REFLEXION

INSTALLATION DU NOUVEAU WALI : Mostaganem mérite-t-elle M. OUADAH ?

C’est aujourd’hui que M. OUADAH Hocine sera installé dans ses fonctions de wali de Mostaganem. Sans fanfare ni musique, car l’heure est au labeur. Comme d’habitude et comme le veut la règle, l’on joue chacun y va à sa façon cueillir le peu qu’il sait de ces commis de l’Etat qui, dit-on sont inaccessibles aux communs des mortels. Pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie indépendante, le préfet d’une wilaya va être passé au crible et à la loupe.



INSTALLATION DU NOUVEAU WALI : Mostaganem mérite-t-elle M. OUADAH ?
Trêves de plaisanteries et que l’on écrive ce qu’on veut puisque les temps vont changer et les troubadours des temps modernes vont mordre la poussière. Opportunistes, arrivistes, riches illettrés, analphabètes diplômés, parvenus, intrigants et pêcheurs en eaux troubles ne jouiront plus. Quand un citoyen apprend par qui est-il administré il jugera opportun de la conduite à tenir envers celui-ci avant qu’il ne l’interpelle. Le wali étant le gouverneur d’une province, il a des prérogatives incommensurables sur son territoire de compétence. Y compris celle d’interdire à la mauvaise graine de séjourner sur son territoire, de fermer un bar et de réquisitionner votre véhicule. Un wali ne choisit pas ses hommes donc la tâche est souvent ardue. Il lui est difficile de mettre ses subordonnés au pas quand ceux-ci ont appris de mauvaises habitudes. Il suffit parfois que ces hommes sachent à qui ils ont affaire et tout rentre dans l’ordre. Bien sûr que l’appui central a son rôle à jouer. Si l’on se réfère au mini curriculum vitae de M. OUADAH Hocine, l’on s’aperçoit que c’est le meilleur des cadeaux que puisse recevoir la wilaya de Mostaganem.

M. OUADAH Hocine : Qui est-il et qui êtes-vous ? Que veut-il et que voulez-vous? Où va-t-il et où allez-vous? Bonne rencontre !

Comme partout ailleurs dans l’Algérie d’antan, l’école coranique était la pépinière du nationalisme où l’on formait de bons patriotes. L’Emir Abdelkader, Bennacer, Bachir El-Ibrahimi, Moufdi Zakaria, Malek Bannabi en sont des échantillons. Sans aucun doute, cette école dont la prise sur la société a diminué et dont les tentacules se sont rétrécies, a laissé quelques graines de dévoués à cette Algérie meurtrie. Des graines semées au bon moment pour perpétuer le sacrifice de ceux, qui ont accompli leur devoir aux champs d’honneurs disséminés à travers ce beau pays où luisent telles des jaspes, les gouttelettes d’un sang pur jamais asséché. Plus près de nous, Abdelmadjid Meziane, Mouloud Kacem Nait Belkacem et autres amoureux d’El Djazaïr, ont prouvé que la chaine n’a jamais été rompue et que l’espoir y est encore vivace et voir poindre de beaux jours n’est pas un rêve. Les braves et les loyaux pour le sacrifice suprême sont toujours parmi nous et OUADAH Hocine en est un.

