REFLEXION

ENERGIES RENOUVELABLES EN ALGERIE : Le grand absent des débats politico-économiques de la compagne électorale

À l’aune de la compagne électorale pour la présidentielle d’Avril 2014, la question du développement de l’utilisation et la généralisation des énergies renouvelables en Algérie, demeure totalement absente de la scène politico-économique nationale, malgré les signes de bonne volonté de la part de l’État dans ce domaine stratégique pour le futur de notre Nation.



En effet, depuis l’émergence de ce type d’énergie alternative écologique dans le monde, l’on n’entend guère parler dans notre pays d’un lancement d’une vraie politique énergétique nationale, à même d’assurer à la population de l’ensemble du territoire des moyens d’éclairage et de déplacement efficient et dits ‘’propres’’, sauf dans certains cercles d’initiés et à des occasions ô combien éphémères. Largement insuffisant pour insuffler dans les consciences l’impérieuse nécessité d’une transition énergétique d’avenir écologique viable, chez la population dans son ensemble et parmi la classe politique dirigeante. Par énergies renouvelables, nous entendons les formes d'énergies dont la consommation ne diminue pas la ressource à l'échelle humaine. L'expression ‘’énergie renouvelable’’ est la forme courte et usuelle des expressions « sources d'énergie renouvelables » ou « énergies d'origine renouvelable » qui sont plus correctes d'un point de vue physique. Le soleil est la principale source des différentes formes d'énergies renouvelables : son rayonnement est le vecteur de transport de l'énergie utilisable (directement ou indirectement) lors de la photosynthèse, ou lors du cycle de l’eau (qui permet l'hydroélectricité) et l'énergie des vagues (énergie houlomotrice) la différence de température entre les eaux superficielles et les eaux profondes des océans (énergie thermique des mers) ou encore la diffusion ionique provoquée par l’arrivée d’eau douce dans l’eau salée de la mer (énergie osmotique). Cette énergie solaire alliée à la rotation de la terre est à l'origine des vents (énergie éolienne) et des courants marins (énergie hydrolienne). La chaleur interne de la Terre (géothermie) est assimilée à une forme d'énergie renouvelable, et le système Terre-Lune engendre les marées des océans et des mers permettant la mise en valeur de l'énergie marémotrice. Paul van Son, PDG de l’initiative industrielle Desertec (Dii), affirme que "les énergies renouvelables engendreront une croissance inclusive en Algérie", avec à la clé "la création d’emplois, la formation de la main-d’œuvre, l’ouverture de centres de production, et des transferts technologiques" apprend-t-on sur le très bon site dédié aux questions de l’énergie renouvelable en Algérie. Il est en outre, avancé qu’une étude intitulée "Desert Power 2050" produite par Dii, avance que "les pays de la région MENA réaliseraient 63 milliards d’euros en exportant jusqu’à 20% des besoins en électricité de l’Europe." Ce qui représente une somme considérable de manne financière pour l’actuelle et les futures générations qui naîtront sur le sol algérien. Cependant la question qui s’est de suite posée à la publication des conclusions de l’étude est la suivante; est-il intéressant économiquement pour l’Algérie de se suffire de produire de l’énergie renouvelable exclusivement pour sa consommation domestique ? À cette question, Le Président Directeur Général de l’ambitieux programme Desertec, a répondu : « Nos analyses montrent que l’électricité d’origine photovoltaïque et éolienne produite et vendue sur place serait dès aujourd’hui moins coûteuse que celle générée par les centrales à gaz algériennes, ce au prix international du gaz naturel. Il est possible d’obtenir un coût moyen actualisé du kWh (LCOE) pour l’éolien se situant entre 6,5 ct€/kwh et 8,5 ct€/kwh et pour le photovoltaïque un LCOE de l’ordre de 8,5 10,5 ct€/kwh. En ce qui concerne le solaire concentré, ses coûts de production qui sont aujourd’hui encore "hors marché" seront amenés à diminuer dans les années à venir pour devenir complètement compétitifs à terme ». Nous voyons bien que dans tous les cas, la République Algérienne a intérêt à développer ses capacités de production d’énergies renouvelables, sous toutes ses formes possibles et réalisables, telle l’énergie solaire, éolienne, hydraulique, la biomasse, les énergies marines etc., d’autant plus que notre pays dispose de ces énergies primaires inépuisables à très long terme c’es-à-dire les ressources renouvelables sont réellement abondantes, ce qui constitue un vrai potentiel d’indépendance énergétique vis-à vis de grandes puissances occidentale et même un indépendance de nos notre propre sous-sol.

