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EVOCATION : KHALEF ABDELLAH ALIAS ‘KASDI MERBAH’: Le chef du gouvernement, qui a été mis à l’écart
De son vrai nom Khalef Abdellah, surnommé Kasdi Merbah, major de promo de la première formation des cadres de l’espionnage issus du MALG , qui au lendemain de l’indépendance,devient la Sécurité militaire naissait d’un accouchement brutal. La dissidence de 1963 annonçait déjà la couleur de ce qu’allaient être les premières années d’après-guerre. Les liquidations physiques trahissaient les velléités machiavéliques de souillons salivant devant un pouvoir absolu et effaçant d’un revers de la main sept années et demie de lutte. C’est dans ce contexte très agité que la Sécurité Militaire, sous la direction du très jeune Kasdi Merbah -24 ans à l’époque- devait faire la mue des services algériens et s’adapter à un environnement socialiste très à la mode. Les années qui passent ne furent guère plus calmes. Le 19 juin 1965, le ministre de la Défense, ancien chef de l’état-major général de l’ALN, décidait de renverser le Président Ahmed Benbella, soutenu par l’armée, dans un pays et à une époque où les vertus de la gouvernance civile n’étaient pas d’actualité. Houari Boumediene engageait son triptyque révolutionnaire. Voulant à tout prix la prémunir contre ses nombreux ennemis, « à l’extérieur comme à l’intérieur », il s’appuya sur la redoutable Sécurité Militaire à qui sera confiée la mission de déjouer toute tentative de déstabilisation. La machine n’épargnera ni les communistes du PAGS, ni les berbéristes, ni les islamistes. Tous constituaient aux yeux, non pas de Boumediene mais de la logique prévalant dans les années soixante-dix, une menace sérieuse contre la révolution en marche. Le socialisme ne tolérait aucun éclat. Lambèse et Berrouaghia étaient là pour le rappeler aux récalcitrants. Mais, la Sécurité Militaire, ce n’est pas seulement la fouine dans les pratiques clandestines de la politique. Si la paternité des négociations menées par le regretté ministre Mohamed Seddik Benyahia pour la libération des otages américains en Iran ne souffre d’aucune ambiguïté, le travail en coulisses des services de renseignements algériens est certainement pour quelque chose dans l’aboutissement des pourparlers. Le geste valut à l’Algérie l’estime des Américains reconnaissants. De même, l’effort diplomatique titanesque déployé au Liban par l’Algérien Lakhdar Brahimi ne pouvait non plus se solder par l’arrêt définitif des hostilités dans ce pays du Moyen-Orient au début de la décennie écoulée, sans l’appui intelligent -au sens militaire du terme- de nos services secrets. Des officiers de haut rang avaient accompagné l’ancien ministre des Affaires étrangères dans son action de rétablissement de la paix dans un Liban en ruine. Le général Boutighane, excellent polyglotte, faisait partie de l’équipe, il sera lâchement assassiné par les GIA, à Bir Mourad Raïs, sur les hauteurs d’Alger, au milieu des années quatre-vingt-dix. Le colonel ‘’Kasdi Merbah’’ a dirigé les services des renseignements jusqu’à la mort de Boumediene, où il devient ministre de l’Agriculture, de la Santé, et puis Premier ministre chef du gouvernement pour une courte durée, avant que le général Mohamed Betchine patron de la DGDS (Direction générale des documents et sécurité).fera irruption dans le bureau du premier ministre et lui signifié qu’il était indésirable et doit partir immédiatement. En Réponse Kasdi Merbah lança sa fameuse phrase ‘’ Hna Mout Kaci ‘’..! Pourquoi cette installation et ce départ précipités, Kasdi Merbah, rencontré le début de l’année 1990, il répond aux questions. :