Le nouveau wali ne voudra surtout rien cacher, car tout se sait et il le sait

En l’école coranique de son père, près de Draâ El Bordj à Bordj Hamza, actuelle Bouira, fief du nationalisme où a éli domicile l’Emir Abdelkader en 1839, le nouveau wali de Mostaganem fut imprégné depuis les années 1950 de versets, de sourate et de psalmodie mélodieuse du Saint Coran. Durant ces années-là, plus respecté que le Cheikh de l’école coranique et le Cadi, il n’y en avait pas. Le respect du maire, du riche colon, du garde-champêtre et des hommes des « bureaux » n’était que feints. Le parcours normal de l’époque voulait que l’école primaire, n’entrave point l’apprentissage de Coran qu’on assimile le matin dès l’aube, l’après-midi après les cours, le dimanche durant toute la journée ainsi que pendant les vacances scolaires et les jours fériés. Aucun tarif n’était fixé à l’école coranique. Les orphelins et les démunis y accédaient gratuitement. L’aumône n’était pas acceptée et la contribution de presque tous, ravivait l’enthousiasme des indigènes. C’était l’école de celui qui deviendra wali à Mostaganem. Le lycée avec son internat et la sortie avec le baccalauréat, et puis terminer pour les plus chanceux en énarque est le meilleur des parcours. Hocine est prêt à l’emploi. Il est l’un des plus jeunes universitaires d’Algérie. La pratique étant de rigueur, le sieur OUADAH se retrouva en stage chez un magistrat de l’ancienne «vieille école ». La vraie vieille de la vieille. Les cadis, les adels et bachs adels jugeaient dans le respect des lois et de la chariâ, et bien sûr veillaient à la bonne entente au sein de la communauté musulmane. Ils ont bien laissé leur empreinte sur le système judiciaire algérien postindépendance. La bonne éducation du jeune OUADAH veut qu’il respecte l’âge, le rang du magistrat cet ami de Cheikh OUADAH, le père qui initiait tout Bouira, dont la progéniture du juge, aux fondements de l’Islam et à l’apprentissage du saint Coran. Et ceci impliquait que le jeune universitaire n’assistait point aux rares affaires de mœurs. Le jeune homme se retirait sans bruit sur la pointe des pieds de la salle d’audience où il siégeait en retrait du cadi. Le diplôme de sciences juridiques en poche, le stage terminé, l’universitaire est prêt à l’emploi. Comme tous les copains de sa génération, il n’a jamais failli à cette époque de s’inscrire au volontariat et bénévolat. Tout le monde mettait la main à la pâte : reboisement, campagne de nettoyage, recensement, alphabétisation, cueillette et ramassage chez les fellahs… Les villages agricoles poussaient comme des champignons, la reforestation était une affaire nationale, le barrage vert et la transsaharienne, les campagnes de vaccination occupaient l’Armée Nationale Populaire, l’ANP, notre fierté nationale. La hantise était que les paroles d’un champ patriotiques ne vous reviennent pas. Si les études ont occupé le jeune OUADAH de la fin des années 1950 à 1975, dans les lettres françaises et arabes avec une langue anglaise qu’il fallait maîtriser, le destin en a voulu autrement pour celui qui croyait que les mathématiques, physique et chimie n’ont plus droit de cité chez lui. Quand le grand devoir appelle un patriote c’est de sacrifices pluriels qu’il s’agit. C’est logique pour un gars de cette époque. L’Algérie en mue venait d’instituer le service national qui faisait pleurer ceux qui n’en avaient pas la chance d’y être portés sur les listes des « aptes au service ». Les jeunes revendiquaient leurs droits à rejoindre les rangs de l’armée pour servir auprès de ceux qui ont conquis l’indépendance. Pour faire son service, on abandonnait son poste de directeur dans une grande firme américaine ou française. Ils étaient des docteurs, chercheurs, enseignants dans de prestigieuses universités occidentales et ne portaient que l’Algérie au cœur.. Et comme tous ceux-là, OUADAH, la vingtaine à peine dépassée, se remit aux mathématiques, à la physique et à la chimie pour bien maîtriser les trajectoires, les probabilités, la balistique, la météorologie, les sciences géodésiques, les poudres et explosifs et bien sûr les sciences de la guerre comme tout intellectuel reconverti au métier des armes. Deux ans ne suffisaient pas et maintes classes virent leurs séjours prolongés. La formation d’officier ne permet pas les lacunes, car être officier c’est d’abord en avoir l’esprit. L’esprit de la grandeur devant les grandes difficultés dans les grands moments. Les plus chanceux parmi les conscrits sont ceux qui profitent de la grande vadrouille pour sillonner l’Algérie profonde et des moments heureux qui leur font connaître de vrais hommes. N’est pas artilleur qui veut et modestie oblige, OUADAH ne relate rien de cette période quoiqu’il ait fait preuve d’actes de bravoure et sa troupe lui témoignait amour et respect sans limites. Il avait l’art et le don de maîtriser le fer et le feu. L’homme dirigeait sur des cibles à peine perceptibles des projectiles volant à cinq mille mètres d’altitude par une météo féroce. La vadrouille est aussi un « vice » comme la chasse et la pêche, et le jeune OUADAH, l’Etat a attrapé. Il l’a dans le sang. Au service de l’état, il montre que son moule est particulier. Honnêteté, intégrité, sens du devoir, amour du prochain, pudeur, sens aigu de l’honneur et de la dignité. Sa grande foi et sa droiture lui ont valu l’honorable médaille de « têtu devant la friponnerie ».

