REFLEXION

Grippe pandémique A H1N1 : Enquête sur les risques du vaccin



Les experts se veulent plutôt rassurants, mais des incertitudes persistent.Vaccins mis au point à la va-vite, contenant des conservateurs ou des adjuvants potentiellement toxiques… Les plus folles rumeurs circulent à propos des vaccins contre la grippe pandémique A (H1N1), dont l'administration devrait commencer courant octobre en France. Selon un récent sondage, un quart des Français seraient totalement rétifs à la vaccination. Et la défiance n'épargne pas les professionnels de santé. La Coordination nationale médicale santé environnement (CNMSE), qui revendique un millier d'adhérents professionnels de santé, demande des preuves scientifiques «démontrant que cette vaccination est nécessaire et sans danger notamment pour les femmes enceintes et les jeunes enfants» . L'organisation s'inquiète par exemple de la présence d'adjuvants - produits destinés à amplifier la réponse immunitaire au vaccin - comme le squalène, «mis en accusation dans le syndrome des vétérans de la guerre du Golfe». Elle s'interroge aussi sur le thiomersal, «conservateur contenant du mercure ». «Pour l'essentiel, les vaccins pandémiques ont la même composition que ceux utilisés sans problème depuis plus de soixante ans contre la grippe saisonnière», martèle le Dr Rebecca Martin, du bureau européen de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). «Les vaccins antigrippaux sont généralement bien tolérés, confirme le pneumologue Paul Léophonte, auteur de l'ouvrage Les Grippes en question (Éditions Privat). Les effets secondaires les plus fréquents sont des réactions locales. Plus rarement, on observe une réaction générale avec fièvre, fatigue, etc., rapidement réversible.» Quant aux complications neurologiques, tel le syndrome de Guillain-Barré - qui se traduit par des paralysies généralement régressives en quelques jours -, elles sont rarissimes : 1 cas sur 1 million. À part les antigènes viraux, quelles peuvent être les différences entre ces vaccins bien connus et les nouveaux vaccins pandémiques ? D'abord, la technique de production. Pour gagner du temps, l'américain Baxter a choisi de ne pas utiliser la classique culture sur œufs embryonnés et d'opter pour des cultures de cellules Vero, provenant de singes. «C'est une technologie nouvelle, qui est encore en cours de tests cliniques, mais elle n'inspire pas de crainte particulière», assure le Dr Martin.Autre différence possible, la présence dans les vaccins pandémiques de conservateurs comme le thiomersal. Le recours à ce composé qui diminue le risque de contamination microbienne est justifié par le conditionnement en multidoses, mais sa composition à base de mercure inquiète les consommateurs. «Dans les années 2000, le thiomersal avait été retiré des vaccins car suspecté d'être à l'origine de troubles comme l'autisme, explique Fabienne Bartoli, de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Depuis, les études épidémiologiques ont montré que cette maladie continuait à progresser, ce qui est indirectement rassurant.» Selon elle, il est donc licite d'en utiliser, la balance entre ses bénéfices (certains pour éviter les contaminations bactériennes) et sa toxicité (non prouvée) restant positive. Qu'en est-il des adjuvants ? «Les vaccins saisonniers n'en contiennent pas, sauf le Gripguard (Novartis, NDLR), qui est surtout utilisé chez des personnes âgées, dont les réponses immunitaires sont plus faibles», indique le Pr Léophonte. Pour les vaccins pandémiques, les quatre laboratoires qui vont livrer la France ont leur propre stratégie.

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Jeudi 24 Septembre 2009 - 08:36
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