REFLEXION

EXCLUSIF : M. ABDELKADER KADI, WALI DE RELIZANE A ‘’REFLEXION’’ : "Relizane est en train de devenir une ville metropole !"

A quelques jours du scrutin présidentiel d’avril 2014, Relizane est entrée déjà dans l'ambiance de la campagne électorale, car tous les moyens ont été déployés pour réussir ce grand rendez-vous qui concerne l’avenir de l’Algérie. De visu, l'entrée de la ville a changé de look et se trouve, du coup, plus belle et plus sécurisée qu’avant. Honnêtement, nous nous n’attendions pas à un tel changement intervenu en un laps de temps et ce, depuis l’installation de M. Abdelkader Kadi, à la tête de l’exécutif de la wilaya en 2010. Relizane a vraiment connu une mutation. Les Relizanais et les touristes l’ont bien remarqué durant ces trois dernières années. En arpentant la nouvelle trémie à l’entrée de la capitale du Dahra où la rue principale a été réaménagée selon une architecture moderne, à l’instar de toutes les autres artères qui ont changé d’allure. En parcourant les hauts de la rive droite, on découvre le nouveau siège de la wilaya, un grand édifice à huit étages qui veille du haut du plateau sur la ville de Relizane avec une vue panoramique qui ensorcelle les visiteurs. Dans son bureau, entouré de centaines de dossiers et des tas de documents, le wali de Relizane, M. Abdelkader Kadi, sacrifia de son agenda quelques moments pour nous accorder, mercredi dernier cette interview.



Dans cet entretien, le wali, M. Abdelkader Kadi, revient sur les défis majeurs qui attendent sa wilaya. Même s’il estime avoir gagné la bataille de l’édification, il affirme devoir remporter une autre bataille, celle de la gestion et de l’optimisation de l’exécution des projets de développement. L’amélioration du service public est son cheval de bataille. Il souligne que la marge de progression reste importante dans la wilaya de Relizane. M. Abdelkader Kadi s’exprime, en outre, sur la problématique du manque de ressources hydriques dans la wilaya de Relizane.

Réflexion : Qui est M. Abdelkader Kadi?
M. Kadi Aek : M. Abdelkader Kadi, le wali de Relizane, s’active, depuis qu’il est à la tête de la wilaya de Relizane dans tous les sens. Instructions par-ci, orientations par-là. Avec lui, pas de place à l’imprévu. Ses maîtres-mots : préservation de l’argent public et la bonne gouvernance. Kadi Abdelkader est un algérien tout simplement qui a fait ses études en Algérie, qui vit en Algérie et qui a travaillé durant toute sa vie en Algérie et prendra sa retraite en Algérie. Architecte de formation, fils d’un ancien moudjahid. Ancien DUCH d’Alger, ancien wali délégué de Bab el Oued, ancien wali d’Ain Defla et actuellement wali de Relizane. Je profite de cette occasion pour vous dire que durant toute ma carrière, j’ai été un travailleur dévoué,  j’ai réalisé beaucoup de choses et permettez-moi de dire, sans arrogance, que l’aménagement du quartier de Bab el Oued, après les inondations, c’était moi, l’aéroport d’Alger, c’est encore moi, dans le cadre bien sûr du programme du président de la République.

M. le wali, comment évolue la situation dans la wilaya de Relizane en matière de développement ?
Je pense que vous savez, certainement, comment était Relizane, il y a quelques années et comment elle est aujourd’hui. Je peux vous dire avec  certitude que la situation évolue très bien et elle continue. Bien entendu, l’évolution   est constante, secteur par secteur, à des rythmes variables. A titre d’exemple,   le secteur des travaux publics a assuré la poursuite de l’élan donné au développement avec la réalisation d’ambitieux programmes et de là, il a consolidé davantage les performances enregistrées durant les précédents programmes quinquennaux, à travers la concrétisation de deux objectifs principaux, à savoir la préservation et la modernisation d’un patrimoine infrastructurel de plus en plus important d’une part, et la satisfaction des exigences du développement économique et social à travers, le lancement de plusieurs projets structurants, d’autre part. Sans être exhaustif, je vous résume ci-dessous, la composante physique du programme engagé par le secteur des travaux publics, au titre de l’actuel programme quinquennal. Pour les infrastructures routières : outre l’achèvement et la livraison totale des voies routières, le programme autoroutier prévu pour la période à venir, est constitué de plusieurs projets assurant les liaisons avec l’autoroute Est-Ouest à l’instar de l’échangeur de Hmadna sur 62 km où l’autoroute de Sidi Khattab qui reliera la wilaya de Relizane à Mostaganem.