Il ne plie pas. Il hait les menteurs et les lâches

Non sans embûches, que le wali de Mostaganem a gravi les échelons de l’administration. Quand il remet les clés de son bureau à un chef c’est définitivement. Inutile d’insister. Il ne plie pas. Il hait les menteurs et les lâches. D’ailleurs, on remarque chez toute la fratrie de Hocine la marque indélébile du sage père à la parole franche et au verbe bien pesé. La marque des grands tolbas. Dans la wilaya de Batna, il était aux Chaouia ce que les yeux sont à la tête. Défenseur, porte-parole, conseiller, fils, frère, ami de tous et enfin commis de l’état. Quand les Chaouia vous adoptent c’est que vous valez quelque chose chez ces révoltés de nature. Etre chef de daïra chez eux n’est pas une mince affaire. Des Aurès, le chef de daïra se retrouve à Rachidia, capitale de l’Emir Abdelkader : OUADAH Hocine. Suite à la publication du décret du 11 juillet 1995, à peine la quarantaine entamée, M. OUADAH rejoint son poste de wali, en remplacement de M. Rabah OULD AMEUR. Durant ces deux terribles années qu’il passera à la tête de la wilaya de Mascara, un illettré, TALHA Hadj, alias Abou Tourab, terrorisait toute la contrée. De Zahana à Oued El Abtal et de Sig à Maoussa, pas âme d’exécutif ne vive. Mais quand on est homme de terrain, ce n’est pas un avorton qui vous retient. Et Hocine OUADAH aime sortir sur le terrain afin que rien ne lui échappe. Trois atouts sous sa main : une cimenterie, les plaines de Mascara et des carrières de gravats. Une faiblesse : l’exode de la population rurale. La rumeur court, qu’il est partant, la tâche n’est pas terminée, mais quand même on pleure le wali gentleman. Et il s’en alla. Le bout du tunnel était presqu’atteint à Mascara quand le 12 juillet 1997 fut signé un décret présidentiel portant nomination de Hocine OUADAH en qualité de wali de Chlef. Il remplaçait Mohamed SAIDANI nommé wali de Médéa. Pire que Mascara de par sa configuration géographique en cette période de guerre civile, la wilaya de Chlef est réputée difficile pour tout administrateur aussi chevronné soit-il. En plus de la terreur, la magouille, la malversation et l’intrigue guettent au premier tournant les non avertis. Depuis qu’a sévi le séisme de 1954, le chef-lieu de wilaya n’a pas pu se revigorer et s’assurer une bonne santé. Et le vase déborda avec celui d’octobre 1980 qui rasa la ville. En 1997, pour comble de malheur, on y recrutait encore des terroristes à Chlef. Même topo qu’à Mascara : une cimenterie, la plaine du Chélif et des carrières de gravats. Ici la spéculation du ciment bat son plein et ajoutez-y Boukader où tout se vend et tout se vole. Comme on y trouve de la fausse monnaie, on trouve de faux gendarmes, de faux policiers, de fausses plaques d’immatriculation et tout le monde est dépassé vu l’ampleur du phénomène. Quatre années de dur labeur parmi ceux qui portent des bébés pas encore nés sur les listes d’attribution de logements sociaux! Et le wali s’en aperçoit aisément de la triche avec à sa tête un homme de confiance, un notable, désigné par respect membre d’une commission et qui était alors âgé de 72 ans… inspection après inspection, visite après visite. Rien n’est laissé au hasard. Difficile de rendre l’âme d’antan à une province bidonville. Le 4 août 2001, M. Hocine OUADAH est nommé à la tête de l’exécutif de Tizi Ouzou en remplacement de M. Abdelkader OUALI qui n’a gouverné que deux années. Un cadeau empoisonné. Une gageure. Le risque est connu et reconnu. A ce jour, quoique le calme soit revenu, il est considéré comme relatif et on entrevoit encore la main bénie du jeune wali sur cette wilaya enclavée entre celles de Béjaïa, Boumerdès et Bouira reconnues comme fiefs de la vérole. On se rappelle bien l’attentat manqué du 7 juillet 2007 conte l’ancien wali de Tizi Ouzou, M. MAZOUZ Hocine, actuellement en poste à Batna et qui a failli lui coûter la vie. Imbu de sagesse dès son enfance, M. OUADAH évite la provocation, et les défis stériles et sans fondements qui à la limite conduisent à la