REFLEXION

Demandez à l’âne !



Le Maghreb a  ses particularités qui sont ce que sont les gènes chez un être vivant. La figue de Barbarie en est un échantillon. Dès le début du mois de juin, elle envahit les étals. Elle a été élue reine des étals durant le mois de ramadan 1433 de l’Hégire. Juillet-août 2012.  A Oran, le fruit se vendait épluché et dans des emballages modernes. Brut, il a été aperçu dans des caisses que lui envient le kiwi et la mangue que nos compatriotes commencent à connaître. A Zemmora, près de Relizane, en Algérie, personne ne conçoit que cette balle disgracieuse, et épineuse en plus, ait acquis tant de respect et de considération. Et pourtant, au Mexique d’où elle est originaire, elle figure en bonne place sur l’emblème national placé avec un aigle féroce terrassant un serpent à sonnettes. A Zemmora, elle est présentée dans de vulgaires bidons usagés que l’on récupère ça et là. Des enfants tentent de l’écouler presque pour rien. Le lundi, jour de souk, des campagnes avoisinantes, les paysans en ramènent des chouaris entiers. Le chouari est un bât à double poches, destiné aux mulets et aux ânes ; façonné en alfa, il est conçu pour le transport de marchandises. Sous l’immense viaduc, symbole du village, les préposés vous épluchent autant d’unités que vous voudrez de leurs fruits épineux. Feu Sy Tayeb, un marchand de tissus de profession, en raffole. Et un lundi, il alla à petits pas s’offrir sa trentaine de  baies. Une habitude. Il est de tradition que les peaux des fruits consommés soient entassées devant le client pour lui rappeler ce qui lui est dû. Le marchand, un amateur au souk ou un étourdi, rassasiait de peaux de figues son âne sous le regard amusé de Sy Tayeb. La trentaine d’opuntias ficus-indica - c’est son nom scientifique – avalée, Sy Tayeb s’essuya les lèvres et sortit son légendaire porte-monnaie de la poche de son blouson gris – lui aussi légendaire. Le porte-monnaie des pauvres et des démunis. « Combien avez-vous consommé, Sy Tayeb ? – Ah, là, il faut demander à ton âne, mon ami ! Dans  le commerce, on n’a pas le droit d’enfreindre les règles ! » Sy Tayeb qui, bien sûr, comptait, régla sa facture et s’en alla confiant d’avoir donné une leçon.

Réflexion
Lundi 13 Août 2012 - 00:31
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NON-DITS
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