REFLEXION

ISSAD ABDELDJABBAR : Réalisateur et créateur de productions pour Télévisions



Il s’en passe largement de mes écrits et de mes éloges, sensible à l’ouvrage et à l’art, c’est son talent qui m’interroge. Que de chemins parcourus afin d’immortaliser un instant ou de rétablir une mémoire, que de scènes honorées pour que l’art en soit une vertu et un héritage. Pour une des rares fois, un réalisateur incarne un artiste, et enjoint à la technique audiovisuelle une dimension du beau et de l’imaginaire. On ne naît pas du néant. On est le produit d’une vocation certes, mais on est aussi redevable à une source, à une référence. Abdeldjabbar est l’enfant d’ Issad Abdelkader. Un parmi les grands réalisateurs Radio que l’Algérie ait connus. Il serait  une atteinte à la mémoire audiovisuelle d’occulter certains événements phares dans les annales d’Issad Abdelkader. En effet, Oran s’honore d’être la première station de Télévision ayant embrassé le doublage. Il fut aussi un célèbre comédien. Il a si bien côtoyé Ould Abderrahmane Abdelkader dit Kaki, véritable sommité en art dramatique ainsi que Sirat Boumedienne, l’inégalable comédien. Il s’est investi parmi une pléiade d’artistes à l’image d’Ahmed Saber, Ahmed al Kahlaoui, Ahmed Wahby, et bien entendu Blaoui Houari,
On ne serait point étonné d’apprendre qu’Abdeljabbar fut à son tour jeune comédien et pu ainsi se distinguer dans Jazîrat al atfâl ou L’ile des enfants. Ce fut une co-production entre La Télévision Algérienne et Antenne 2. On y trouvera des comédiens de renommée tels Hdidwâne Abderraouf ou Bakhti Idriss. Issad Abdeldjabbar fut réalisateur à la Télévision Algérienne entre 2006 et 2012. Il a pris part à nombre de réalisations nationales télévisuelles. Il était assistant réalisateur dans al Durus al Mouhammadia.  Des conférences initiées par la Zaouia al Belkaïdia al Hybriyya et réalisées par Kaddour Ibrahim Zakaria entre 2007 et 2010. Issad était également Assistant réalisateur dans Hadihi bilâdî, réalisée par Ahmed Halloula. Appliqué dans l’ouvrage et s’imprégnant du talent des réalisateurs qu’il a côtoyés, puisant dans ses propres recherches et lectures, il devint réalisateur aux œuvres remarquées. Il réalisa alors al Dâkira al mansiyya ou La mémoire oubliée (Juin 2014) ; Thawriyât ou Révolutionnaires (Mars 2013). Il a également conçu un documentaire intitulé Maqbarat alf chahîd ou Cimetière au mille martyrs (Mars 2014). Afin d’éclairer les traditions et les coutumes se manifestant durant le mois de Ramadhan en particulier, il consacra As Suiqa, une série d’épisodes ayant pour espace les différents marchés en Algérie. Et comme l’humour est une dimension raffinée dans la culture de chaque peuple, le réalisateur a tenu à concevoir une série donnant à la société à se regarder à travers des émissions distrayantes. ‘Ich tchouf, ou Vis, tu verras, une forme de critique sociale à travers le rire. De ses œuvres emblématiques, un grand reportage sur le théâtre. Une œuvre à travers laquelle il alla puiser les sources de cet art dans l’art populaire et chez le Conteur véritable initiateur du théâtre dans toutes les cultures et dans toutes les sphères. N’est-ce pas du théâtre de rue, et des conteurs qu’est née la Commedia Dell Arte inspiratrice des prodigieuses écoles de l’art dramatique dans toutes ses nuances et dans toutes ses couleurs ? Pour chaque projet rêvé, pour toute initiative envisagée, il apporte cette dimension magique. Celle de proposer les choses dans le beau pour séduire et pour parvenir aux âmes dans leurs retranchements les plus lointains. Dans un monde acquis au son et à l’image, nous assistons malgré nous à un recul des pages. Certes, le parfum enivrant de l’encre, le plein et le délier, des pages qui au fil du temps deviennent dorées, que de beauté contraintes à être presque rangées dans un autre âge !  Issad Abdeldjabbar, a si bien compris que le règne du tactile a pris le pas sur les lignes et qu’une révolution est en cours. Ce nouveau monde n’est pas sans vertu. Des reportages, des scènes, des créations que j’ai vues d’Issad Abdeldjabbar me donnent à dire que cette nouvelle ère a, elle aussi, ses vives couleurs. Que de projet en projet, que de volonté à volonté, tout est art, tout est scène avec Issad. La moindre idée, la moindre graine, se conjuguent en trois dimensions pour instruire et plaire. L’école de demain, ludique, bienfaisante et conforme aux nouvelles têtes sera celle rêvée en cachette par Issad Abeldjabbar où le livre ne sera pas trahi, il sera honoré, il sera lumière. Quoi de drôle, qu’un jeune homme du Sud, un peu bronzé, rêve d’une école autre, d’ailleurs, une école déjà en cours ? N’est- ce pas un homme du Sud qui, errant, est allé, malgré lui, découvrir le Nord… dans un pays que l’on appelle unanimement le nouveau monde ? La touche d’Issad est certaine, son rêve cohérent, ses projets porteurs, en attendant que le temps  fasse œuvre, il ne cesse de provoquer le destin pour servir et être bien utile. Sous couvert, de sa sagesse, j’avance une idée qu’il me chuchota un jour « Le monde vit un temps où le génie et le rêve des peuples ont pris de l’avance sur les gouverneurs ».  Comme tous les « petits pionniers », Issad vit l’exercice, la contribution bienfaisante et l’attente, avant que le soleil ne se lève pour un si beau jour.  

 

Dr Bellatreche Laid
Mardi 18 Octobre 2016 - 18:05
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MOSTAGANEM
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