cassure certaine entre gouvernants et gouvernés. Même les inspections et les sorties sur le terrain qu’il affectionne tant, trouvaient barrage et c’est la frange des démunis qui en pâtissait. Du temps de M. OUADAH, l’on n’avait pas autre chose dans la bouche qu’amazighité, amazigh, tamazight, MATOUB Lounès, printemps berbère, églises informelles, missionnaires, évangélisation, bars clandestins, pneus brûlés, kseurs en conclave, squatters, commerces sauvages, trottoirs encombrés, affrontements entre forcenés et forces de l’ordre, marche de lycéens, grève générale, kidnapping, attentat-kamikaze, feux de forêts, barricades… Et d’autres « choses » encore. Si ailleurs, Kabylie veut dite Tizi Ouzou sans plus, avec M. OUADAH c’est Boudjima, Idjer, Ifigha, Tikobaïne, Frikat, Tizi N’Tleta, Aït Aggouacha et autres communes pour la wilaya et Thazougarte, M’douha, Les Cadis, Bâtiments bleus, Cité Million et autres cités pour Tizi Ouzou. A propos de Tizi Ouzou, la ville n’avait rien d’une ville. Ce village de l’époque ottomane devenue grande dechra croulait sous les ordures. La ville des genêts gênait de par ses odeurs nauséabondes et pourtant les moyens humains et matériels étaient suffisants. Il fallait mettre fin à l’anarchie et les hommes attendaient un homme. La nomination de M. OUADAH à la tête de la wilaya de Tizi Ouzou n’est pas fortuite ou fruit du hasard, elle est basée sur des critères solides et convaincants. Hocine quitta son poste pour la wilaya de Blida avec la satisfaction totale du devoir accompli, la tête haute et la conscience tranquille. Là-bas, on a regretté son départ, mais M. MAZOUZ, cet économiste de formation, à la tête de la wilaya a calmé les esprits en se donnant corps et âme aux enfants du Djurdjura ruraux comme citadins. Par le décret présidentiel du 12 mars 2006, OUADAH est dirigé de Tizi Ouzou vers la wilaya de Blida. La wilaya de Blida vit les séquelles de la gestion catastrophique de Mohamed BOURICHA qui fut appelé à la barre afin de rendre compte. Ce dernier, accusé depuis 2005 de corruption, dilapidation de deniers publics, faux et usage de faux, trafic d’influence et passation de marchés contraires à la législation, a laissé un mécontentement général que le nouveau wali devra dissiper et montrer qu’il existe encore d’honnêtes commis de l’Etat. Chréa, Bougara, Bouinan, Guerouaou, Ouled Yaïch, Sidi Moussa, Sohane, Hammam Melouane, Beni Tamou, Larbaâ et d’autres contrées, où était considéré comme acte de folie le fait de s’y aventurer, ont été passés au peigne fin par cet homme de terrain afin de marquer la présence de l’état et acquérir la confiance d’une population longtemps abandonnée à son sort peu envieux. Ce qui étonne l’énergique wali, c’est la méconnaissance du terrain par l’exécutif, rapporte-t-on. Embuscades, attentats, actes de sabotage, faux barrages, menaces, exode, chômage, mal vie, enlèvements étaient le menu quotidien de cette contrée durant la décennie noire. Dans une wilaya où l’argent coule à flots, les élus qui se sont mouillés dans des affaires louches font légion en cette période marquée par un manque flagrant d’intégrité et de citoyenneté quoique l’impunité ait disparu et que la justice sévit. Dernier acte déplorable à Blida, la mise en détention d’un énarque qui avait la destinée de la mairie de Blida. Hocine KACEM, il s’agit de lui, est derrière les barreaux pour s’être accaparé de quatre milliards de centimes à travers la passation de marchés non conformes à la législation, faux et usage de faux et dilapidation de deniers publics. Trois prédécesseurs de ce dernier se sont vus écartés de leurs fonctions dont un est encore poursuivi par la justice, un deuxième s’est vu contraint de démissionner et un troisième se trouve sous contrôle judiciaire. Et la population entière regrette que leur commune ne soit pas dirigée par une délégation exécutive communale (DEC), c’est dire le retour dans le giron de l’Etat de cette population qui ne fermait pas de l’œil durant près de quinze dures années d’horreur et d’épouvante.

