REFLEXION

GARE ROUTIERE D’EL HAMRI : Quand des «fraudeurs» défient les autorités !

L’anarchie qui règne au niveau du secteur des transports dans la wilaya d’Oran a atteint un seuil alarmant. Chacun s’improvise transporteur et active en toute illégalité et surtout en toute impunité. Les exemples ne manquent malheureusement pas, pour illustrer cette véritable « jungle » des transports. Des chauffeurs de taxis, des transporteurs de bus et même des clandestins, activent sans aucun document. Bref, une véritable pagaille.



Et quand les services de sécurité, en collaboration avec ceux de la direction des transports, prennent enfin l’initiative d’en finir avec ce genre de pratiques, ils font face à une «révolte » en règle de la part de ces fraudeurs. Dernièrement, la station des taxis du quartier populeux d’El Hamri, a vécu des scènes de violence lorsque les agents de l’ordre ont voulu faire le ménage, en chassant tous les transporteurs illégaux des lieux. Certains clandestins n’ont pas  avalé cette démarche  tout en affirmant « Cela fait des années qu’on survit grâce à notre métier. Les autorités veulent nous enlever notre gagne-pain. On ne se laissera pas faire aussi facilement », rétorquent-ils d’une même voix. Pour leur part, les services de sécurité ont initié, récemment, un plan qui vise à mettre fin à cette anarchie qui règne en maître dans les transports publics. Ainsi, chaque fourgonnette doit disposer d’un permis de circulation et d’une ligne préalablement délivrée par les services compétents. Dans le cas contraire, c’est la fourrière, doublée d’une amende à payer. Mais ces mesures n’ont pas été du goût des transporteurs clandestins desservant la ligne inter wilaya. Certains d’entre eux dénoncent carrément «l’acharnement » des agents de police à leur égard. «La police est en train de mener une véritable traque à notre encontre. C’est profondément injuste», indiquent-ils sans sourire. Une séance surréaliste s’est produite aux abords de la direction des transports d’Oran. En effet, plus d’une quarantaine de fraudeurs ont manifesté devant ladite direction pour «réclamer leurs droits et l’autorisation de travailler». Selon certains protestataires, les services de sécurité leur demandent, en premier lieu, une autorisation de circuler, chose qu’ils n’ont évidemment pas. « On est là, pour demander à la direction des transports de nous régulariser pour que nous puissions travailler en toute quiétude», déclare-t-on. Après plus de deux heures de sit-in, ces clandestins sont repartis bredouilles, car aucune audience ne leur a été accordée. Visiblement déçus et en colère de ce qu’ils ont qualifié de «mépris» des responsables de la direction, ces manifestants ont promis de «se mobiliser davantage et de revenir à la charge dans les tous prochains jours ». Dans le but d’en savoir plus sur le sujet, contact a été pris avec un représentant du syndicat d’Oran. Ce dernier nous expliquera que la situation ne relève pas de leur ressort et que c’est aux services de l’ordre de faire le ménage. «Notre institution  syndicale n’a aucun lien ni de près, ni de loin avec ces clandestins. On s’occupe de réguler les transports légaux», soulignera-t-il. Interrogé sur une éventuelle régularisation de ces fraudeurs, notre interlocuteur s’est montré catégorique sur le sujet. « On ne peut pas délivrer des dérogations à tout va. On a une réglementation à respecter, en l’occurrence la 01-13 portant orientation et organisation. Cette dernière énonce clairement les dispositions légales pour la délivrance d’une dérogation de circuler », a-t-il précisé notre même interlocuteur, il nous informera, par la suite, que certains de ces fraudeurs étaient auparavant des transporteurs légaux et qu’ils avaient abandonné la légalité pour la clandestinité. «Ils ne veulent pas travailler dans la légalité, car cela ne les arrange pas. Ils ne veulent surtout pas payer la moindre taxe et encore moins être contrôlés ». Certains usagers des wilayas limitrophes n’hésitent plus à se qualifier d’otage d’une situation qui les dépasse de loin. « Franchement, peu importe qu’ils soient légaux ou pas. Ce qui me préoccupe, c’est bien de trouver du transport, afin que je puisse vaquer à mes occupations », confiera Mohamed, résidant à Mascara.

Medjadji. H
Mercredi 11 Septembre 2013 - 11:45
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Oran
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