Qu’en est-il des autres secteurs ?
Pour le secteur de l’éducation, je peux vous assurer qu’il évolue d’une manière magistrale puisque aujourd’hui, on en est, au centre universitaire, à plus de 10000 étudiants,  qui rejoindront, l’année prochaine,  les  bancs de cet établissement d’enseignement supérieur, qui sera transformé en une université à part entière, qui accueillera des milliers de jeunes, et qui assurera des dizaines de spécialités liées au développement économique et social.  Le réseau de structures de formation supérieure  permet  une capacité pédagogique supplémentaire de 3000 à 3500 nouveaux étudiants pour des postes de formation en mode résidentiel avec  4000 lits pour le régime d’internat, alors que, pour la formation professionnelle,  le potentiel de formation par apprentissage est évalué à plusieurs milliers de postes, en plus du potentiel de formation à distance dont les limites peuvent être repoussées au gré de la demande et ceci, en prenant en considération les enfants malades ou scolarisés ailleurs.  Ce réseau de formation, déjà assez dense, ne cesse de se renforcer en infrastructures puisque, rien que cette année, quatre nouveaux lycées et plusieurs écoles viennent d’ouvrir avec tout l’accompagnement, que ce soit cantines scolaire, UDS…etc . De plus, pour traduire sur le terrain une des orientations du plan d’action du gouvernement, qui prévoit l’amélioration du service public, nous espérons ouvrir au moins une annexe de CFPA par daïra, dans les prochaines années. Ces infrastructures, dont certaines seront dotées d’internats, participeront à rapprocher les jeunes des possibilités de formation à des métiers, pour s’insérer plus facilement dans le monde du travail.

L’hydraulique ?
À mon arrivée à cette wilaya, nous étions confrontés à un épineux problème d’AEP, puisque on faisait face à  l’incapacité d’alimenter la ville de Relizane en eau potable. Ce problème a été résolu par la mise en place d’un procédé qui nous permis d’emmagasiner plusieurs mètres cubes d’eau à partir du barrage  Sidi M'hamed Benaouda et de quelques forages que nous avons récupérés. Actuellement, la ville de Relizane est alimentée en h24 ainsi que la majorité des grandes villes de la wilaya de Relizane. Pour assurer une alimentation continue en eau potable, nous avons   divisé la wilaya en deux zones distinctes. La première s’élargit de la commune de Beni Zentis à Oued Slam et elle est alimentée du barrage de Kramis dans la wilaya de Mostaganem.
La seconde, concerne le côté sud de la wilaya et elle est alimentée, quant à elle, à partir du barrage de Oued Rhiou et ceci, en h24 également. Je vous informe, dans ce contexte, que la wilaya de Relizane, après l’adduction des eaux à partir de la station de dessalement d’eau de mer de Mactaa (Oran) aura achevé  la 2ème phase du projet  d’alimentation en eau potable de toutes les localités  de la wilaya. Cette 2ème phase est en cours et devrait s’achever d’ici le milieu de l’été. C’est l’ADE qui en a la charge, après avoir réalisé lors de la première phase un taux de raccordement appréciable de 60%. Vous voyez bien que  c’est un programme colossal qui demande de grands efforts et du temps. La même chose a été entreprise au niveau des petits douars isolés qui sont alimentés régulièrement par ‘’citernage’’. Nous avons aussi beaucoup investi dans la rénovation et l’installation des réseaux. Nous avons un programme qui porte sur une population de plus d’un million d’habitants. Et, ce qui constitue une première, j’ai décidé de superviser personnellement les travaux liés à ce secteur sensible. Tout ça pour vous dire toute ma volonté d’aller jusqu’au bout d’un certain nombre de mesures qui sont de nature à améliorer le service public de l’approvisionnement en eau potable. Par ailleurs, je suis en train de travailler pour que les objectifs en termes de performances soient préservés et développés dans toutes les communes où nous sommes en train de travailler. Toujours dans le souci d’atteindre les objectifs fixés en matière de bonne gouvernance de l’eau, nous avons pris une batterie de mesures : réduire les déperditions, préserver la ressource, améliorer et développer nos capacités de collecte et d’épuration des eaux usées, maintenir et entretenir nos installations et infrastructures pour pérenniser au mieux nos investissements réalisés.   
 
