés, ces dépenses de santé inutiles grèvent les budgets sociaux. Pour vendre les hypoglycémiants, tels le Médiator, on joue sur la peur d’une mort prématurée. Aujourd’hui, on découvre que les remèdes sont pires que les maux. Mais les profits sont faits… En 1975, un visionnaire, Ivan Illich, expliquait dans Nemesis Médical que l’expansion de l’establishment médical était en train de médicaliser la vie elle-même, transformant un nombre bien trop important de citoyens lambda en malades. Sa prédiction lucide s’est malheureusement réalisée. 
                                                                                                                    Par :Abed Hammou, Perpignan,France 

Par :Abed Hammou, Perpignan,France
Samedi 20 Octobre 2012 - 23:00
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