Q : Comment expliquez vous votre départ du gouvernement ? R : K.M. Il y a une raison officielle qui m’a été signifiée et d’autres qui ont été évoquées par voie de presse. Le tout peut donner peut-être une idée sur les raisons qu’on peut avancer pour expliquer mon départ. La première, c’est les pénuries, je ne m’attarderais pas là-dessus. Je dirai simplement que des pénuries ont toujours existé. Que ce soit avant ou après l’indépendance. Les pénuries ont d’ailleurs été, en partie, à l’origine des événements d’Octobre 1988. Tous avaient la même texture il était clair que c’étaient des articles sur commande : Q : Celle des cigarettes était nouvelle et a eu un impact plus retentissant dans l’opinion. Vous pensez que c’était un coup monté contre vous ? R : K.M : Je dois dire que pendant les 6 premiers mois de 1989 La situation économique du pays s’était considérablement améliorée. Seules les pénuries de Lahda et Isis persistaient. En ce qui concerne la pénurie des cigarettes j’en suis à me demander si elle n’a pas été provoquée sciemment. Puisqu’on avait pris toutes les dispositions théoriquement début juillet pour que la SNTA produise plus de’ cigarette qu’elle n’en avait l’habitude de produire pour faire face à la demande du mois d’août. J’avais moi-même demandé à ce qu’il y ait 20 % de cigarettes en plus. Mais il s’est produit exactement l’inverse puisque dés le 15 aoùt il y a eu pénurie. Quand j’ai demandé des explications, on m’a dit qu’une partie des stocks avait brûlé durant les événements d’octobre 1988 et que les nombreuses grèves qu’a connues la SNTA, n’avaient pas permis de reconstituer ce stock si bien qu’il n’y avait en stock qu’une vingtaine de millions de paquets. Et comme c’était la période des congés annuels, la direction de l’entreprise a fermé trois usines sur cinq. Résultat au mois d’août, seules 40 millions de cigarettes étaient produits alors qu’il en fallait 80 millions. Par la suite, il y a eu des articles de presses qui ont été publiés et qui soulevaient tous les mêmes arguments : celui de « libération », celui de « Echarq El Awsat » et celui du Directeur d’Algérie Actualité’’. Tous avaient la même texture. Il était clair que c’étaient des articles sur commande faits par des mercenaires de la plume qui ont reçu des instructions. C’est Mguedem, l’ex chef de service « presse et information » de la Présidence qui en a soufflé les arguments faisant de moi un opposant aux réformes politiques et économiques. Je pense que je ne peux pas faire quelque chose à quoi je ne crois pas. Et je ne suis pas quelqu’un qui dissimule. Et si j’étais contre les réformes, je pense que le conseil du gouvernement, le conseil des ministres, l’opinion publique s’en seraient aperçu. Et jusqu’à preuve du contraire, la population n’a pas marché, elle cherche à savoir la cause exacte de mon départ du gouvernement.Les réformes politiques, je considère les avoir faites à la vitesse grand V. La Constitution a été votée le 23 février 1989, et quatre mois plus tard, fin juillet, nous avions les principales lois : la loi électorale, la loi sur les partis politiques et la loi sur l’information. D’autres lois ont été déposées sur le bureau de l’APN qui a été obligé, pour la première fois de son histoire, de tenir une session extraordinaire. Malgré cela, elle n’a pas pu étudier tous les projets de lois que nous avons préparés, le 20 août, elle s’est mise en congé en laissant les textes de lois aussi importants que celui sur le droit de grève ou celui sur les manifestations publiques, que nous, en tant que gouvernement, voulions passer dans les meilleurs délais. Sans compter les initiatives que j’ai prises en tant que chef du gouvernement, comme la demande de ratification de la convention internationale des droits de l’homme, la soumission à l’APN de la convention internationale contre certaines mesures concernant les interdictions de sortie du territoire national afin que tous ceux qui ont droit aient un passeport. Donc sur le plan des réformes publiques, on ne peut absolument rien me reprocher. A suivre A Ben Brik
Dimanche 22 Août 2010
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