REFLEXION

GUELMA : Violence conjugale, Témoignage de trois femmes battues

Les violences à l’encontre des femmes sont ancrées dans de nombreux foyers. Gifles, coups de pieds, insultes, humiliations …, C’est le lot quotidien que subissent 80 % des femmes algériennes.



GUELMA : Violence conjugale,  Témoignage de trois femmes battues
Ce phénomène a pris des propensions alarmantes dans la wilaya de Guelma C’est la part infime des inégalités et discriminations subies par ces femmes. Leurs cris de douleur n’ont jamais trouvé d’écho, victimes des mentalités obscurantistes qui justifient à chaque fois les violences qu’elles subissent, et des lois qui ne les protègent pas suffisamment de ce fléau. Elles se rendent à la souffrance en silence. Qui sont ces femmes ? Pourquoi elles sont battues ? Se sont des questions aux quelles répondent trois femmes victimes de violences. Fatiha âgée de 45 ans, mariées et a quatre enfants « mon mari est quelqu'un de généreux, agréable, il ne buvait pas, ne fumait pas, plein de qualité mais il a un seul défaut, c’est la violence, mariée depuis 15 ans, j’ai subis avec lui toute sortes de violence physiques et morales devant mes enfants j’ai même été hospitalisée deux fois. A chaque fois que je demande l’aide auprès de ma famille ou mes amis, tout le monde se retourne contre moi car il ne me laisse pas l’occasion pour me défendre « la meilleure défense c’est l’attaque » il me traite de toutes sortes d’insultes : il leur dise que je le trempait tout le temps, que je suis faignante, sale, …etc. bref, c’est lui la victime. A chaque fois je me promenais avec un super oeil bleu c’est ce que je méritais. Je me sentais de plus en plus seule j’ai supporter ce calvaire à cause de mes enfants. Un jour j'ai pris mon courage entre deux main et je suis aller déposer une plainte. Toute la famille s’est intervenue pour nous réconcilier et ma plainte est tombée à l’eau. A partir de ce jour, j'ai gardé pour moi ce que je vivais et puis il y a mes enfants, je suis prête à tout faire pour eux ». Quant à Nesrine, elle raconte sa souffrance avec son père « j'ai été battue quand j'étais enfant, mes frères et sœurs aussi. Je me souviens de pleins de souvenirs douloureux, malheureusement mon père était un alcoolique, ma mère reçoit presque chaque jour son lot d’insultes et de coups, je m'en souviens même un soir, il est rentré à la maison ivre, il avait plaqué ma mère contre le mur et lui a mis un couteau sous la gorge. Il lui a aussi balancé un coup sur la figure. Nous il nous tapait pour un rien. Souvent on s'échappait de la maison pour demander l’aide. Ma mère nous dis qu’elle est restée avec lui pour nous protéger. Il lui disait que si elle partait, il aurait la garde des enfants, ma mère a peur de nous perdre. Elle a été rabaissée, humiliée, sous-estimée pendant plusieurs années. Aujourd’hui mon père a 80 ans il ne trouvait plus la force pour nous taper, mais ma mère reçoit toujours son lot d’insultes. Sa vie a été ratée, du fait qu'elle n'est jamais été une femme, seulement une mère ».
Mariée depuis 7 ans Bahria s’acharne : « A chaque fois qu’il me battait, c’était par jalousie. Il trouvait que j’avais trop parlé avec mes collègues au travail. Je me souviens un jour il m’a tellement roué de coups j’ai failli mourir, deux cotes cassées, traumatisme crânien,… j’ai été hospitalisée pendant 15 jours. Lorsque je suis dans cette situation, je me mets beaucoup de temps à accepter que la victime, c’est bien moi et pas l’autre. Au début, je me disais que c’est ma faute et que j’ai mérité la beigne qu’il m’a donnée, je me sentais coupable, je n’ai jamais osé à en parler. En public cet homme est très gentil mais en privé il devient de plus en plus violent, ma vie est en danger avec lui, la seule fois que j’ai déposé une plainte, il s’en été bien sorti, il faut être bien épaulée pour se sortir de ces situations, les aides sont rares c’est pourquoi j’étais obligée d’en subir ». Nombreuse sont les femmes qui préfèrent la souffrance en silence et qui n’ont jamais protesté. Les victimes hésitent très souvent avant de dénoncer leurs conjoints. Celles-ci, en plus d’avoir peur des représailles, ont peur de briser la famille. En général, les victimes de violence dénoncent peu parce qu’elles ont honte et se sentent responsable de la situation alors que le seul responsable est l’agresseur. Les cas déclarés illustrent seulement une petite partie des cas de violence faite envers les femmes, mais démontrent la réalité de ces femmes violentées et l’importance d’agir face à l’impunité qui résulte du laxisme de nos instances étatiques. Selon les services de la police, les villes les plus touchées par les violences à l’égard des femmes sont : Alger avec 1052 cas, suivie de Annaba avec 634 victimes, Oran avec 543 cas, Relizane 362 victimes, et enfin Mila avec 229 cas. Toutes les catégories sociales sont concernées par la violence et l’âge des victimes est compris entre 18 et plus de 60 ans. Au fur et à mesure des agressions, la conjointe arrive à voir la violence comme normale et même justifiée. Par ailleurs, elle se rend compte que la société qui l'entoure est encore plus tolérante qu'elle. Regards qui fuient, voisins qui n'entendent pas ses cris, policiers un peu incrédules ou condescendants: elle voit bien que son conjoint est protégé par le silence ambiant. Confrontée à cette tolérance sociale de la violence familiale, la femme se demande si elle prend les choses trop à cœur. Aux prises avec la violence, une femme se vide, littéralement, de son dynamisme et de son énergie vitale, elle se conditionne à subir constamment un climat de tension; parce qu'elle doute de ses émotions et de sa propre compréhension de la situation. Sa peur, et son insécurité permanente se traduisent en maux physiques. Une étude récente indique que 56,9 % consommaient des médicaments, plus ou moins régulièrement, 46,2 % disaient souffrir de dépression nerveuse, de fatigue générale et d'insomnie, 63,1 % éprouvaient des difficultés à s'endormir et des interruptions fréquentes de sommeil, 70 % manifestaient un ou plusieurs symptômes de dépression: pleurs faciles, profond sentiment de tristesse ou de solitude, impression de bouger au ralenti, sensation d'être prise au piège, traquée, 60 % rapportaient des signes d'anxiété et de somatisation: faiblesse, étourdissement, douleurs dans la poitrine, lourdeur des membres, tremblements intérieurs, tensions, battements rapides du cœur et 44,8 % avaient des pulsions suicidaires.

Gassem H.
Lundi 25 Janvier 2010 - 23:01
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ACTUALITÉ
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