REFLEXION

FACE A LA PRECARITE ET A LA MAL-VIE : Paroles de chômeurs en colère

Après deux semaines gonflées d’incertitude les oranais redécouvrent sans grande surprise que leur quotidien difficile ne se résume pas au seul coût élevé du sucre et de l’huile. Hier au quartier des HLM Usto un groupe de jeunes contemplait avec amertume le bâtiment achevé mais toujours inoccupé abritant une cinquantaine de locaux destinés à « l’emploi de jeunes ». Certains parmi eux avaient déposé leurs dossiers d’acquisition auprès de l’ANSEJ, un dossier difficile à constituer et accepté par l’administration au prix de six mois de patience et de ténacité, pour répondre à toutes les procédures.



FACE A LA PRECARITE ET A LA MAL-VIE : Paroles de chômeurs en colère
Et après le paiement de 2500 00 DA à la caisse de l’ANSEJ en guise de dernière formalité, ces jeunes résidant à proximité du bâtiment édifié sur leur ancienne aire de jeu attendent toujours ce « local » pouvant leur ouvrir une brèche dans leur horizon opaque. Mais au fil de leur discussion sur les récentes émeutes qui ont secoué la ville, le pessimisme plus qu’apparent cédait souvent la place à la colère diffuse comment ne pas brûler cet immeuble si on constate que seuls « des fils d’étrangers à la cité bénéficient de ces locaux, que nous attendons depuis plus de quatre ans »? Évoquant le nom de deux ou trois copains de quartier arrêtés lors des émeutes ces jeunes de quartier ne cachaient pas leur inquiétude. « C’est vrai que certains venus de lointains bidonvilles, ont profité de la situation pour piller, voler et brûler. Les juges doivent faire la part des choses, nous avons manifesté,  pour crier notre ras-le-bol d’être là sans pouvoir faire autre chose que de fumer du kif, boire de l’alcool ou se décider à la harga ». Et un autre jeune ajoute «moi je suis né ici dans cette cité, j’ai vingt  trois ans, mon défunt père nous a laissé que cet appartement de trois pièces en location pour notre mère et mes cinq frères et sœurs dont l’aîné est marié, avec un peu de débrouille, El hamdou li lah,  j’arrive tant bien que mal à gagner chaque jour un peu d’argent en pratiquant du business. De ce côté là je ne me plains pas mais ce qui me révolte c’est le fait que mon frère marié, qui demande un logement depuis plus de quinze ans, aujourd’hui il n’y rêve même pas,  puisque ces logements appartiennent aux soi-disant sinistrés qui viennent des autres villes du pays, en attendant comme tu vois, je suis dehors la moitié de la nuit pour ne pas encombrer l’espace ». Autant de propos qui décrivent la triste réalité du terrain social en pleine déprime à Oran. Il est vrai que plusieurs projets, ont depuis ces dix dernières années  permis à la ville d’Oran de gagner ici et là quelques grandes infrastructures utiles à son fonctionnement. Mais dans plusieurs domaines sensibles, l’emploi et le logement, les déficits restent importants et les solutions souvent incertaines. Les prix du sucre et de l’huile ont certes relativement baissé, mais la vie reste aussi chère. Ici et là à travers les communes, les familles mal logées reprennent leur rassemblement périodique, devant le siège d’une daïra, d’une APC, devant la wilaya et interpellent à tout moments les élus locaux. Dans plusieurs endroits d’El Bahia wahran, des pères de familles restent toujours livrés à un véritable parcours du combattant, pour se procurer une bouteille  de gaz butane. Après les éclats de violence et agitation sociale, le chaleureux soleil, le calme en cette saison hivernale, sont toujours porteurs de risques et désagréments urbains.                                                

FACE A LA PRECARITE ET A LA MAL-VIE : Paroles de chômeurs en colère

N.Bentifour
Lundi 24 Janvier 2011 - 09:57
Lu 446 fois
A LA UNE
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 07-12-2016.pdf
3.31 Mo - 06/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+