REFLEXION

Des partis menacent d'une révolution à la tunisienne

UNPRINTEMPS ARABE REPORTE SELON LES ISLAMISTES ?

Plusieurs partis politiques, islamistes en tête, ont contesté les résultats préliminaires des élections législatives du 10 mai en Algérie, évoquant des «fraudes» ou une «mascarade» susceptibles de provoquer une révolution à la tunisienne.



Des partis menacent d'une révolution à la tunisienne
«Nous ne reconnaissons pas ces résultats, a déclaré à l’AFP le président fondateur du parti radical islamiste Front de la Justice et du Développement (FJD) Abdallah Djaballah, dont le parti tout juste agréé n’a obtenu que sept des 462 sièges de la nouvelle assemblée.Ils «ont fermé la porte du changement à travers les urnes et il ne reste à ceux qui croient au changement que le choix tunisien», a-t-il dit, en référence au renversement en janvier 2011 en Tunisie de Zine el-Abidine Ben Ali, en place durant deux décennies, évènement qui avait donné le coup d’envoi du Printemps arabe. «Ces élections sont une mascarade» et «constituent une agression contre la volonté du peuple», a poursuivi M. Djaballah, fondateur des deux partis Al-Islah (Réforme) et Ennahda (Renaissance) dont il a été éjecté et qui ont gagné des sièges dans le nouveau parlement.Ce scrutin «crée une situation d’insécurité et d’instabilité», a affirmé M. Djaballah.«Nous sommes en pourparlers avec les différents partis qui refusent ces élections pour adopter une position commune», a indiqué le bouillant militant islamiste de 56 ans. «Si ces partis décident de se retirer du parlement, le FJD sera à leur tête».

UN PRINTEMPS ARABE REPORTE SELON LES ISLAMISTES ?
Parmi les contestataires, l’Alliance de l’Algérie Verte, formée du Mouvement de la Société et la Paix (MSP), Al-Islah et Ennahda, pour lesquels «le Printemps algérien par les urnes a été reporté».Le Front du Changement (FC) du dissident MSP, ancien ministre de l’Industrie Abdelmadjid Menasra, jugeait samedi que «l’Algérie avait raté l’occasion d’un changement pacifique».Le Conseil consultatif de ces islamistes se réuniront séparément le week-end prochain pour se prononcer.AbderrahmaneSaïdi, président du Conseil consultatif du MSP (ex-membre de l’Alliance présidentielle) a néanmoins souligné que sa formation «ne prendra aucune décision qui menacerait la stabilité du pays».Pour le directeur-fondateur de l’Observatoire des pays arabes à Paris, Antoine Basbous, «parmi les islamistes, un seul était redouté par le pouvoir, Abdellah Djaballah». Mais, a-t-il déclaré à l’AFP, il est «perçu comme authentique».

UNE SITUATION INACCEPTABLE SELON LE CAMP LAÏC !
Dans le camp laïc, le Front national algérien (FNA, conservateur) de Moussa Touati contestera auprès du Conseil constitutionnel ses neuf sièges obtenus selon des «procédés frauduleux». Sa démarche devrait être suivie par une kyrielle de petits partis.La présidente du Parti des Travailleurs (PT, extrême gauche) Louisa Hanoune a qualifié le scrutin de «coup de force inacceptable», après la perte d’au moins six de ses 26 sièges précédents.Sa formation a obtenu 11 sièges à Alger, a-t-elle déclaré, citée par la presse. «Le lendemain, quatre sièges ont été détournés grossièrement».Des ajustements étaient en cours dans plusieurs wilayas (départements) avant que les résultats définitifs ne soient établis. Le Conseil constitutionnel dispose de 72 heures, après leur réception, pour se prononcer.

Riad
Lundi 14 Mai 2012 - 10:29
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