Outre ce secteur, qu’est-ce vous pouvez nous dire sur les chantiers  du secteur de l’énergie ?  

Le souci de raccorder les différentes habitations aux divers réseaux d’énergie (électricité et gaz) constitue une préoccupation majeure pour nous, à travers d’abord les études qui évaluent les taux de raccordement que nous exigeons en phase de réalisation pour l’ensemble des projets.  Parce que les installations de base font partie de notre vie quotidienne, nous voulons et œuvrons pour qu’elles soient garanties et sûres. En les construisant et en les entretenant, nous respectons le droit du citoyen à l’énergie pour améliorer le  cadre de vie à tous. Aujourd’hui, notre démarche vise un taux de raccordement au réseau électrique de 100%. Cependant, on est actuellement à 98%, et la prise en compte des besoins en énergie dans les projets de développement  constitue un enjeu important et une préoccupation de tous les instants. Aussi, le raccordement au réseau de gaz de ville, qui doit accompagner nos grandes réalisations d’avenir, doit devenir un impératif constitutif des dossiers de l’étude et de la réalisation, si on sait qu’en 1999, le taux de raccordement au réseau de gaz de ville dans la wilaya de Relizane était de 13%. En pratique, nous avons déjà amélioré la situation par des opérations de mise en place de réseaux de gaz de ville, ce qui nous a permis d’atteindre un taux de raccordement de 53,21% et nous espérons arriver à 60% avant la fin de l’année 2014. Je peux vous dire que nous sommes au-dessus de la moyenne nationale qui est de 41% et que nos services ont été instruits pour veiller scrupuleusement à la mise en œuvre de ce plan d’approvisionnement énergétique qui touchera notamment Sidi Khettab et El Merdja. Je vous signale, dans ce contexte, qu’Ouled Aich est raccordée au réseau de gaz de ville depuis une année déjà et que malgré ces effets la bouteille de gaz est toujours de mise, mais elle est toutefois disponible. Maintenant, notre objectif  est d’aller de l’avant, au-dessus des espérances, et permettre aux zones rurales de bénéficier, elles aussi, du gaz de ville; ce que nous sommes en train de faire.

On a beaucoup parlé de la ville de Ramka durant la décennie noire, peut-on savoir quelle est la situation actuelle à cette commune ?
En 2010, Ramka n’avait ni siège adéquat de l’APC, ni daïra, ni un centre de santé digne de ce nom, ni eau potable et ni logements sociaux, Il a fallu, donc, répondre à des besoins de toute nature, en réalisant rapidement de très nombreuses infrastructures, dans de multiples domaines : logement, santé, éducation, transport, etc. Je peux vous dire que la situation à Ramka progresse lentement mais surement  vers un meilleur cadre de vie puisque nous avons réalisé un nouveau siège de l’APC, une polyclinique avec une maternité qui est en cours de réalisation, nous avons assuré une alimentation régulière en eau potable ainsi qu’un quota de logements sociaux. Tout ça pour améliorer le cadre de vie à Ramka, qui a bénéficié également d’une route goudronnée (tapis) jusqu’à la limite de la wilaya de Tissemsilt. Comme vous pouvez l’imaginer et même si nous l’avions souhaité tous ardemment, nous n’avons pu effectuer cette transformation du jour au lendemain. Il s’agit forcément d’une œuvre de longue haleine. Nous l’avons  conçu plus, comme un marathon, que comme un big-bang. Nous l’avons donc mise en œuvre, sous l’impulsion déterminante du gouvernement, en se fixant des objectifs clairs programmés dans le temps pour donner à Ramka un rayonnement régional.

