REFLEXION

Douar Djebabra (Mostaganem) : Une localité riche, en mal de prise en charge

Douar Djebabra, deuxième localité importante de la commune de Hadjadj, après le chef lieu, qui a fait parler d’elle en novembre 2009 en occupant la rue afin de protester contre la mal vie, l’absence de toute commodité (rareté de l’eau potable, le manque d’assainissement, la dégradation des routes, l’inexistence d’infrastructures destinées aux jeunes).



Douar Djebabra (Mostaganem) : Une localité riche, en mal de prise en charge
Ce qui avait déclenché cette cascade de protestation surtout c’est le détournement du terrain qui était destiné à la réalisation d’un stade de la localité, au profit d’un particulier, surtout que l’équipe locale joue en division d’honneur et est chapeautée par l’association sportive « JSOBD » qui compte une centaine de jeunes. Il n’existe aucune activité économique dans cette région à vocation agricole et touristique, ce qui a valu à cette région, le surnom de « capitale de la harga ». C’est pour sortir ces jeunes de leur mal de vivre et les sauver de l’oisiveté qui meuble leur quotidien que l’association culturelle pour les activités de la jeunesse de Djebabra a vu le jour.

L’association culturelle pour les activités de la jeunesse de Djebabra tend la main aux jeunes du douar
Le président de l’association, M. Mechrout Mohamed, le trésorier, M. Bouguedba Mohamed et le vice- président M.Sellaϊ Omar se sont rendus à « Réflexion » où ils nous ont faits part de leurs activités qui visent à soulager les jeunes de l’isolement qui sévit dans leur douar. Cette association qui a vu le jour en 2005, est composée dans sa forte majorité de jeunes sortants de l’université, natifs du douar Djebabra qui ont voulu transférer chez eux tout ce qu’ils ont emmagasiné comme actions positives durant leur cursus universitaire, nous confient-ils. Animés par cette bonne volonté, leur enthousiasme a vite était freiné par le refus de communication dont avaient fait preuve les responsables locaux de cette époque là qui refusaient de leur octroyer un local où ils pouvaient concrétiser leur plan d’action. Heureusement disent-ils avec l’équipe actuelle de l’APC, l’association utilise les locaux du centre culturel dont a bénéficié le douar pour activer en son sein. En effet, l’association qui est une aubaine pour cette localité, assure bénévolement des cours de soutien scolaire aux classes d’examens tel la 5ème, le BEM et le baccalauréat. Une bibliothèque a été installée au sein du centre et des ateliers ont été érigés et baptisés selon l’activité : le club scientifique par exemple, s’intéresse de tous les savoir-faire des jeunes en électricité, physique, chimie. L’atelier de l’informatique et technologies de la communication pour mettre à niveau les jeunes par rapport aux évolutions technologiques de l’heure. Le club vert est un atelier à travers lequel les jeunes apprennent à respecter la nature et à la protéger. Cette sensibilisation est concrétisée par des campagnes sur le terrain visant à nettoyer l’environnement et à planter des arbres. L’atelier de la santé et la sécurité vise à dispenser une culture sanitaire aux jeunes et par leur biais ; aux familles. Elle concerne la sensibilisation, la prévention contre les maladies transmissibles par l’eau, celles relatives à l’immunité ainsi que les dangers de la drogue sur la santé. L’atelier dispense aussi, la conduite à tenir chez les malades chroniques, les principes élémentaires du secourisme. Pour se faire, des tables rondes et des conférences sont organisées par l’association. Sur un autre plan, l’association qui a procédé à un recensement des jeunes pour connaitre leur niveau scolaire ainsi que le degré d’échecs et nombre de jeunes chômeurs dans le douar a eu l’idée en coordination avec la direction de la formation professionnelle de former les jeunes qui n’ont pas réussi dans leur cursus scolaire dans les métiers dont a besoin le douar tels que la soudure, la plomberie, la menuiserie, etc…dans la perspective de création de micro-entreprises. Le club culturel s’occupe d’enrichir la bibliothèque par des ouvrages dont ont besoin les jeunes pour leur scolarité et pour leur culture générale en histoire, en sciences et en arts, Il s’attèle à former les jeunes en théâtre. Pour les échanges culturels avec d’autres régions du pays, l’association organise des excursions. Les jeunes du douar ont déjà eu l’aubaine de visiter un grand nombre de villes telles : Alger, Bejaïa, Constantine, Sétif, Batna, Jijel, El Kala, Skikda, Tlemcen, Annaba, Ain Sefra, le barrage de kramis etc.…Et comme l’association a sa propre équipe de Football, elle organise des tournois à l’issue desquels, l’équipe a souvent été leader. L’association dont le rôle essentiel est celui de créer une dynamique dans le douar, organise des rencontres et des concours culturels, des campagnes de sensibilisation sur la journée de l’arbre, Yaoum El Ilm, les journées mondiales : sur le sida, le tabac, la drogue, les accidents de la circulation. Sur cet élan, l’association participe à toutes les festivités nationales. Pour faire face à toutes ces charges, elle bénéficie d’une subvention de la DJS, mais comme la somme octroyée reste insuffisante, l’association fait appel à la solidarité des émigrés natifs de Djebabra qui n’hésitent pas, nous dit le président ; à participer à toutes les actions du douar. « C’est grâce à leur contribution financière et en matériel que l’équipe de Football de Djebabra (LSOBD) a été créée », soutient notre interlocuteur qui souligne que les citoyens du douar aident spontanément en fournissant les repas et le café lors des manifestations locales. Toutes les activités sont filmées et archivées pour la pérennité. D’ailleurs, nos invités nous confient qu’ils aspirent à la continuité et veillent à former une relève qui agira sur la même lignée qu’eux, c'est-à-dire ne pas choisir les activités ponctuelles mais travailler pour le bien- être des jeunes du douar à longueur d’année. Malgré toute cette bonne volonté, l’association rencontre un problème relatif à la gestion du centre culturel, lieu vital pour le plus grand nombre d’activités. Etant dans leur majorité des fonctionnaires de l’Etat, les membres du bureau de l’association ne peuvent pas être en permanence sur place. Résultat : le centre est insuffisamment exploité. Nos invités suggèrent à l’APC de faire assurer une permanence qui permette au centre de rester ouvert au profit des jeunes.

