REFLEXION

ECHANGES CULTURELS ENTRE ASSOCIATION : Une délégation espagnole à Mostaganem

Le samedi 2 janvier, la vie associative à Sidi Ali, a vécu une journée marquée par la coordination des efforts de deux associations donnant à la notion de travail associatif, une dimension concrète de l’ouverture et l’échange avec les pays de l’autre rive de la méditerranée ,en l’occurrence l’Espagne pour cette fois ci.



ECHANGES CULTURELS ENTRE ASSOCIATION : Une délégation espagnole à Mostaganem
En cette journée, l’association Affak recevait dans ses locaux, mis à disposition gracieusement par un habitant de Sidi Ali, un groupe de ressortissants espagnols de l’ONG JARIT. Une quinzaine de personnes dont la majorité était des jeunes filles. La présence de ces jeunes filles est un point important et éducatif, sur la question de la femme et son rôle, dans la société civile. L’association « Ouled Tigdit » qui a accueilli les amis Espagnols, dans le cadre de leur collaboration et qui les accompagnait dans leur visite de Sidi Ali, était représentée, par son président Mr Kassous et quelques membres, dont des jeunes filles aussi. Cette visite de Sidi ALI s’inscrit, dans le cadre d’une rencontre inter associative de travail, pour une future collaboration qu’Affaq souhaite fructifier et élargir, dans la mesure de ses possibilités, pour son projet « citoyenneté et environnement » qu’elle met en place étape par étape.
Après la réception des invités , l’échange des allocutions d’accueil et une brève présentation historique de Sidi Ali autour d’un thé de l’amitié, le programme de la journée, s’articulait autour de la visite des sites historiques et culturels de Sidi Ali et sa daïra, et d’une rencontre avec quelques uns des derniers témoins et acteurs encore vivants, de la lutte de libération nationale. Pendant le buffet organisé, dans le centre de documentation, les membres d’Affaq, expliquèrent les conditions, de création de leur association et l’origine des dons, pour une centaine de participants. L’assistance fut dirigée ensuite au musée de la ville, à quelques centaines de mètres de là où un accueil aux sons des Karkabous, bendirs et derbouka apporta plus de couleurs et réchauffa l’atmosphère, pour créer plus de liens. Des explications furent prodiguées, par le responsable en place du site, Hadj Kies, sur l’histoire du lieu et les pratiques de tortures perpétrées, par l’administration coloniale. Il est à signaler que le musée est conçu, comme étant une reconstitution par l’usage de mannequins et d’illustrations sonores, des scènes d’atrocités coloniales. Ceci a fortement imprégné et ému les visiteurs, des réalités coloniales et par là participer, à la démystification de la mission civilisatrice de la colonisation, que certains intellectuels de service continuent, sans vergogne de propager.
Cette visite fut agrémentée par une pause autour d’une « GASÂA » de couscous à la traditionnelle. Les aspects culinaires et la découverte de la gasâa traditionnelle étaient un passage obligé pour l’échange interculturel et de connaissance mutuelle … et l’hospitalité. Cet intermède, agréablement chaleureusement et copieusement apprécié, fut mis à profit pour un échange fructueux d’autant plus que les tables étaient mixtes. Pour donner plus d’intérêts et de profondeur à l’échange, les organisateurs avaient même pris le soin de brasser les hôtes espagnols et les autres convives autour des « méidas ». Une telle occasion est un fait rare dans le village, l’assistance n’a fait qu’augmenter et la salle réservée devenait trop étroite jusqu’à installer des tapis dans le couloir. L’objectif est de développer de telle initiative d’autant plus que l’Espagne a connu l’essor et l’apogée de la civilisation arabo-musulmane et en garde encore des vestiges. Cette situation a donné plus de consistance aux échanges et à la rencontre. Elle a libéré la parole. Plusieurs personnes sont intervenues dans la discussion. Un dialogue tout horizon s’est établi et l’on sentait une soif d’échanger , de parler. Le manque de tel espace d’échange et de rencontre est là criant d’où la nécessité de multiplier de telles initiatives. L’échange et le dialogue a pris ici tout son sens de même la création de tel lieu se sentait aussi importante qu’urgente pour libérer les énergies créatrices et actrices d’une société civile citoyenne et engagée. La prise de parole de la responsable du groupe espagnol a confirmé tout l’intérêt de cette rencontre. D’autant plus, « l’Espagne est un partenaire incontournable des pays du Maghreb et plus particulièrement de l’Algérie, nous avons beaucoup de respect pour le peuple Algérien et son combat contre le colonialisme »a-t-elle dit en rajoutant leur préoccupation du phénomène des haragas et la situation de l’immigration clandestine. Situation qui préoccupe également les membres d’Affaq puisqu’ils travaillent sur le sujet avec une sensibilisation sur les graves dangers que sont la mort et les disparitions en pleine mer entre autre, mais aussi les humiliations et les risques encourus , s’ils parviennent à traverser.
Affaq a montré dés lors son savoir faire, son potentiel et son dynamisme qui ne demandent qu’à être exploités et développés. Profitant de ses membres, personnes ressources en matière de capacités organisationnelles et d’actions, Affaq a programmé et animé cette journée pour que ses hôtes, les amis Espagnols de JARIT et les frères et responsables de OULED TIGDIT en tirent le maximum de profit de cette visite et échange. Elle a aussi animé, le temps d’une journée, une rue du village abandonné à une vie monotone et morose qu’il est impérativement urgent de changer.
Cette visite du musée, le couscous offert aux invités comme marque de volonté d’amitié et de collaboration, suivi du débat très enrichissant autour des questions en rapport avec l’activité associative, des problèmes de la jeunesse et son engagement dans le bénévolat, sont autant de points à mettre à l’avantage de l’association Affaq mais surtout sa volonté d’apporter sa contribution à développer la vie associative et culturelle dans le village. Plusieurs points furent soulevés dans la discutions et plus particulièrement le comment faire adhérer les jeunes, filles et garçons, à l’action associative formatrice et génératrice de citoyenneté. Tout un programme hélas… il faut des énergies et surtout des volontaires engagés ;
L’investissement d’Affaq dans cette journée est une manière de montrer la voie qu’il faut impérativement ouvrir pour promouvoir l’ouverture et la connaissance de l’autre afin de mieux affirmer sa culture.
Il est connu que le nerf de toute guerre n’est autre que les moyens. En ce qui concerne l’association AFFAK, la seule source se trouve être la bonne et généreuse volonté des donateurs dont Mr Nabi Driss qui en plus du local qui abrite le siège de l’association et la bibliothèque contribue largement aux divers dépenses. Président de l’ATAMS (association des travailleurs arabes du Mans en France), il favorise la collaboration avec celle-ci. L’objectif étant de créer un pont entre les deux rives. Il est à rappeler que l’ensemble des ouvrages sont des dons collectés par son association dans la Sarthe et acheminés par Mr Nabi avec ses propres moyens malgré toutes les difficultés et tracasseries pour le transit. Fondateur d’Affaq il a cette année contribué à la mise en place d’un espace multi média avec des liaisons internet ouvert à tous et gratuit pour les utilisateurs ciblés que sont les plus défavorisés. Affaq une goutte d’au dans la mer, peut être, mais plusieurs gouttes rempliront le vase. A nous d’œuvrer.

RL
Mercredi 20 Janvier 2010 - 23:01
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MOSTAGANEM
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