Concernant la zone industrielle de Sidi Khettab, pourrons-nous connaitre l’essentiel des projets retenus ?
Comme vous le savez peut-être, le ministère de l'Industrie et de la promotion de l'Investissements avait donné son accord pour la création d'une zone industrielle intégrée (ZII) dans la commune de Sidi Khettab. Cette décision a été prise à la suite de la visite des représentants d'une commission regroupant le ministère de l'Industrie et de la promotion des investissements et l'agence d'investissement et de régulation foncière au site de ce projet qui occupe une superficie de près de 2700 hectares dont 500 hectares ont fait l’objet de  viabilisation. Il est important de noter que cette future zone, pouvant accueillir plusieurs entités industrielles relevant de divers secteurs d'activité, à l’instar du village du textile qui permettra la création de près de 25000 postes de travail, offrira aux investisseurs un environnement propice à leur installation. Dans ce cadre, outre les activités industrielles, il est prévu aussi la réalisation de la nouvelle ville de Sidi Khettab où il y aura des agences bancaires et d'assurance, un centre de facilitation, des agences de la Sonelgaz et de l'Algérienne des Eaux, des hôtels et une station-service. A noter que la ZII fera appel à beaucoup de main d’œuvre qui doit être logée, sinon on aura affaire à une prolifération de bidonvilles ; chose qui est inacceptable.  Il y a lieu d'indiquer que la zone industrielle a bénéficié d’une clôture où 750 hectares sont prêts et sont attribués à 80%, ce qui permettra de donner un coup de fouet à la dynamique de développement industriel et commercial dans la wilaya de Relizane et d'offrir de nombreuses opportunités d'emplois directs et indirects, tout en bénéficiant de nombreux équipements, à l'instar de réseaux divers, de l'électricité et de routes. Par ailleurs, nous aspirons à réaliser, à environ 20 km de cette zone, un marché régional de gros des fruits et légumes, un abattoir, des chambres froides, un laboratoire de contrôle d'hygiène et de la qualité des produits et réserver un espace pour l'installation de petites unités de conditionnement et d'emballage. Nous prévoyons également réserver des espaces pour la création de showrooms, spécialisés dans l'exposition de véhicules légers, utilitaires, agricoles et de travaux publics. Aussi, le choix du site d'implantation de cette zone industrielle intégrée dans la région de Sidi Khettab est motivé par la proximité de cette région avec de nombreuses infrastructures de base nécessaires à toute activité industrielle, à l'instar du port d'Oran, de l'autoroute Est-Ouest en cours de réalisation, de la RN 90 reliant Relizane à la wilaya de Mostaganem en voie de dédoublement, et de la future voie double des chemins de fer reliant Oran à la capitale.

Monsieur le wali, où en est le projet de ligne ferroviaire Relizane-Tiaret-Tissemsilt ?
En optant pour une ligne ferroviaire des hauts plateaux RTT, les autorités algériennes sont en mesure de régler le volet investissement, assuré grâce à l’embellie financière que connait le pays. Cependant, l’implantation du projet n’est pas encore fixée, en attendant le lancement des études dont adjudicateur  serait le groupe Haddad et un groupement étranger. Il y a aussi le chemin de fer Relizane –Mostaganem qui nécessite lui aussi un travail exigeant.

Et pour le Tramway ?
Le tramway est entré dans le quotidien des Algériens, et de nombreuses autres villes algériennes auront bientôt leur tramway. Mais passés les premiers moments de découverte de ce nouveau moyen de transports, l’Algérie découvre la complexité de la gestion de ces infrastructures, dont le coût, très élevé, et le fonctionnement onéreux, empêchent toute idée d’équilibre à court terme. D’où l’idée que le tramway se dessine et se prolonge. Si on devait réaliser une ligne de tramway à  Relizane, c’est maintenant qu’on devrait démarrer les travaux pour permettre une extension étudiée de la ville, car si on a fait de l’amélioration de la ville une priorité on aurait pensé autrement.

Quels sont les sites retenus pour les espaces de divertissement et de loisirs ?
Après l'hygiène, c'est le moment de s'attaquer aux espaces de loisirs et de détente.  Je préconise une attention particulière aux espaces de loisirs et de détente dans les différents projets d'aménagement urbain dans les quartiers de  la ville de Relizane.  L'aménagement et la bonne prise en charge de ces espaces de convivialité destinés surtout aux enfants, contribuera au bien-être des habitants. De ce fait, plusieurs projets sont prévus ou sont en cours de réalisation à l’instar du parc citadin, le bassin canal ou quelques hôtels.

Dernier mot ?
Je vous remercie pour votre visite et pour avoir demandé à me rencontrer, pour une interview, pour que je puisse informer les citoyens de Relizane de tous les efforts consentis pour leur bien-être. Encore merci.  


Charef Slamani
Samedi 29 Mars 2014 - 17:27
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