De Blida, M. OUADAH est dirigé sur la wilaya de Mostaganem

Une wilaya qui sent le roussi. Ici, le citoyen d’aujourd’hui se voit réduit à un quémandeur de peu. Ce peu se résume en bout de paix et de sérénité. Jamais le citoyen de la nouvelle wilaya de Mostaganem, l’ancienne ayant été démembrée de deux grands territoires en l’occurrence les wilayas de Relizane et Mascara, n’a été si mal à l’aise. Si le citoyen lambda voudrait garer sa voiture sans s’inquiéter qu’un bastonneur ne lui arrache de force le racket de stationnement sous la menace d’un tournevis, l’autre voit la dérive du stationnement payant sur des trottoirs rouge et blanc interdisant le moindre arrêt. Le même trottoir est squatté par des commerçants qu’un laisser-aller fait des services concernés fermant l’œil sur l’affichage des prix, le pain sur les rigoles et l’abattage clandestin du Souk de Mesra, des services foncièrement obsolètes. Quoi d’autre à dire sur les décharges sauvages en plein chef-lieu de wilaya et une « pourriture » de marché informel à Aïn Sefra que maudissent nuit et jour les enfants de Mostaganem, maintenant vieillis qui se morfondent la mort dans l’âme. Que veut un citoyen de plus qu’un passeport en vingt jours comme le lui promet le préposé au guichet et un permis de conduire ou une carte grise dans les délais requis ? Les mignonnes petites bouteilles vertes et les grosses au long goulot, de bière, de rouge et de rosé défient l’automobiliste non point sur le bas-côté, mais sur la ligne continue des routes asphaltées narguant aussi les visiteurs de la ville de Sidi Abdellah et la zaouïa Alaouia. <<Tu ne sais pas te saouler, je te range la bouteille, aurait dit la roumia. >> On s’enivre sous vos balcons et couards, verts de peur vous vous en remettez au Créateur puis vilement attendez la levée du jour pour ramasser l’emballage croyant protéger votre prestige de notable à la noix. Quand les docks-silos déversent leur poussière asphyxiante sur la cité Emir Abdelkader noyée dans la pénombre faute de lampes et que le facteur se perd faute d’odonymie, l’on rage. Tout est anonyme. Le vieillard et l’asthmatique crient la vengeance divine sur des services incapables de remettre un ascenseur en marche. Les pistes sont rocailleuses et les sources sont taries là où l’âne a encore du service. Là où l’Etat ne s’inquiète pas de son autorité, foisonnent les dos d’ânes faits de cordages et de pierres. Et aussi des dos d’ânes sur des dos d’ânes par endroits ! Et là-bas au vu et au su de tout le monde la vigne a fait place à un gigantesque parking d’autobus. Il n’est pas question d’aquaculture même si le Président de la République vous en a remis les documents et vos économies partent en fumée. La violence urbaine fait rage et ce n’est que la partie visible de l’Iceberg que rapportent les journaux. Quand l’administration fait courir les diabétiques d’Aïn Tedeles et les laisse sur des braises pendant neuf mois, après même une publication sur un quotidien et leur signifie un rejet, l’on se marre de ce que le préposé aux associations, ignore ce que son petit geste fera comme victimes et dégâts. C’était un pêle-mêle au dessus de la mêlée et la rédaction peu s’en mêle, car ce sont d’autres qui trinquent même si, dit-on, le nouveau wali a toujours honoré la presse et comblé de cadeaux. Il n’a jamais rien caché, dit-on-je me répète. Nous aussi. Ne manquait plus que cela.

Aidons le nouveau wali avant que les Béni-oui-oui se font passer pour des notables ..!

