REFLEXION

EMEUTE EN ALGERIE : Le sucre de la colère

Signe que la tension est loin de s’apaiser, la Ligue algérienne professionnelle de football a reporté l’ensemble des rencontres de division une et deux programmées ce week-end.



EMEUTE EN ALGERIE : Le sucre de la colère
Jeudi soir, la télévision algérienne – en arabe, en amazigh et en français – a montré des images des événements, donnant la parole à des habitants du quartier de Bab el-Oued qui, tout en dénonçant la hausse des prix, déploraient la casse commise par certains manifestants.Côté autorités, Seul le ministre du commerce, l’islamiste Mustapha Benbada – il est membre du MSP (ex-Hamas) – est en première ligne, organisant réunion sur réunion avec les professionnels de la distribution en gros pour trouver une issue à la situation. La hausse des prix des produits alimentaires de base qui a atteint les 100 % pour certains produits comme le sucre est la résultante d’une politique de libéralisation dans un contexte de fortes inégalités sociales, d’un chômage d’environ 15 %, de spéculations et de corruption généralisée.Parallèlement, les salaires sont pratiquement gelés – la rémunération moyenne se situe entre 200 et 250 euros alors que le kilo de viande est à 8 euros, sauf dans certains secteurs comme l’enseignement, le secteur sanitaire, les ports, où elle a augmenté suite à des mouvements sociaux très durs, d’une durée de plusieurs mois. La pauvreté touche 20 % de la population, la crise du logement perdure tandis que les nouveaux riches étalent sans vergogne leur 
luxe –, l’exaspération sociale est d’autant plus grande que l’Algérie dispose de 155 milliards de dollars de réserve de change, un pactole supérieur aux PIB du Maroc et de la Tunisie réunis. Les Algériens le savent. À la différence de la Tunisie où l’information est verrouillée, il suffit de feuilleter n’importe quel journal algérien pour voir s’étaler au fil des pages des articles sur la désespérance sociale, les occupations d’entreprises, de mairies, des sit-in, des mouvements de colère dans les coins les plus reculés du pays. Au point que le premier ministre Ahmed Ouyahia en est venu à dire aux mécontents que cela ne servait à rien de casser les édifices publics pour se faire entendre. Le problème est que les émeutiers sont convaincus précisément de ne pas être 
entendus.La preuve. Jeudi soir, les manifestations de colère ont repris dans plusieurs quartiers d’Alger, à Oran, dans les départements de Boumerdes, Bouira, Tizi-Ouzou, Bejaïa. Des concessionnaires automobiles – Renault et le chinois Geely – des bus de transports publics ont été incendiés, tandis que des boutiques de marque, de téléphonie mobile ont été pillées et saccagées ! Hier, les forces anti-émeutes, déployées autour des mosquées Taqwa de Bab el-Oued et Ketchawa (basse Casbah), étaient toujours aussi présentes.

Yacine
Lundi 10 Janvier 2011 - 10:35
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