REFLEXION

École des non-voyants à Mostaganem : Quand le toucher remplace la vue…

Située au 12, rue Charef Djelloul Bendehiba à Beymouth, l’union des non voyants de Mostaganem présidé par M.Taam, qui soutient selon ses maigres moyens cette frange de la société. L’école ouverte au niveau du siège prend en charge quelques 18 non voyants dont l’âge varie entre 18 et 51 ans. Scindé en deux groupes de 9, les Mohamed, Tayeb, Fouzia et consorts étudient deux fois par semaine pour apprendre durant six mois la maitrise du braille, l’écriture en relief qui se lit avec les doigts, en référence à son inventeur Louis Braille, qui était lui-même aveugle.



École des non-voyants à Mostaganem : Quand le toucher remplace la vue…
Une fois cette technique maitrisée par les  élèves non voyants, le groupe entame la scolarité, qui s’effectue sur trois niveaux (niveau 1 – niveau 2 – niveau 3). Les deux institutrices, Hamcherif Zohra, une non voyante et Bainine Aicha, qui a suivi une formation en braille pour la dispenser à son tour aux non voyants. Se relayant à tour de rôle, dimanche et mardi, lundi et mercredi, de 9h à 13 heures, elles ne sont pas avares en efforts, et se donnent à fond à chaque fois pour assurer une formation indispensable et nécessaire pour les non voyants. Le braille est une technique assez particulière, qui s’écrit de droite à gauche, et se lit de gauche à droite.

Des moyens insuffisants pour un handicap lourd
Les non voyants font partie des handicapés les plus vulnérables de la société car leur lourd handicap les rend souvent dépendant des autres, à moins d’une volonté de fer et de moyens adéquats. La formation en braille leur permet d’aller au delà de leurs limites et beaucoup ont réussi à faire des études universitaires grâce à leur persévérance. Cette réussite reste tributaire des moyens, qui font défaut malheureusement. Une subvention de 120.000 dinars de la wilaya et une autre de 20.000 dinars ! Dommage que les responsables et les élus ne réservent que cette somme moribonde pour les non voyants et cela prouve une fois de plus qu’ils sont eux-mêmes « aveugles » et insensibles à la douleur et aux difficultés que rencontrent les non voyants dans la vie de tous les jours. Heureusement qu’il y a les bienfaiteurs, qui viennent à la rescousse pour permettre à l’union de fonctionner normalement et de ne pas buter sur les problèmes d’ordre financier. Même l’argent du transport est dispensé par l’association aux élèves, qui viennent suivre les cours au niveau du minuscule siège.

Un grand bravo au personnel
Franchement on a été touché par l’accueil qui nous a été réservé et les facilités que nous avons trouvées pour trouver les informations dont on avait besoin. Les deux secrétaires, Reziga Kheira et Benaamar Fouzia, deux jeunes filles très courtoises, recrutées dans le cadre du filet social et de l’emploi des jeunes, travaillent sans relâche pour satisfaire les non voyants, elles sont disponibles à plein temps car ce n’est pas évident pour cette catégorie d’handicapé de ne pas trouvé une main tendue pour certaines taches. Nous n’avons même  pas eu le temps de demander à nous asseoir que les chaises étaient déjà disponibles. Franchement on a été surpris que deux jeunes employés effectuent un travail aussi intense pour des salaires presque insignifiants, on profite de l’occasion pour attirer l’attention des responsables du secteur de l’emploi afin de rectifier le tir et de les recruter dans le cadre des différents programmes de l’emploi car elles s’acquittent convenablement de leurs noble mission.   

Le manque de livres spécifiques, une vraie contrainte
Les non voyants butent sur un problème crucial, c’est la non disponibilité de livres spécifiques  et du coup, c’est au niveau de l’école que sont confectionnés les sujets et les textes à étudier. L’union reçoit aussi des revues en braille de la part de quelques pays frères comme l’Arabie Saoudite et notamment la revue culturelle « El Fadjr », éditée en langue arabe. Le message est lancé aux plus hauts responsables du pays, qui devraient  prendre en considération cette carence car beaucoup de ces étudiants ont réussi malgré tout à décrocher leurs licences, après un brillant parcours à l’université. Il y a aussi le manque d’école primaire pour non voyants et les jeunes désireux  s’y inscrire doivent se déplacer à Oran et plus exactement à Bouisseville avant d’intégrer l’enseignement classique, et de buter à nouveau sur l’indisponibilité des livres. Il faudra aussi signaler que le siège est trop exigu car le site ne dispose que d’une salle de cour, deux bureaux, une seule toilette et une mini cour, ne dépassant guère les 10 mètres carrés. La dernière visite du wali M.Houcine Ouaddah au siège, lui a permis de mieux voir les choses et de prendre note des manques à combler. Les non voyants ont confiance en la personne du chef de l’exécutif, qui a toujours tenu parole.   

Mihoub
Lundi 6 Février 2012 - 11:00
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MOSTAGANEM
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