REFLEXION

Il existe toujours des damnés de la terre dans l’Algérie de 2012

UNE FAMILLE VICTIME D’UNE INJUSTICE A KHADRA

Il y a un demi-siècle, en 1961, Frantz Fanon a publié son roman « les damnés de la terre » à travers lequel il a décrit avec finesse et fidélité la vie de millions d’algériens plongés dans la misère et le dénuement sous l’occupation d’un colonisateur impitoyable. Malheureusement, un demi-siècle après l’indépendance, « des damnés de la terre », il en existe encore en Algérie de 2012, Algérie de la dignité et de l’honneur.



Il existe toujours des damnés de la terre  dans l’Algérie de 2012
A 5 km à l’ouest de Khadra,   80 km à l’Est de Mostaganem, au bas côté de la route qui mène vers la splendide plage de Sidi Laadjal, est érigée, loin des regards, un refuge de fortune entre les arbustes rustiques d’un buisson. Il s’agit tout simplement d’un gourbi habité par une famille de 7 personnes. La veuve « Baroudi B. » ; épouse d’un des exploitants de l’EAC N° 8 de la ferme Hamdi Bey ; y habite avec ses six enfants dont trois filles. Cette courageuse femme, âgée de 51 ans,  s’est retrouvée,  par la force des circonstances, responsable d’une famille entière après la mort de son mari  en 2001. Il y a trois années, elle  a déménagé dans ce lieu désert pour se rapprocher de son exploitation et veiller sur ses récoltes. Depuis, elle exploite plus de six hectares sur lesquels elle a planté plus de 200 oliviers et autant d’arbres fruitiers. Face à tant  d’efforts et de sacrifices, elle nous doit  mérites et encouragements. Le calvaire de cette femme courageuse se résume dans ce refuge de fortune dans lequel  elle habite  en compagnie de ses enfants depuis trois ans déjà. Un gourbi dont les murs sont en roseaux couverts de plaques en plastiques de serre et  un toit couvert en tôle et où règne l’insalubrité et divers  maux inavoués. Le lieu n’offre pas la moindre condition de vie humaine décente. A côté, dans une petite cours clôturée par des roseaux, on trouvait un baudet, un chien et quelques poulets. Dans un ravin limitrophe, se dresse  un semblant d’une vespasienne  aménagée en cannes et troncs en bois. Devant la façade, est plantée une assiette de parabole.  Situé à quelques 1500 mètres de la plage, en hauteur, le froid est glacial et l’humidité est étouffante en cette rude saison d’hiver. La veuve « Baroudi », que la vie n’a pas gâté,  nous expose amèrement son sort malheureux et crie à la hogra et à l’injustice. Durant trois années, elle a frappé  à toutes les portes pour bénéficier d’un logement rural, mais en vain. On lui   refuse même la délivrance d’un certificat de résidence, pièce administrative nécessaire pour justifier sa résidence dans la commune de Khadra. A cause du changement de résidence, elle a été radiée du fichier électoral de sa commune d’origine, Achaacha. À présent, les sept membres de la famille, citoyens algériens, demeurent étrangement sans identité. Ils ne sont reconnus ni à Khadra ni à Achaacha. La veuve « Baroudi » ne demande qu’un logement rural pour s’abriter et se consacrer à cultiver la terre. Frustrée, elle nous déclare : « après tant de doléances,  les autorités locales ; APC et Daïra ;  continuent d’ignorer nos souffrances ! Pourtant, nous ne demandons qu’un droit élémentaire, celui de bénéficier d’un toit décent, mais hélas. Notre vœu de vivre dans la décence demeure différé». Son fils, la vingtaine, rétorque : «  Nous sommes les oubliés de l’Algérie de la « ïzza oua el karama » (honneur et dignité)». En attendant, la veuve « Baroudi » et ses enfants continuent de subir les affres d’une injustice sans nom au moment où l’argent coule à flot et des sommes colossales sont consacrées aux différents programmes de développement des  zones rurales pour fixer la population et minimiser l’exode rural.

Adda Abdelwahab
Lundi 2 Janvier 2012 - 21:48
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MOSTAGANEM
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