REFLEXION

Etre et vouloir être



Etre et vouloir être
Avant 1962, les algériens, dans leur très large majorité, n’étaient pas tous riches. Ces gens là ne se prenaient guère pour ce qu’ils n’étaient pas ni se ventaient d’être ce qu’ils n‘ont jamais été. Les vrais riches de l’époque passaient inaperçus tellement ils étaient modestes. Leur fortune, accumulée à la sueur à la sueur de leur front et par la volonté de Dieu, le Tout Puissant, était méritée et les ennoblissait parce qu’ils en connaissaient la valeur et en donnaient à ceux qui en étaient dépourvu. Quel que soit le volume et la nature de leur fortune, ils se faisaient tout petits et se rangeaient, en toute modestie, du côté de ceux à qui Dieu n’a pas accordé de biens, c’est-à-dire les pauvres. Ces pauvres qui gagnaient leur pain quotidiennement à la sueur de leur front bravant parfois toutes sortes d’agressions de la part de ceux qui les employaient. Ils acceptaient leur sort parce qu’il ne leur était pas possible de faire autrement. Ils avaient une famille à nourrir et de lourdes responsabilités à assumer. Les uns et les autres étaient heureux parce qu’ils n’avaient rien à se reprocher et personne n’était en mesure de leur reprocher quoi que ce soit. Le soir, quand qu’ils posaient leur tête sur leur oreiller ils sombraient dans leur profond sommeil sans avoir de remord. Que pouvaient-ils bien se reprocher ? Ils étaient heureux parce qu’ils savaient tous que la fortune appartenait à Celui qui a créé toute chose, car Lui Seul était en mesure de distribuer ses biens à qui Il le désire. Dieu, Le Tout Puissant, Le Miséricordieux accorde ses biens à qui il veut et en quantité qu’il Lui plaît d’accorder à ceux qu’Il choisit d’enrichir. Par riches, nous entendons ceux qui possédaient une fortune assez conséquente qui leur permettait de vivre aisément, de par les biens dont ils disposaient hérités de leurs parents ou grands parents. De 1962 à nos jours, de nouveaux riches sont apparus ; ceux qui au fil des jours ont eu largement le temps de s’enrichir par des moyens autres que leur travail. Ne possédant aucune fortune au départ ils se sont retrouvés, quelques années plus tard, plus riches que les vrais riches d’autrefois. De simples fonctionnaires de la fonction publique ou de simples ouvriers (toutes catégories confondues) se sont transformés, sans scrupule et sans aucune gêne, en de véritables riches baignant dans le luxe : une belle villa de trois étages et même plus, une voiture dernier cri, un chien dans le jardin et un compte en banque de quoi assurer la belle vie à leur progéniture. Certains possèdent même un cabanon en bord de mer. Quoi de plus ? Mais ce qui fait le plus mal au cœur, c’est que ces gens là se vantent d’avoir acquis leur fortune grâce à leur travail. Certains vont jusqu’à faire croire qu’ils ont hérité tout cela de leurs parents. Sans aucune gêne, sans crainte de mentir, ils s’en vantent avec un air qui dépasse la limite de la pudeur (pardon : la HACHMA). Le plus navrant encore c’est qu’ils font croire à leur épouse et à leurs enfants qu’ils ont été toujours riches et que leurs parents et leurs grands parents l’étaient aussi.

Bentahar Mohamed
Mercredi 24 Mars 2010 - 10:49
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CHRONIQUE
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