REFLEXION

El-Harga : Rester ou partir et mourir !

Les risques et les dangers de l’émigration clandestine, conduisent désormais chaque année de nombreux jeunes de la wilaya de Mostaganem, à risquer leur vie pour un meilleur lendemain utopique, et ils sont des centaines de jeunes à quitter chaque année leur famille, leur village, leur dechra ou Douar et leur pays pour tenter la grande aventure.



Contrairement à autrefois ce n’était que les citadins, aujourd’hui même les ruraux s’y mettent empruntant des barques de fortune au risque de leur vie, c’est d’ailleurs le constat fait chaque jour que Dieu fait. Ces dernières années, de nombreuses familles de la wilaya de Mostaganem ont été frappé par le deuil, ont perdu leurs enfants qui tentaient  de traverser la méditerranée et ce au péril de leur vie croyant trouver la solution, ce qui n’a pas été le cas pour nombreux parmi eux. Dans un passé récent, les jeunes qui résidaient dans  le milieu rural migraient dans les centres urbains pour chercher du travail et y élisaient domicile. Aujourd’hui, l’exode rural déverse son flot pour la plupart, à Mostaganem et ce étant du à la proximité, Les jeunes viennent grossir le lot de chômeurs déjà important dans la ville. Jeunes et moins jeunes ne viennent pas que des milieux ruraux voisins mais viennent d’autres wilayas d’Algérie et même de pays africains considérant de plus en plus la ville de Mostaganem  comme une transition sur le chemin d’un rêve plus lointain : l’Europe… Rien ne semble inverser la tendance : ni les centaines de morts et de disparitions dans les eaux de la Méditerranée ni les aveux d’échec de ceux qui reviennent, d’eux-mêmes ou expulsés, et encore moins les différentes campagnes d’information et de sensibilisation organisées par les autorités, concernant les dangers d’une telle aventure sans lendemain.

Ces jeunes marginalisés demandent à ce que soit mise en œuvre une véritable politique d’installation de jeunes ruraux, au-delà des déclarations d’intention ou d’actions ponctuelles»
Dans son Programme pour le développement économique et social, Le président de la République, avait mis l’accent sur la nécessité de  favoriser l’expansion de l’entrepreneuriat agricole jeune dans le milieu rural, d’où le potentiel agricole inexploité, des besoins alimentaires de plus en plus importants et parfois insuffisamment couverts, et une multitude de bras non utilisés. Mais le manque d’information des jeunes demandeurs d’emploi sur les opportunités agricoles, l’absence de cadre attractif pour les jeunes en milieu rural, le sous-équipement des systèmes de production primaire et les problèmes de financement des projets des jeunes promoteurs sont en dessous des aspirations de cette jeunesse qui ne demande qu’à se mettre au travail et c’est ce qui ressort de certaines enquête effectuées auprès de cette frange de  jeunes qui se dit marginalisée.  La volonté politique étant ainsi affichée, reste à la mettre en œuvre et surtout à convaincre les premiers concernés, à savoir les jeunes pour qu’ils  renoncent à l’exil, du fait des risques de la harga qui a fait déjà de nombreuses victimes et endeuillée  des familles alors que d’autres sont sans nouvelles de leurs enfants. Il est vrai que  les autorités de la wilaya ont pris différentes initiatives pour promouvoir l’emploi rural auprès des jeunes, mais les efforts restent insuffisants, du fait du développement tardif de certaines contrées, d’où la marginalisation de cette jeunesse qui se dit exclue. Ces jeunes interrogés, se plaignent  du manque d’initiatives des autorités locales, du fait qu’ils n’ont rien fait depuis, pour les sortir de l’isolation, ni pour ce qui est de l’emploi rural qui dans une certaine mesure est pratiquement inexistant et demandent à ce que différentes opérations soient lancées pour appuyer les efforts déjà entrepris en faveur des jeunes sans emploi dans les centres urbains, quitte à revenir à la terre. Ces jeunes marginalisés demandent à ce que soit mise en œuvre une véritable politique d’installation de jeunes ruraux, au-delà des déclarations d’intention ou d’actions ponctuelles. La proportion de jeunes bénéficiant des différentes initiatives reste encore minime face à l’ampleur de la demande de ces jeunes ruraux et attendent encore beaucoup des pouvoirs publics. La non-intégration des jeunes ruraux est un autre obstacle à leur pérennisation en milieu rural.  Entre l’attirance de l’émigration et celui de rester ces jeunes choisissent la harga contre toute attente. Pour d’autres, ils rêvent d’emploi bien payés en ville en rêvant de déserter le milieu rural, malheureusement nombreux sont prêt à risquer leur vie, pour aller  voir ailleurs. Car  les jeunes ruraux sans qualification et que l’on néglige semblent réticents à faire confiance aux autorités locales. Cependant pour certains interrogés, l’espoir est permis de voir l’état s’engager plus fermement aux côtés de ceux qui veulent s’investir dans leur avenir et de voir les jeunes algériens  se donner les moyens de réussir, au lieu d’aller mourir dans les eaux tumultueuses de la méditerranée.

Benyahia Aek
Dimanche 29 Janvier 2012 - 10:40
Lu 984 fois
MOSTAGANEM
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 08-12-2016.pdf
2.77 Mo - 07/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+