REFLEXION

Il y a 50 ans, De Gaulle échappait à un attentat de l’OAS

ARMAND BELVISI, UN DES AUTEURS DE L’ATTENTAT LIVRE SES SECRETS

Vendredi 8 septembre 1961. En fin d’après-midi, le général De Gaulle part pour Colombey-les-Deux-Églises. Quatre DS noires quittent l’Élysée et foncent sur la RN 19. Vers 20 h 30, elles dépassent Pont-sur-Seine dans l’Aube. Un peu plus loin, la première DS – celle du président et de son épouse – passe à hauteur d’un tas de sable.



Il y a 50 ans, De Gaulle échappait à un attentat de l’OAS
22 août 1962: le général de Gaulle est pris sous le feu d’armes automatiques au Petit-Clamart. De sa cellule, Armand Belvisi, un des instigateurs de l’attentat, apprend la nouvelle avec satisfaction. Il est incarcéré depuis quelques mois, suite à une autre tentative d’assassinat sur la personne du général à Pont-sur-Seine, en septembre 1961. C’est l’occasion pour lui de revenir sur son parcours. Policier né en Tunisie, il assiste à la désagrégation de "son pays" dans la complète indifférence de la métropole, et s’implique très rapidement dans la lutte pour la conservation des valeurs morales françaises. Après l’indépendance de la Tunisie, il s’installe à Paris, alors qu’en Algérie l’agitation va croissante. Il ne tarde pas à s’investir dans les actions souterraines d’un réseau patriote appelé "Plume". Leur objectif ultime est de faire taire l’homme qui a ruiné les espérances françaises au Maghreb, Charles de Gaulle lui-même…

ARMAND BELVISI, LIVRE SES SECRETS
Vendredi 8 septembre 1961. En fin d’après-midi, le général De Gaulle part pour Colombey-les-Deux-Églises. Quatre DS noires quittent l’Élysée et foncent sur la RN 19. Vers 20 h 30, elles dépassent Pont-sur-Seine dans l’Aube. Un peu plus loin, la première DS – celle du président et de son épouse – passe à hauteur d’un tas de sable. C’est l’explosion, aussitôt suivie de flammes : « Elles montaient jusqu’en haut des arbres et couraient sur toute la route », a relaté l’aide de camp du général De Gaulle. Les chauffeurs réussissent à poursuivre leur route sans ralentir et sans dommage. N’empêche. Pour la première fois depuis 1958 qu’il est à la tête de l’État, le général De Gaulle venait d’être la cible d’un attentat.50 ans après, Armand Belvisi un des auteurs de l’attentat, et photographe français, nous remet dans l’ambiance des jours qui ont précédé l’attaque. Il nous relate ensuite succinctement le déroulement de l’affaire qui l’emmena, lui et la plupart de ses compagnons, en prison. En 1968, une amnistie générale leur rendit la liberté.

Armand Belvisi, qu’est-ce qui vous a poussé à commettre un attentat contre De Gaulle ?
La trahison du chef de l’Etat qui avait promis que l’Algérie resterait française ! En arrivant au pouvoir, grâce aux événements du 13 mai 1958, le général De Gaulle sur le balcon du forum à Alger le 4 juin 1958 prononce le fameux « Je vous ai compris ! » A Mostaganem, le 6 juin 1958 sur le balcon de l’hôtel de ville, à la fin de son discours, il dit : « Vive Mostaganem ! Vive l’Algérie Française ! Vive la France ! ». Le 16 septembre 1959, dans sa conférence de presse, il annonce l’autodétermination… C’est la trahison ! Ce jour là, à mon tour je l’ai compris !

Par qui avez-vous été recruté pour l’attentat ?
Ma réponse sera brève et courte, je faisais partie de l’Organisation de l’Armée Secrète, et à la suite de l’échec du putsch des généraux du 22 avril 1961, la décision d’abattre le chef de l’État avait été prise par un comité d’hommes politiques, de militaires et de civils. J’ai été mis en relation avec le lieutenant-colonel Jean-Marie Bastien-Thiry par un grand homme politique. Je ne peux pas vous en dire plus…

Quel rôle avez-vous joué dans cette affaire ?
Dans l’opération de Pont-sur-Seine, j’ai été l’adjoint de Jean-Marie Bastien-Thiry qui avait comme nom de code « Germain » et moi celui de « JCB ».
L’attentat, qui était fait pour tuer le général De Gaulle, n’a pas touché sa cible. On a même dit à l’époque que c’était un attentat bidon… Qu’est-ce que vous répondez à cela ?
La réponse est facile, l’artificier ou le soi-disant artificier qui a conçu la bombe ignorait qu’il fallait un relais (cordeau détonant) entre le détonateur et l’explosif (45 kg )

Il y a eu un autre projet pour abattre De Gaulle ?
Après l’échec de Pont-sur-Seine et mon retour d’Espagne, le 25 avril 1962, le colonel m’a demandé d’être son adjoint dans la 2ième opération contre le général De Gaulle. Étant sous la tutelle d’un nouveau commandement, je ne pouvais accepter sans en référer à mon chef hiérarchique nommé « le Monocle », qui a accepté d’emblée, à la seule condition de rencontrer Jean-Marie Bastien-Thiry . Ce qui fut fait dans les jours suivants. Après un accord, il a été décidé que le commando serait de 10 hommes fournis par le Chef de Mission III, ainsi que l’armement (2 F.M, 4PM, 4PA, 5 grenades défensives et les munitions correspondantes). L’opération portera le nom de « Charlotte Corday », et le pseudo du colonel sera » Didier » et le mien « JCB ».

Vous avez été condamné à combien d’années de prison ?
Pour l’attentat de Pont-sur-Seine, j’ai été condamné à 15 ans de réclusion criminelle.

A votre sortie de prison, qu’avez-vous fait ?
J’ai pris une semaine de réflexion, je suis allé voir et remercier mon ancien employeur (ancien colonel de cavalerie) qui sans aucune difficulté m’a réengagé dans la vente d’automobiles, avec une promotion…

50 ans après l’attentat, regrettez-vous votre geste ?

Regretter mon geste, ça jamais ! Par contre celui d’avoir échoué, oui. Personne n’échappera au jugement de l’histoire…

Ismain
Lundi 19 Septembre 2011 - 14:16
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