REFLEXION

EVOCATION : DES HOMMES, DES DATES ET DES DEFIS : Les raisons du départ de Bélaïd Abdesslam



EVOCATION : DES HOMMES, DES DATES ET DES DEFIS : Les raisons du départ de Bélaïd Abdesslam
Durant la période du Haut Comité d’Etat présidé par M. Ali Kafi, M. Belaïd Abdesslam fut appelé à la tête du gouvernement. La partie qui a décidée l’installation de Da Bélaïd, a tentée de renouer avec l’’Algérie des défis’’ et de l’espoir, après une décennie de débandade et de laisser-aller et de renoncement… Bélaïd Abdesslam à la tête du gouvernement ? Peu d’observateurs à cette époque, même les plus avisés, l’avaient pronostiqué. On le donnait définitivement ‘’hors circuit’’ depuis des années, il ne semblait pas travailler le moins du monde à reprendre du service. Un peu comme Rédha Malek, d’ailleurs, ou Ali Kafi lui-même.Tous trois, au demeurant, avaient été exclus du comité central du Front de Libération Nationale (FLN), depuis le début des années quatre-vingt. : Abdesslam pour avoir mis en garde contre l’abandon d’une stratégie de développement national, et les deux autres pour s’être ouvertement opposés à son élimination de cette instance. Revanche de l’histoire, les voilà tous les trois aux plus hauts postes de responsabilité, Kafi à la tête du Haut Comité d’Etat (HCE), la présidence collégiale dont Malek était aussi membre, et Abdesslam à la tête du gouvernement. L’histoire retiendra que Bélaïd Abdesslam alias Jugurtha est l’homme d’une ambition : faire de l’Algérie un pays industrialisé et développé, en exploitant à fond les ressources pétrolières et gazières qu’il considère, contrairement à ses prédécesseurs, comme une ‘’manne’’ du ciel, et non comme une ‘’malédiction’’. Pendant quinze ans, de 1964 à 1978, il a fait de l’Algérie un immense chantier, consacrant jusqu’à 50 % des revenus du pays à l’investissement, en priorité dans l’industrie et les hydrocarbures. On sait ce qu’il est advenu de cette base industrielle qui a été ensuite démantelée, sous Chadli, au nom d’une politique de ‘’restructuration’’ dont personne n’a encore compris à ce jour la logique économique. Alors que les prix du pétrole étaient au zénith dans la période 1982-1986, atteignant 40 dollars le baril, cette politique a été accompagnée d’un effroyable désinvestissement dans l’industrie, avec pour conséquences la sous-production- faute de renouvellement de l’équipement et des pièces de rechanges et bien sur l’endettement du pays. On reproche à Bélaïd Abdesslam, dans un contexte économique international qui ne jure plus que par le ‘’marché’’ et la ‘’croissance’’, de rester très attaché au développement et de se fier plus aux réalisations qu’aux idéologies, fussent-elles libérales et apparemment triomphantes. Il a rappelé dans sa première conférence de presse qu’il n’était pas intéressé par le faux débat sur le dirigisme et le marché, n’ayant été lui-même dirigiste que pour mieux préparer le passage à l’économie de marché. Il assénera aussi quelques autres vérités à contre-courant des idées en vogue durant cette période chez les riches, à propos des réformes dans les pays pauvres. Sur le sujet de la dévaluation, réclamée par le Fonds Monétaire International, il s’interroge : « La dévaluation pour quoi faire ? Alors que l’Algérie est engagée dans une politique de restriction de ses importations et qu’une dévaluation n’aurait aucun effet sur ses exportations libellées en dollars… ‘’Je ne négocierai pas le couteau sur la gorge’’, ou encore, ‘’les prix offerts sont en-deçà de ce qui était souhaité, nous attendons ‘’. Voilà encore des accents que l’on n’avait plus l’habitude d’entendre à Alger. Assailli de l’extérieur et de l’intérieur, Bélaïd Abdesslam n’avait pas la tâche facile cependant. Premier objectif, sortir du ‘’piège’’ de la dette extérieure : 26 milliards de dollars, dont le service seul a atteint en 1992 près de la totalité des rentrées extérieures escomptées. Il restera à peine deux ou trois milliards de dollars pour importer les denrées alimentaires et les ‘’inputs’’ nécessaires à l’économie. Avant 1990, la solution aurait été plus facile à trouver : faire appel aux crédits commerciaux, même à court terme, et continuer à faire vivre le pays au-dessus de ses moyens, quitte à le payer beaucoup plus cher quelques années après. Avec Abdesslam Bélaïd, cette ‘’facilité’’ était désormais interdite. Il faut payer la dette et se contenter de ce qui reste pour faire face aux autres besoins. Il a préconisé même le ‘’gel’’ de certaines activités consommatrices de produits importés, en attendant des jours meilleurs. C’est ce qu’il appelle ‘’une économie de guerre’’ fondée sur le ‘’compter-sur-soi’’ et à nouveau à contre-courant des politiques de libération des échanges extérieurs préconisées par le F.M.I. Bélaïd Abdesslam avait son idée politique sur la privatisation des entreprises et leurs bradages Bélaïd Abdesslam, s’est refusé de s’enfermer dans le débat idéologique sur la ‘’privatisation’’ des entreprises publiques. Promoteur de ces entreprises qui représentaient à cette époque l’essentiel de l’emploi stable dans le pays, il a estimé qu’on devrait leur accorder une chance supplémentaire avant de les brader, et il ne faut pas toucher aux entreprises rentables et en bonne santé financière !Il faudrait disait-il assainir leur environnement pour les permettre de travailler et de produire, et les juger ensuite sur les critères reconnus d’efficience économique. Celles qui soutiendraient la comparaison pourraient poursuivre leurs activités, les autres seraient sanctionnées par le marché ‘’En tout cas, il n’est pas question de faciliter la tâche aux charognards’’, a-t-il dit. Encore une promesse qui n’a pas manqué de regonfler les travailleurs du secteur public, dont on voulait faire le bouc émissaire de la faillite économique du pays. Encore égal à lui-même, Bélaïd lorsqu’il a annoncé que les compagnies pétrolières internationales n’ont pas consenti le droit d’entrée souhaité pour intervenir dans la production des gisements existants. ‘’Les offres sont minorées, nous attendons, et l’on n’imagine pas que nous allons accepter n’importe quoi, juste parce que nous sommes dans le besoin’ L’’Opération Hassi Messaoud’’ avait été lancée par son prédécesseur, M ; Sid Ahmed Ghozali. Objectif : avoir du ‘’cash’’ pour relancer une économie terriblement éprouvée par la dette extérieure. Après un premier accueil encourageant, il y eut de la part des compagnies internationales des réticences, dont la seule explication découle de l’évaluation qu’elles font des ‘’ urgences algériennes’’. Bélaïd Abdesslam, avec la force tranquille d’un homme qui a négocié dans les pires conditions sans vaciller, a sans doute fait tomber cette illusion. Remarque importante : Durant cette époque, le peuple algérien était très ‘’tendus’’ par la situation sécuritaire, la conjoncture ne lui a pas permis de suivre la politique économique. Et de savoir toutes les entrées et sorties des coulisses de cette politique..

A. Ben Brik
Mercredi 4 Août 2010 - 00:01
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