Les Béni-oui-oui ignorants, ne sachant même pas tenir une fourchette, confondant Nay et Gasba se font passer d’un coup pour des passionnés de musique andalouse et de chaâbi au dépens de leur pipo de berger et n’apparaissent que pour s’afficher là où l’unique, cette orpheline, y est. Maudits soient le caviar qui pue le poisson, le saumon et le champignon de Paris qui ont remplacé le méchoui sous la kheïma à Daïet Oum Chérif et Gaaloul. La vache se nourrit de pain blanc et la crevette manque à l’appel. Les introduits par la force du viol d’une échelle de valeurs déjà longtemps bafouée, narguent lettrés et exégètes, la décadence ayant frappé et les érudits férus d’Ibn Khaldoun l’avait prédite. A ceux qui confondent ville touristique, et station balnéaire et de loisirs, Mostaganem n’est que de la seconde catégorie et preuve en est le musée sur ses hauteurs qui étonna en 2007 une Suédoise de par sa brillante fonction de musée-dépotoir et qui vit le wali incriminé de « laisser-aller» par un préposé à la visite. Il a fallu expliquer à la vieille dame qui a parcouru le monde, l’erreur et la différence, les grades et les fonctions. Elle qui, chez elle, maniait le balai en promenant son chien n’en a vu que du feu !! Les faits : sur le toit du musée, un chien s’est arrêté. Incriminez qui vous voudrez, les yeux bleus perçants de la dame ont tout gravé dans sa mémoire! Elle n’a fait que passer comme bon nombre de ronds-de-cuir, puisse-t-elle confondre Mostaganem et Fornaka, le mal est déjà fait. A plus petite échelle, le colonisable de Malek BENNABI est ce Mostaganémois débordé par l’exode rural et l’arrivisme ; il lui reste maintenant la main tendue d’un super-wali et que ceux qui se prétendent Ouled Bled, alors que les Phéniciens ont déguerpi il y a belle lurette et les ottomans turquisés intégrés sans haine, sachent saisir l’occasion afin de sauver ce qui reste de la maison Mostaganem. Mostaganémois de souche, MDS pour les intimes, ceux-là qui laissaient leurs portes ouvertes sans risques ni périls, la chance ne sourit qu’une fois, sachez la saisir au risque de me répéter. La farandole des pétitionnaires immunisés et vulnérables contaminés a fait un couac. Mauvais élèves, ils ne savaient pas que le passé leur a fui et qu’ils ne vivaient pas leur présent. Quand on a sous sa main un wali à cinq mutations c’est comme engager une bataille avec à son flanc un général cinq étoiles, quand une seule est difficile à conquérir. Difficile du moment que le dernier maniement nous a appris que des walis jetables existent bel et bien, et que de wali à walou, l’arabisant vous dira le ‘’ya colle au ouaou’’, donc pas le moindre entracte. C’est une perle rare un wali à cinq mutations. Que nenni, M. le wali sait faire participer les MDS au développement de leur chez eux ! Et que ceux qui s’affichent déjà au portillon sachent qu’il est inutile de chauffer le bendir, car tout est clair. « Notable de Mostaganem » prête à sourire et «grande famille » fait marrer. Qui est qui et qui est quoi dans l’anarchie? La nuit, tous les chats sont gris. Les élus de tous bords devront montrer leur apport à cette wilaya tombée dans la déchéance et ce que l’on croit développement n’est que futilités, car Hassi Messaoud et Hassi R’mel peuvent faire encore des miracles et nul n’a tiré un sou de sa poche pour revendiquer tel pont, telle fontaine ou telle école. Que chacun montre le henné de sa main, disaient nos grands-mères. Un wali, c’est payé, pas tellement bien, on le sait, mais c’est payé quand même. Reste sa conscience, son abnégation, son audace, sa détermination, sa bravoure et la contribution de tout un chacun pour éradiquer à jamais non pas les maux sociaux mais d’abord cette vermine qui empoisonne la vie de la majorité silencieuse devenue indifférente et Dieu sait ce que l’indifférence engendre comme monstres. Le reste suivra. Evacuer le Carré, place Thiers qu’on dit- place des Trois-Frères-Bencheikh, c’est rendre au troisième âge son bien de toujours. Eduquer le citoyen à refuser la sardine à 300 dinars et boycotter le pain devient un acte citoyen au même titre que refuser le sachet en plastic et dénoncer les lampadaires brillant de tous leurs feux au soleil matinal. Les moyens existent. « Désquatter » les jardins publics de ses caresseurs de mains et les fronts de mer des buveurs invétérés au profit de ceux qui triment et méritent le repos n’a rien de difficile. Ne pas payer 30 DA de racket quand on gare sa voiture, c’est rentrer chez soi avec dix sucettes, ces fameuses Kojak, qui égaieront la marmaille. Racket pour racket, que M. le wali sache qu’il y a eu mort d’homme au parking gratuit de l’hôpital de Mostaganem en face du tribunal à cause de dix dinars. La victime a osé refuser l’extorsion. L’amende illégale dure et la morgue est tout près. Encore un pêle-mêle d’échappé involontairement d’une « Peur sur la ville ». Etc, etc, etc, aurait dit Yul Brynner en roi de Siam. Qui n’a pas connu Mostaganem sereine et réjouie dans une Algérie nouvellement indépendante quand était chantée la Salamandre, ne comprendra jamais ce que ses aînés ont perdu comme terrain chez eux. Et ce n’est qu’au moment où il le saura qu’il saura pourquoi ils sont prêts à payer n’importe quel prix pour redorer le blason de cette perle de la Méditerranée et ses dépendances à sa juste valeur.

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Samedi 9 Octobre 2010 - 00:01
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