REFLEXION

Elles, la femme et la petite fille des arcades

Mostaganem



Elles, la femme et la petite fille des arcades
En cette journée mondiale de la fête de la femme, elles n’iront pas faire la fête, ne recevront ni des roses rouges, en guise d’amour d’une tierce personne, ni de simples fleurs pour l’occasion, ne partageront pas non plus un bon repas copieux au sein d’une agréable pizzeria, mais, elles occuperont sûrement leur petit coin de toujours, en regardant toutes les autres femmes se féliciter en sourire et en vœux pour cette joyeuse fête, en bénéficiant d’une demi journée de libre, elles suivront du regard toutes les autres passantes revenant du shooping ou allant déguster de très bons gâteaux dans les pâtisseries de la ville.
Elles, la femme et la petite fille des arcades de la banque extérieure d’Algérie, squattent les lieux depuis quelques mois, elles viennent d’une lointaine bourgade, située à l’est de la wilaya ; la dame ajuste une trentaine d’années et la fille ne dépasse guère sa deuxième année d’existence, elle prend toujours sa tétine et de temps à autre, un biberon de lait ou de jus, selon les offrandes reçue.
La femme a été mariée à son cousin, en 2005, elle a séjourné sous le toit de sa belle-mère, pendant une année et demie, son drôle d’époux ne venait que le soir, ivre mort, il la battait et exigeait d’elle « des choses immorales », elle souffrait et supportait atrocement sa vie conjugale, elle ne savait pas où aller, ses parents étaient déjà décédés. Elle n’avait qu’une sœur mariée au sud du pays, ses deux frères mariés également ne venaient ni la voir, ni demander de ses nouvelles. Son mari était surtout occupé par une autre , qui lui parlait tous les soirs au téléphone, et un soir, il est sorti après l’appel, sans jamais revenir, et juste après quelques mois, sa belle-mère la chassa, après quarante jours de l’accouchement, avec sa nouvelle née, elle a pleuré abondamment en errant d’une rue à l’autre, il pleuvait également, elle avait trop attendu aux arrêts des bus, elle n’avait que ses frères qui habitaient dans d’autres communes assez proches, mais, elle n’avait pas d’argent pour s’y rendre. Un taxieur, l’ayant remarquée à attendre depuis longtemps, l’a prise en pitié et la ramena où elle voulait aller. Son séjour n’a pas été assez long chez ses frères, l’un la garda juste une semaine, son épouse la renvoya voir ailleurs pour avoir cassé un verre et l’autre épouse la chassa, après une vingtaine de jours, pour le motif inadmissible d’avoir bouché l’évier de cuisine.Elle a regagné la ville de Mostaganem, en stop, et elle occupe à présent, avec sa petite chérie, et d’autres femmes, les arcades, elle s’allonge sur un carton d’emballage et se couvre avec une seule couette offerte par une âme charitable, en collant sa fille contre elle et en rêvant à un toit meilleur. Elle vit des sous que d’autres âmes sensibles et aimables lui donnent de temps en temps. Elle a choisi ce coin là, pour la sécurité qui y règne, ailleurs elle a été sauvagement attaquée par un sauvage sans âme et sans cœur, qui la bastonna de coups terribles au ventre, et seuls ses cris l’ont sauvée des mains de ce monstre qui voulait la prendre de force, grâce à l’intervention de trois braves jeunes gens. Sa petite fille joue à ses côtés, la mère sanglote en se racontant que la vie est souvent injuste et n’offre point de cadeaux à ces malheureuses dont le sort s’acharne et prend plaisir a les malmener de jour en jour et les faire souffrir en permanence.
Il est temps que les partenaires sociaux et les associations féminines redoublent d’efforts pour multiplier le nombre de centres d’accueil pour cette catégorie de personnes marginalisées par le destin et la famille, dont l’individualisme a fini par dominer les cœurs de ses éléments, ces femmes et ses enfants doivent être protégés, et la défense de leurs droits, doit être également garantie. Elles ont le droit à la vie, à l’espoir et à la fête du 08 mars, sans être mise à la marge.










L.Ammar
Mardi 10 Mars 2009 - 14:18
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MOSTAGANEM
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