L’appel de l’association aux autorités locales
Nos interlocuteurs ont profité de leur présence dans le local de Réflexion pour lancer un appel aux autorités locales en les exhortant de s’intéresser à leur commune qui pourtant riche de par ses potentialités humaines et naturelles (zone agricole et touristique) demeure très en retard. Aucune entreprise, aucune infrastructure administrative, aucun projet de développement, absence de réseau d’AEP et d’assainissement (les gens continuent d’utiliser les fosses septiques au risque de diverses maladies), pas de routes, pas de gaz alors que cette localité compte parmi ses natifs, deux députés à l’APN et l’actuel P/APW. M. le wali, lors de sa visite de la localité, a donné instruction pour que la route soit bitumée avant l’arrivée de l’hiver mais la route reste impraticable. Nos invités ont tenu à soulever un sérieux problème qui préoccupe toute la région et interpelle tout un chacun à savoir l’implantation du CEM dans la ferme Nehari entre Djebabra et Gouaϊzia sans assurer le transport dans une région isolée située entre la mer et la forêt. Cet état de fait met en danger les filles et incite à la débauche, font remarquer nos interlocuteurs. Par ailleurs, disent-ils, la wilaya a inscrit la réalisation d’un stade pour le douar mais l’inscription a été suspendue justifiée par le fait que le terrain choisi s’est avéré une terre agricole qui a profité à un émigré qui a implanté des arbres fruitiers. C’est d’ailleurs cette décision qui avait provoqué les émeutes du 08 novembre 2009. L’aire de jeu demeure insuffisante pour un douar qui fait du football sa priorité. Ces jeunes qui activent avec les moyens de bord en faisant de l’austérité un précepte de base méritent tous les encouragements. Leur expérience mérite de la méditation.

Alla. A
Samedi 1 Octobre 2011 - 22:40
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MOSTAGANEM
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