REFLEXION

Femmes du printemps… A vos voiles

LE PRINTEMPS ARABE ET SES REPERCUTIONS

On commence à voir l'hypocrisie du discours islamiste qui prétend justifier son intervention dans la vie privée des gens au nom des valeurs morales (une manière de reprendre la main après la chute des régimes dictatoriaux, et d'instrumentaliser le processus révolutionnaire), qui tolère l'oppression des femmes dès lors que ses intérêts politiques sont préservés.



Femmes du printemps… A vos voiles
Ainsi, malgré la participation des femmes dans les révolutions, le chemin pour leur émancipation est encore long. Lors des manifestations autour du 8 mars 2011, les femmes ont marché pour leurs droits en Tunisie et en Egypte. En arrivant sur les places symboles des révoltes, elles ont été battues, expulsées de ces places et insultées car malheureusement pour beaucoup des révolutionnaires avec qui elles avaient combattu, la révolution n’était pas synonyme d’égalité entre les femmes et les hommes. Comme ici, le processus révolutionnaire ne se traduit pas nécessairement par une remise en cause durable de l'inégalité hommes-femmes, même si celui-ci a été l'occasion d'un renforcement du mouvement féministe, et que le courage des femmes a remis en cause les représentations sexistes des hommes. La victoire électorale du parti réactionnaire religieux Ennahda est vécue comme une menace importante par les féministes tunisiennes qui craignent à la fois la régression de certains de leurs droits mais plus globalement que le parti Ennahda garde le Ministre des finances et pratique la même politique économique que de Ben Ali, n’entraînant ainsi aucun réel changement. L'islam politique est ainsi utilisé comme un appel au renforcement des valeurs patriarcales au nom de la morale et de la lutte contre la corruption des mœurs qui serait la cause de la dégradation sociale, en lieu et place du capitalisme. On remplace ainsi la révolution sociale par une contre révolution des mœurs. Le reflux du processus révolutionnaire n’est pas favorable aux féministes qui s’enferment dans des processus légalistes pour maintenir ou obtenir de nouveaux droits. Les violences faites aux femmes sont peu évoquées même par les opposantes féministes qui ont subi les viols et les tortures. Comme dans tout processus révolutionnaire, la révolution ne va pas nécessairement de pair avec une abolition de la domination de genre. Les féministes auront encore du boulot pour obtenir une place intégrante dans ces évolutions politiques et sociétales. Elles se sont impliquées dans ces mouvements en faisant entendre des revendications spécifiques de manière inégales. Le combat spécifique et leur auto-organisation est toujours d’actualité. Saluons leur combat et solidarisons-nous de leurs luttes à venir.

Charef Slamani
Jeudi 8 Mars 2012 - 14:07
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