REFLEXION

Hachak, Sy L’Hadj !



Sauf votre respect. Une formule de politesse bien usitée dans toutes les langues du monde. Pour les arabophones, c’est « hachak ». Pour les anglophones, c’est « with all due respect ». En Afrique du nord, hachak est lancé à tout bout de champ. A tort et à travers même. Quand on s’adresse à plusieurs, on dit hachakoum. « Le chien, hachakoum ». « L’âne, hachakoum ». Hachak et hachakoum se dit à l’énoncé de quelque « abjection ». Dans certaines contrées, il se disait même : « Mon épouse, hachakoum. » Bref, hachak veut dire « sans volonté de vous offenser ». A Hassi Mamech, au sud de Mostaganem, en Algérie, le maire tient beaucoup à la propreté de sa ville. Les citoyens aussi et les agents communaux préposés au nettoyage encore plus. Ces derniers sont respectés et même chouchoutés par leurs concitoyens. Ils y vont doucement et surement. Ils y vont au gré de leur humeur, de la pluie,  de la canicule et même du beau temps. Par beau temps, on prendrait bien du bon temps. Hadj Mohamed est un retraité de l’éducation nationale. Il n’a jamais failli quand il s’agit d’épauler un ancien collègue. C’est un homme respecté, connu, débrouillard, mais surtout généreux. Toujours disponible. Par un beau jour de printemps, il rendit visite à un ancien qui éduqua des générations dont il fit des médecins, pilotes, professeurs, ingénieurs… mais surtout d’honnêtes citoyens. « C’était le temps de l’éducation civique et de la trique en classe, comme dirait ce même Hadj Mohamed. » Le bon vieux temps pour les vieux. Devant la porte de son collègue, Hadj Mohamed tomba sur toute une équipe d’agents communaux autour d’une cafetière et des gâteaux secs. Son ancien compagnon les gâtait. Leurs balais, pelles  et brouettes gisaient à côté. L’ancien collègue sortant inspecter son perron, tomba nez à nez avec Hadj Mohamed : « Mais je ne te vois plus, lança le visiteur, après le traditionnel salamalec. – C’est que je ne sors plus, lui rétorqua l’autre. Si ce n’est les agents de nettoyage, hachak, je n’aurais pas mis le nez dehors ».  Pour Hadj Mohamed, un humaniste et philanthrope convaincu de l’utilité à son prochain, ce fut le hachak qui lui fit dilater les narines de colère et jamais plus il ne revit son collègue, hachakoum.

Réflexion
Mercredi 15 Août 2012 - 02:06
Lu 312 fois
NON-DITS
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 08-12-2016.pdf
2.77 Mo - 07/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+