REFLEXION

Deux Oranais dans une embarcation. Disparus ou enlevés au Maroc?

Mizouni abdelkrim a vu le jour un matin du 5 septembre 1936. Etudes primaires et secondaires normales, celles de l’époque coloniale. Quand la guerre de libération se déclanche, il rejoint spontanément le maquis.et devient Officier de l’ALN.



Deux Oranais dans une embarcation. Disparus ou enlevés au Maroc?
Après l’indépendance Mizouni Abdelkrim reprendra ses études, et décroche le diplôme d’ingénieur. Il est alors recruté à l’entreprise nationale SONELEC de mohammadia (ex-Perregaux) et devient chef de projet. Poste qu’il occupera jusqu’à 1981, date de son départ en mission pour l’Allemagne où il suivra une formation d’ingénieur en électricité pendant trois années. A son retour il se met au travail et effectue une carrière d’ingénieur en chef. Mis à la retraite en 1984, il se lie d'amitié avec un voisin de quartier qui était un féru d’électronique et qui voit en lui un maître extraordinaire. Il est âgé à l’époque de 38 ans.

Le troisième ami est Mezouane Miloud âgé de 65 ans, amateur de mer et de pêche se lie aux deux hommes. Mizouni possède une embarcation. Un jour, les trois amis décident une sortie de pêche au large, et tous les trois se donnent rendez-vous pour le 8 novembre 1984 à 14 heures.

A la date et heure fixée, les trois amis quittent Oran à 14 heures à bord du véhicule de M. Mizouni abdelkrim, une mercedesse couleur beige, et se dirigent vers la plage de Bouzedjar, où l’embarcation se trouve. Les préparatifs de sortie en mer accomplis, les trois hommes changent leur tenue vestimentaire et déposent leurs pièces d’identité de peur de les mouiller ou de perdre en mer. A 18 heures, ils quittent la plage à bord de la barque et se dirigent vers le large. Mais au cours de la nuit, le temps change et une tempête se déclanche, interdisant aux trois hommes de regagner la côte. Les vagues sont très hautes ; la barque est ballottée comme un fétu de paille et la nuit noire les isole davantage. Aucun secours en vue.

Le lendemain 9 novembre 1984, l’alerte est donnée. Les éléments de la gendarmerie nationale, ceux de la protection civile et les gardes-côtes entrent en action, mais les recherches effectuées ne donnent aucun résultat. Elles se poursuivent pendant quatre jours en vain.

Le lundi 12 novembre 1984, Radio ¨Médi Internationale¨dont le siège est à Tanger (Maroc) annonce le sauvetage de deux naufragés au large de la côte de Saïdia (Maroc). L’information précise que les deux naufragés épuisés ont été conduits à l’hôpital ¨El Farabi¨d’Oujda (Maroc) pour y recevoir des soins.

Le lundi 19 novembre 1984, alors qu’un groupe de pêcheurs Algériens se trouvent au large de la côte de Aïn Temouchent, ils voient et repêchent dans leurs filets le cadavre d’un homme. Alerté, les gendarmes l’identifient rapidement. C’est celui de Abdou, le second ami de Mizouni. Son épouse reconnaît le cadavre au signe particulier qu’il portait sur sa poitrine. Les familles des deux autres naufragés étant rassurées sur leur sort attendent leur retour de l’hôpital d’Oujda. A l’époque la frontière Ouest était fermée. Cette attente va durer plusieurs mois sans le moindre écho des deux naufragés. L’épouse de M. Mizouni, très inquiète, tente alors d’effectuer ses propres recherches. Elle rencontre des pêcheurs algériens qui lui apprennent que l’embarcation de son époux est à Saïdia, au Maroc.

Kheira, l’épouse contactera les autorités Algérienne, mais sans résultat ni suite !!.



Cinq mois plus tard, le 26 avril 1985,Kheira reçoit une lettre d’un sujet marocain habitant à Mohammadia (Maroc) . Dans sa lettre il dit que l’affaire de M. Mizouni Abdelkrim est grave et que seuls le Croissant rouge et la Croix rouge internationale peuvent faire quelque chose…

Le 6 avril 1988, elle reçoit une autre lettre qui confirme le contenu de la précédente..

Juin 1988, Mme Mizouni se rend auprès du consulat marocain à Oran, elle raconte la disparition de son époux… mais elle n y reçoit aucune réponse. Même chose du côté du Croissant rouge algérien. Seule la Croix rouge international l’informe par lettre que les recherches effectuées sont demeurées vaines.

Le 17 Août 1988, Mme Mizouni écrit au Ministre Algérien de l’Intérieur, ainsi qu’à la ligue algérienne des droits de l’homme… Elle ne reçoit aucune réponse. Mme Mizouni se déplace au Maroc, à Oujda où elle se fait confirmer que son époux et Mr Mezouane Miloud, tous deux admis à l’hôpital^¨El Farabi¨d’Oujda à la suite de leur naufrage, avaient été inscrits sur le registre des admissions. Elle apprend surtout que les deux hommes ont subi des interrogatoires policiers durant leur séjour à l’hôpital avant d’être dirigés vers une destination inconnue.

En Juin 1989, Mme Mizouni se déplace une nouvelle fois au Maroc. Elle rencontre des personnes influents, l’une résidant à Rabat lui apprendra que son époux et son ami seraient peut-être en vie. La seconde, sujet marocain résidant à Casablanca, lui dira de ne pas perdre espoir car les deux hommes seraient en vie, mais les deux interlocuteurs ne pouvaient en dire plus.

Toujours à Rabat, Mme Mizouni contacte le Croissant rouge marocain, mais dès que les responsables entendent les noms des deux naufragés, ils mettent immédiatement fin à l’entretien et s’empressent de changer de sujet !

Malgré les démarches des familles des disparus, ces deux citoyens algériens croupissent quelque part dans le cachot d’un bagne marocain. Leur crime ? Ils ont voulu faire une partie de pêche en mer… et cela a tourné au drame.

Seulement, nous qui avons suivi cette affaire depuis ses débuts, nous avons été déçu par le comportement des autorités algériennes à l’époque qui n’avaient même pas manifestées une simple sympathie avec les familles des disparus. Alors si c’étaient des Européens, c’est tout le gouvernement et tous les médias seraient mobilisés.

Aujourd’hui, si le jeune Roi du Maroc s’il apprenait l’histoire de ce drame, nul doute qu’il serait sensible à dévoiler la vérité sur leur sort.

Nota : lorsqu’on avaient contacté madame Mizouni pour le présent reportage elle attendait toujours que son mari apparaît. Mais depuis aucune nouvelle de nos Algériens disparus.


A.B
Samedi 3 Octobre 2009 - 22:28
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