REFLEXION

Disparition programmée du lycée polyvalent de Bechar

C’est du moins la question que se pose tout le monde à Bechar, notamment les membres de l’association des anciens élèves du premier lycée de la région de la Saoura , au lendemain de l’indépendance du pays, en l’occurrence l’ex lycée national polyvalent, qui déplorent le massacre que ne cesse de subir cet établissement à chaque fois que le besoin se fait sentir en matière du foncier et d’assiette de terrain à bâtir, devant accueillir de nouveaux projets relevant du secteur de l’éducation.



En effet, il est à rappeler qu’il y’a quatre ou cinq années déjà, ce même lycée avait été amputé d’une importante superficie de sa cour de récréation pour servir de terrain d’assiette à la construction de la Cour de justice de Bechar. La décision de construction de cette cour de justice dans une cour d’école avait suscité à l’époque la colère et l’indignation de beaucoup de gens, qui ne sont pas restés silencieux ni les bras croisés face à cette aberration. Chacun est allé de son explication et de son point de vue des suites de cette décision, qu’ils avaient estimé injuste et abusive. Une véritable cacophonie s’était installée, reflétant l’importance que ces anciens lycéens et autres membres de la société civile accordent toujours à cet établissement, devenu  un véritable patrimoine historique et culturel, qui a formé des générations et continu encore et toujours à le faire. Beaucoup d’anciens élèves devenus actuellement des cadres et responsables à haut niveau de l’état ont fréquenté ce lycée, nous a fait savoir un groupe de médecin et ingénieurs ayant poursuivi leurs études dans cet établissement, lesquels semblaient très marqués par leur passage dans ce lycée, et c’est pour cela qu’ils  refusent que l’on touche à la moindre parcelle de sa terre.  Voilà, une fois de plus, une autre amputation de terrain d’assiette de ce même établissement, cette fois-ci c’est de son terrain de sport qu’il s’agit qui vient de se produire sans honte et sans gêne et ce devant le regard impuissant des milliers d’anciens et nouveaux lycéens a-t-on constaté sur place.  Une visite dans ce chantier, nous a permis de constater sur place, un gigantesque chantier à ciel ouvert. Visiblement un grand bâtiment est en phase de construction sur une importante surface mutilée  du terrain de sport de ce lycée. Contacté par nos soins, une source proche de la direction de l’éducation de wilaya indiquera : « Ces différents chantiers ayant trait aux projets de construction d’un nouveau siège de la direction de l’éducation de la wilaya et d’un nouveau CEM  avec 40 logements d’astreintes. Pourtant, dans le quartier où se trouve ce lycée, il existe déjà deux ou trois CEM. Pourquoi en rajouter un autre, ne cessent, de répéter ces responsables à  ceux qui veulent bien les entendre, il s’agit en l’occurrence  de  certains membres de cette association des anciens lycéens. Ce lycée et son terrain d’activité physique et sportive, qui formaient un ensemble et un modèle architectural homogène, viennent d’être séparés et amputer une énième fois de quelque douze mètres de largeur sur 200 mètres de longueur pour permettre la création d’une ruelle aux passants riverains. Aucune protestation ni opposition au massacre de cet établissement public n’a été soulevée, ni de la part de la direction de l’éducation censée défendre ce secteur, ni par les élus locaux. Un silence radio semble être observé, alors que tout le monde sait que l’état a dépensé des sommes colossales pour la réalisation de cet important lycée, qui ne cesse de subir des massacres. Le bradage du foncier dans cette ville durant la décennie noire, et le blanchiment d’argent sale dans l’immobilier semblent être à l’origine de l’indisponibilité d’assiette de terrain devant abriter de nouveaux projets de développement à travers les différents quartiers de la ville ne cessent de pousser les responsables locaux et la commission technique de choix du terrain à recourir à de telles pratiques et solutions de rechange, qui ne semblent pas être du gout de nombreuses personnes.  Pourtant le territoire de la wilaya est immense, il  permet d’opérer des extensions à chaque fois que les besoins se font  sentir pour l’implantation de nouveaux projets de développement, au lieu d’aller vers les solutions de facilité ont  indiqué plusieurs anciens élèves. Et de poursuivre à qui profite ce crime et cette mascarade d’une structure relevant de la mémoire collective dans laquelle chacun de nous voit son enfance et sa tendre jeunesse.  Alors que dans tous les pays du monde, ce genre de structure est intouchable eu égard à la valeur qu’elle représente. Chez nous la préservation d’un patrimoine constitue le dernier de nos soucis. Contacté, le proviseur de ce lycée en question dira : « la hiérarchie et ma tutelle immédiate  sont bel et bien au courant, puisque c’est eux-mêmes qui gèrent et ordonnent en matière d’investissement et d’équipement.  La décision d’implantation de ces nouveaux projets au niveau du terrain de sport de cet établissement leur incombe, moi, je ne suis pour rien » a affirmé ce responsable.  Ainsi, les solutions de facilité passent pour être la règle et non l’exception, puisque les massacres et les amputations de terrain d’assiette dans cet établissement se suivent et se répètent, et demeurent voulus par les responsables concernés, qui ne voient nullement l’intérêt des lycéens et leurs besoins dans la disponibilité des espaces vitaux pour leur épanouissement.     

FENDAOUI HADJ
Mercredi 4 Juin 2014 - 10:51
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