Sortir du vrai-faux debat ‘’consommation domestique contre exportation’’
À travers toutes les études scientifiques nationales et internationales récentes dans ce domaine réalisées ces trois dernières années, l’on conclue d’une façon édifiante l’apport positif indiscutable de ces nouvelles sources d’énergies écologique à faible impacte environnemental sur l’économie algérienne. Et cet argument décisif, pourrait pousser les autorités algériennes à investir massivement ce secteur porteur de solutions aux multiples problèmes de pollution atmosphérique, marine ainsi que des sols arables, facteurs de graves pathologies pour la population exposée, provoquant de lourdes dépenses financières à la Sécurité Sociale et au Ministère de la Santé sans compter les conséquences du dérèglement climatique, car la région méditerranéenne dont fait partie notre pays, est en effet considérée comme l’une des plus sensibles du globe aux conséquences du réchauffement du climat. Les scientifiques s’attendent à y observer une radicalisation des conditions météorologiques, notamment en été, avec toujours plus de sécheresse et plus de chaleur. Une évolution non sans conséquences sur la qualité de l’air puisque ensoleillement et sécheresse sont généralement des facteurs favorisant et aggravant la pollution atmosphérique gazeuse et particulaire. Dans ce contexte, l’Algérie devrait tracer des objectifs précis pour le prochain quinquennat présidentiel, et porter à au moins 40% la consommation d’énergie globale produite à partir d’énergies renouvelables  d’ici 2030 dans un premier temps, d’après le Programme des Énergies Renouvelables et de l'Efficacité Énergétique, initié par le Ministère de l’Énergie et des Mines Algérien en l’an. Fixer cet objectif suppose une réduction de la consommation d'énergie de l’Algérie, qui  nécessitera un développement soutenu de l’ensemble des filières susmentionnées. Cela dit, il ne s’agit pas de choisir entre les différentes énergies renouvelables, mais de concevoir un plan de développement de chacune de ces énergies à l’échelle nationale. Un programme d’action très ambitieux, qui exige de la part de ces partisans et initiateurs de dépasser tous les clivages politico-idéologiques de tout bord afin de l’appliquer dans son intégralité et d’une manière ‘’objective’’ ainsi qu’une bonne dose de courage politicien. L'Algérie de ce fait, amorce une dynamique d'énergie verte en lançant un programme ambitieux de développement des énergies renouvelables (EnR) et d'efficacité énergétique. Cette vision du gouvernement algérien s'appuie sur une stratégie axée sur la mise en valeur des ressources inépuisables comme le solaire et leur utilisation pour diversifier les sources d'énergie et préparer l'Algérie de demain. Cet ambitieux programme consista à  installer une puissance d'origine renouvelable de prés de 22 000 MW entre 2011 et 2030 dont 12 000 MW seront dédiés à  couvrir la demande nationale de l'électricité et 10 000 MW à  l'exportation. À la faveur de ce programme, les énergies renouvelables se placent au cœur des politiques énergétiques et économiques menées par l'Algérie.

Absence du thEme des ‘’ressources renouvelables’’ dans le discours politique
Les experts nationaux ont depuis longtemps évoqué le sujet des ressources primaires comme une très bonne opportunité de poser les jalons d’une transition énergétique salutaire pour l’avenir du pays. Car, tout porte à croire que l’épuisement des gisements pétroliers et gaziers (dites énergies fossiles) devrait intervenir dans un avenir pas si lointain que l’on imagine. L’expérience montre qu’en Afrique, l’introduction et le succès des énergies renouvelables, quelles qu’elles soient, dépendent en grande partie du cadre politique existant. Les politiques gouvernementales sont importantes par leur capacité à créer un environnement favorable pour mobiliser les ressources et encourager les investissements du secteur privé. La plupart des premières initiatives politiques sur les renouvelables dans la région ont été motivées par les crises pétrolières des années 1970 appelées alors ‘’chocs pétroliers’’. D’autre part, nous apprenons à travers les recherches documentaires sur l’objet de notre article que « la plupart des gouvernements africains n’ont pas de politique bien définie sur les renouvelables. De ce fait, leur développement suit son propre cours, sans beaucoup tenir compte des programmes énergétiques nationaux qui n’existent que rarement ou sont dépassés et inadaptés ». Ces déficiences du soutien aux énergies renouvelables sont aussi illustrées par les faibles dotations budgétaires que l’on peut voir dans la plupart des pays surtout en Algérie qui peut devenir leader incontestable en Afrique au vu de ses immenses capacités en la matière aidé en cela par sa caractéristique géographique idéalement situé au centre-nord dudit continent. L’accent est mis sur le secteur du pétrole et de l’électricité, qui ne desservent qu’une petite partie de la population, aux dépens des renouvelables qui peuvent aider à atteindre un plus grand nombre de citoyens. Cet or noir est devenu « notre addiction à tous » notre mère nourricière en somme, qui a divisé les analystes dans le domaine du développement économique entre ceux qui y voient une aubaine pour le gain rapide et le reste convaincu que le pétrole représente une « malédiction » pour les générations futures. Cependant, le paradoxe essentiel qui constituerait un handicap dans la démarche du développement des énergies renouvelables, est justement le fait que leurs financements procèdent directement des recettes issues de la manne pétrolière, ce qui pose une nouvelle fois sur la viabilité d’une telle politique énergétique à long terme. En conclusion, nous avons vu ce que les énergies primaires renouvelables peuvent apporter à l’économie algérienne en termes de croissance qualitative et quantitative, dont le potentiel national en énergies renouvelables étant fortement dominé par le solaire, en s’appuyant sur les deux volets en parallèle (production pour la consommation domestique et l’exportation vers l’international) ce qui assurera une indépendance  financière et énergétique en même temps. C’est pour beaucoup d’analystes une belle opportunité pour l’Algérie à l’image du programme Desertec. Alors, cette question primordiale trouvera-t-elle un quelconque écho chez nos candidats à la présidentielle du 17 avril 2014 ?

A.S. Mohsen
Samedi 29 Mars 2014 - 17:27
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ACTUALITÉ
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