REFLEXION

Haouch Kaddour... Un ghetto omis

17 FAMILLES Y HABITENT

Le Haouch, ce nom familiarisé à nos campagnes est maintenant caractéristique de nombreux quartiers de la ville de Mostaganem. Il s’agit souvent d'un habitat construit par un individu à partir de matériaux de récupération et loué à plusieurs familles. Selon les quartiers de la ville, les Haouchs portent en général le nom de leurs propriétaires. Le plus souvent, ils sont situés dans des parties de la ville délaissées par les catégories les plus aisées : sur de fortes pentes, à proximité de zones industrielles, ce qui les rend d'autant plus dangereux. Les équipements collectifs (eau, électricité) y sont réduits, les transports collectifs ne les desservent pas, ce qui en fait également, au moins au départ, des ghettos. Il peut arriver qu'avec le temps les municipalités les intègrent dans leur plan d'aménagement, si elles ne décident pas de les détruire…



Haouch Kaddour... Un ghetto omis
Cette éventualité est une aubaine pour les locataires, qui leur permettra d’acquérir des logements décents du fait qu’ils seront pris en charge par l’Etat. Mais que dire des autres ? Qui resteront entassés dans leurs prisons, enfermés dans des chambres ressemblant à des cellules sans barreaux. Haouch Kaddour est l’un d’eux. Ce Haouch situé au quartier des HLM, juste à côté du Hammam Ghezzali est un refuge pour 17 familles laissées pour compte en marge de la société. Vu de l’extérieur, il ne viendra à l’esprit de personne que cet  endroit est un Haouch où plusieurs familles y vivent. L’entrée de ce Haouch est un portail vert qui signifie à lui seul à juste  titre « l’arbre, qui cache la forêt ». Juste derrière ce portail, réside la famille Bouguefa, dont le père est décédé où elle réside dans ce qui ressemble à un débarras plutôt qu’à un endroit pour loger des êtres vivants. Lors des dernières précipitations, une partie du toit s’est effondrée sur les têtes des occupants alors qu’ils dormaient. Ce Haouch qui était considéré auparavant comme un abri pour les familles qui y habitent, est devenu maintenant un risque mortel où une vieille femme, Fatma, âgée de plus de 70 ans a failli payer de sa vie la dégradation des lieux.  Cette malheureuse, est aveugle, ne quitte jamais son lit où elle est étendue toute la journée. En effet, une partie du toit est tombée sur sa tête, en lui causant des blessures au niveau du crâne. Les escaliers ne sont non plus surs pour les familles habitant l’étage du  dessus. Ils sont si dégradés qu’il faut faire très attention en les empruntant. Vous risquez  de laisser des plumes si l’escalier s’effondre. Et c’est ce qui  s’est passé  dernièrement. Une rampe d’escalier construite en briques est tombée dans la cour du Haouch. Heureusement, il n’y avait pas d’enfants  à ce  moment là car cela s’est passé pendant les heures d’école. Un autre danger guette les enfants de ce Haouch, celui du puits se trouvant au milieu de la cour, fermé avec une plaque de ciment, qui elle aussi risque de s’effondrer. Pour l’assainissement, c’est la honte, certaines toilettes sont construites à l’intérieur des chambres à cause du manque flagrant d’espaces. Il est nécessaire de  signaler, que chaque famille habitant le Haouch loue deux chambres dont une est transformée en cuisine. C'est-à-dire ; dormir, manger, se laver et faire ses toilettes quotidiennes dans la même chambre. Et dire que chaque individu a besoin de son propre espace d’intimité, ceci ne s’applique pas pour ces familles qui endurent en silence le calvaire, oubliés par l’Etat et ses représentants locaux qui loin d’être à l’écoute du citoyen. Car censés l’être, ils sont devenus aveugles, sourds et muets. A quoi bon sert de demander les voix des citoyens lors des élections, si on est incapable de les arracher de la misère. Ces citoyens ne demandent rien, que d’avoir un cadre de vie décent qui est de leur droit. Les services de la daïra doivent dès maintenant prendre acte de ce qui se passe à Haouch Kaddour et de faire au mieux le nécessaire car ce n’est pas  nécessairement  que tous ceux qui demandent un logement sont vraiment dans le besoin. Il faut assainir les listes et en faire sortir les vrais nécessiteux par le biais d’enquêtes approfondies sur le terrain, loin de toute complaisance avec quiconque. Ce qui  suppose  qu’il faut  associer les représentants des habitants de ces Haouchs dans ce recensement, et Haouch Kaddour en fait partie. Les habitants du Haouch Kaddour attendent leur déportation, non vers les camps de la mort mais vers là où  il est bon de vivre comme c’est le cas de leurs semblables citoyens algériens. La solidarité n’est pas seulement de distribuer de l’argent et des couffins, la solidarité est encore de s’enquérir de la situation sociale de ses concitoyens en essayant de leur apporter du réconfort de n’importe quelle manière, pourvu que ces familles aient un bon train de vie,  comme celui des responsables de leur destinée qui est plus qu’aisé. Les « Bidonvillistes »  du « Typhus » ne sont pas plus nécessiteux que les habitants des Haouchs. Les habitants des Haouchs n’ont pas des 4x4 et des camions SAVIEM   garés devant leurs habitations comme c’est le cas des « Bidonvillistes », qui en vendant l’un de ces véhicules peuvent se loger convenablement et épargner à leurs enfants cette vie de misère. Il faut différencier entre la vie de misère imposée et celle voulue. 

Charef Slamani
Lundi 2 Janvier 2012 - 11:00
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MOSTAGANEM
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